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Conférence de Nairobi - Les mines antipersonnel: un combat loin d'être terminé

Une victime d’une mine antipersonnel a pris la parole à l’ouverture de la première conférence d’examen de la Convention d’Ottawa hier, à Nairobi, au Kenya.
Photo : Agence Reuters
Une victime d’une mine antipersonnel a pris la parole à l’ouverture de la première conférence d’examen de la Convention d’Ottawa hier, à Nairobi, au Kenya.
Nairobi — Dix ans après la demande de moratoire de l'ONU et cinq ans après l'entrée en vigueur de la Convention d'Ottawa sur l'interdiction des mines antipersonnel, la première conférence d'examen s'est ouverte hier à Nairobi (Kenya). L'occasion pour les participants, militants et responsables gouvernementaux de dresser un bilan mitigé et de regretter que les principaux producteurs mondiaux continuent de fabriquer, utiliser et vendre «l'arme des lâches».

En décembre 1997, grâce à une mobilisation exceptionnelle de la société civile, des autorités morales et de certains États comme le Canada, 123 pays signaient le traité portant sur l'interdiction de l'utilisation, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction. Il faudra attendre le 1er mars 1999 pour que le texte entre officiellement en vigueur. Aujourd'hui, 152 États sur 194 ont signé la Convention d'Ottawa, qui prévoit un nettoyage des zones minées dans un délai de dix ans. Parmi les 42 non-signataires, une vingtaine de pays, dont les États-Unis, la Russie, la Chine, la Corée du Nord et du Sud, Cuba et l'Égypte, n'envisagent toujours pas de renoncer à l'utilisation de ces mines à court terme.

Le Département d'État américain a fait savoir vendredi qu'il n'enverrait pas de délégation à Nairobi en raison des frais de participation et de son désaccord avec certains passages clés du traité.

Si un grand nombre de vies ont pu être sauvées grâce à la Convention d'Ottawa et d'importantes surfaces nettoyées de ces sentinelles explosives, permettant aux populations concernées de reprendre une vie normale, beaucoup reste à faire, a constaté hier le président kenyan Mwaï Kibaki en ouverture de ces travaux, qui doivent durer jusqu'au 3 décembre.

«Notre conscience ne pourra trouver la paix tant que toutes les mines ne seront pas mises hors d'état de nuire et que toutes les personnes blessées ne seront pas aidées et intégrées à la société», a-t-il lancé aux plus de 1000 délégués représentant 120 pays, institutions internationales, organisations non gouvernementales (ONG) et groupes de survivants.

«La conférence doit adresser un message fort et clair tout à la fois aux producteurs et aux utilisateurs de mines terrestres pour qu'ils sachent qu'il ne s'agit pas d'une arme convenable, quelle que soit la guerre», a-t-il poursuivi avec gravité.

Échec ou succès?

La militante américaine Jody Williams, Prix Nobel de la paix en 1997 avec la Campagne internationale pour interdire les mines terrestres, a pour sa part averti que la Convention d'Ottawa, qu'elle a qualifié d'«incroyable succès», risquait de déboucher sur un échec si le combat contre la dissémination de ces armes enfouies ne s'intensifiait pas.

«Nous n'en serions pas là [...] si des gouvernements ne nous avaient pas entendus. Si des gouvernements n'avaient fait preuve d'un incroyable sens des responsabilités», a-t-elle observé, affirmant aussi penser aux survivants et à leurs besoins.

Prévue dans l'article 12 de la Convention, la conférence de Nairobi rassemble l'ensemble des États parties au traité, mais aussi des États non-signataires et les organisations internationales à commencer par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) et l'UNICEF (l'agence onusienne pour l'enfance). Les ONG de la Campagne internationale sont présentes en qualité d'observateurs.
 
 
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