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Les grévistes de la SAQ promettent un retour tendu

7 février 2005  Actualités en société
Québec — Soulagés par l'entente de principe survenue vendredi soir entre leur comité de négociation et la direction de la Société des alcools du Québec (SAQ), les grévistes se proposent de faire la vie dure à leurs cadres s'ils retournent au travail, cette prochaine.

«Si les directeurs des succursales avaient été derrière nous, ça ferait longtemps que ce conflit-là aurait été réglé, a lancé Guy Bilodeau. Ils ont préféré nous trahir et nous traiter comme des moins que rien. On va s'en souvenir.»

Si certains, comme M. Bilodeau, affichaient ouvertement leur amertume, d'autres, par contre, préféraient se réjouir de cette entente.

«Il y a enfin de la lumière au bout du tunnel, a commenté Vincent Pichette. Il y a deux jours à peine, on ne voyait pas le bout de cette grève. Aujourd'hui, on est à deux doigts d'une entente.»

Malgré tout, plusieurs refusent de crier victoire et préfèrent modérer leur enthousiasme. «On ne criera pas victoire tout de suite. On va attendre de voir l'entente mardi [demain], a dit Nicolas, employé à mi-temps rencontré devant une succursale de Québec. Je ne pensais pas qu'on allait régler aussi rapidement.»

Il fait peu de doutes dans la tête des employés de magasins et de bureaux de la SAQ que l'entente de principe sera acceptée, gains significatifs ou pas.

Pas de détails

«Le monde aime mieux rentrer à reculons que rester dehors», a poursuivi Nicolas.

Les piqueteurs interrogés ignoraient les détails de l'entente et même où et comment ils se prononceraient sur l'entente de principe. Les employés à temps partiel rencontrés craignent néanmoins que leur syndicat ait cédé sur leur point. Ces travailleurs à statut précaire relèvent en moyenne de cinq à six succursales, alors que la SAQ voudrait les rattacher à une seule.

Interrogés sur la multiplication des agences, ces points de service de la SAQ dans les établissements privés, les grévistes ne s'attendent pas à obtenir gain de cause. «On n'en entendait plus parler ces dernières semaines», rapporte une employée, qui en conclut que la revendication a été abandonnée en cours de négociations.

Plusieurs craignent que le bureau du SEMB ait cédé du terrain pour calmer la grogne au sein de ses rangs. Le rôle de la CSN dans le dénouement a aussi délié les langues sur les piquets de grève.

«J'espère qu'on n'est pas resté dehors pendant trois mois pour qu'ils changent seulement des virgules de place», a lancé un piqueteur, encore échaudé par l'affiliation de son syndicat à la centrale syndicale.
 
 
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