Agroalimentaire - Un étal trop bien garni
L'abondance est devenue la norme. Dans nos sociétés, quand le sujet est la consommation, peu importe le secteur, le trop est de rigueur.
Parlons-nous de meubles, et il suffit d'ouvrir son téléviseur pour le constater, tout est fait pour attirer le chaland, l'arracher s'il y a lieu de son fauteuil: on en est à offrir des marchandises dont le paiement n'aura à être effectué que deux années plus tard, le temps de jouir d'ici là du bien presque mal acquis. Il en va de même pour l'automobile, qu'il suffit de louer, comme c'est le cas de tous les produits électroniques où les prix baissent toujours, culpabilisant presque celui qui remet à plus tard un achat qu'il ne considère pas encore essentiel. Et c'est la même chose en ce qui concerne l'alimentation.
On connaît bien les grandes surfaces, ces lieux où une boîte de tomates n'arrive jamais seule, le rayon qui l'accueille débordant de produits de même nature, de la marque «sans nom» aux produits des marques connues, boîtes auxquelles s'ajoute un éventail de propositions recouvrant tant des fruits d'origine que les préparations les plus diverses. Et encore là, le tour n'est pas complet: un détour par le comptoir des produits frais augmente encore le nombre des propositions, de la tomate dite de serre à la biologique, suggérant aussi l'italienne, la québécoise, l'américaine, quand elle n'est pas en grappe ou sous cellophane. Un seul produit, donc, que normalement on remarque à peine, et il y a déjà matière à générer de l'indécision.
Difficile de produire
Dans un tel monde, là où le bât blesse, c'est du côté du producteur. La variété de l'offre étant de mise, un accident de parcours devient lourd de conséquences, le consommateur pouvant se rabattre sur une multitude de produits de remplacement.
On connaît donc aujourd'hui les conséquences qu'entraîne la découverte d'une seule vache «folle». Localement, on pense à acheter autre chose. Plus loin, le grossiste profite de la situation pour acquérir à moindre coût ce qui lui est offert quand il sait qu'à l'échelle internationale les frontières se ferment, comme ce fut ici le cas dans cet exemple, les États-Unis décrétant un embargo, consolidant ainsi leur marché et contournant l'ALENA pendant que les Japonais bloquaient tout accès à leur marché intérieur. Résultat: le producteur québécois se retrouve avec des surplus et un producteur, même laitier, ne sait que faire d'un animal lorsque, l'âge aidant, le temps est venu de sa mise à la retraite.
Et si ce n'était que de cela. Car il y a aussi ouverture des marchés et, ainsi, retombées avec conséquences lourdes d'une importation qui pénètre partout. Pour l'agriculteur québécois, une telle situation ne laisse rien présager de bon dans l'avenir. Comme le déclare Laurent Pellerin, le président de l'UPA, l'Union des producteurs agricoles, «on travaille comme des forcenés et on n'est pas payé pour cela. On nous met une pression énorme, alors qu'on voudrait qu'on produise ici aux mêmes coûts qu'en Amérique centrale. On nous rentre des produits sur nos tablettes qui affichent des prix avec lesquels on ne sera jamais capables d'entrer en compétition».
Difficile de choisir
Une telle situation n'est pas sans intérêt pour le consommateur. Non seulement profite-t-il d'une guerre des prix, mais il a aussi accès à une production des plus diversifiée. Parlerons-nous de fruits et de légumes que les variétés ne se comptent presque plus: la saison des courges, un produit local, vient à peine de se terminer qu'il est quasi impossible d'énumérer les diverses formes et couleurs offertes. Et il en va ainsi pour tout ce qui s'appelle fruit, légume, riz, lentille, pomme de terre et autres herbes ou salades, là aussi énumérés selon leur provenance ou leur type de culture.
Et on n'a pas encore parlé de tout ce qui s'appelle hors-d'oeuvre, plat principal ou accompagnements divers, à mettre en gorge ou directement sous la dent, non plus que de ce qui vient ensuite, au moment du dessert. On peut dire que l'abondance est au rendez-vous.
Bon appétit, quand même!
Parlons-nous de meubles, et il suffit d'ouvrir son téléviseur pour le constater, tout est fait pour attirer le chaland, l'arracher s'il y a lieu de son fauteuil: on en est à offrir des marchandises dont le paiement n'aura à être effectué que deux années plus tard, le temps de jouir d'ici là du bien presque mal acquis. Il en va de même pour l'automobile, qu'il suffit de louer, comme c'est le cas de tous les produits électroniques où les prix baissent toujours, culpabilisant presque celui qui remet à plus tard un achat qu'il ne considère pas encore essentiel. Et c'est la même chose en ce qui concerne l'alimentation.
On connaît bien les grandes surfaces, ces lieux où une boîte de tomates n'arrive jamais seule, le rayon qui l'accueille débordant de produits de même nature, de la marque «sans nom» aux produits des marques connues, boîtes auxquelles s'ajoute un éventail de propositions recouvrant tant des fruits d'origine que les préparations les plus diverses. Et encore là, le tour n'est pas complet: un détour par le comptoir des produits frais augmente encore le nombre des propositions, de la tomate dite de serre à la biologique, suggérant aussi l'italienne, la québécoise, l'américaine, quand elle n'est pas en grappe ou sous cellophane. Un seul produit, donc, que normalement on remarque à peine, et il y a déjà matière à générer de l'indécision.
Difficile de produire
Dans un tel monde, là où le bât blesse, c'est du côté du producteur. La variété de l'offre étant de mise, un accident de parcours devient lourd de conséquences, le consommateur pouvant se rabattre sur une multitude de produits de remplacement.
On connaît donc aujourd'hui les conséquences qu'entraîne la découverte d'une seule vache «folle». Localement, on pense à acheter autre chose. Plus loin, le grossiste profite de la situation pour acquérir à moindre coût ce qui lui est offert quand il sait qu'à l'échelle internationale les frontières se ferment, comme ce fut ici le cas dans cet exemple, les États-Unis décrétant un embargo, consolidant ainsi leur marché et contournant l'ALENA pendant que les Japonais bloquaient tout accès à leur marché intérieur. Résultat: le producteur québécois se retrouve avec des surplus et un producteur, même laitier, ne sait que faire d'un animal lorsque, l'âge aidant, le temps est venu de sa mise à la retraite.
Et si ce n'était que de cela. Car il y a aussi ouverture des marchés et, ainsi, retombées avec conséquences lourdes d'une importation qui pénètre partout. Pour l'agriculteur québécois, une telle situation ne laisse rien présager de bon dans l'avenir. Comme le déclare Laurent Pellerin, le président de l'UPA, l'Union des producteurs agricoles, «on travaille comme des forcenés et on n'est pas payé pour cela. On nous met une pression énorme, alors qu'on voudrait qu'on produise ici aux mêmes coûts qu'en Amérique centrale. On nous rentre des produits sur nos tablettes qui affichent des prix avec lesquels on ne sera jamais capables d'entrer en compétition».
Difficile de choisir
Une telle situation n'est pas sans intérêt pour le consommateur. Non seulement profite-t-il d'une guerre des prix, mais il a aussi accès à une production des plus diversifiée. Parlerons-nous de fruits et de légumes que les variétés ne se comptent presque plus: la saison des courges, un produit local, vient à peine de se terminer qu'il est quasi impossible d'énumérer les diverses formes et couleurs offertes. Et il en va ainsi pour tout ce qui s'appelle fruit, légume, riz, lentille, pomme de terre et autres herbes ou salades, là aussi énumérés selon leur provenance ou leur type de culture.
Et on n'a pas encore parlé de tout ce qui s'appelle hors-d'oeuvre, plat principal ou accompagnements divers, à mettre en gorge ou directement sous la dent, non plus que de ce qui vient ensuite, au moment du dessert. On peut dire que l'abondance est au rendez-vous.
Bon appétit, quand même!
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