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Avis du Conseil du statut de la femme - Les femmes ont besoin des hommes pour concrétiser l'égalité

Pour passer d'une égalité de droits entre hommes et femmes à une égalité de fait, le Conseil du statut de la femme (CSF) suggère, dans un avis rendu public récemment, de faire participer davantage les hommes et de responsabiliser les différents acteurs de la société civile. Le document reste relativement flou sur une éventuelle révision du mandat du CSF, perspective qui avait mis les groupes féministes sur les dents l'an dernier.
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  • Micheline Carrier
    Inscrite
    mardi 9 novembre 2004 09h48
    Le CSF a rempli la commande de la ministre
    On comprend que la ministre soit à l'aise avec cet avis: elle len avait dicté la conclusion en donnant un mandat à un comité du CSF. Le Conseil du statut de la femme n'a fait que remplir la commande que lui a passé la ministre porte-parole des Relations avec les citoyens (pas les citoyennes?), à la condition des Aînés ( pas des Aînées?) et surtout pas à la Condition des femmes (Ihonteux!). Tout le monde savait plus ou moins l'orientation de l'avis du CDSF. La ministre voulait gagner du temps et le CSF sauver sa peau devant une ministre qui a dû faire face à de vives réactions, le printemps dermier, et à une pétition de plus de 5000 signatures de groupes, de femmes et d'hommes qui exigfeaient le maintien du CSF et du Secrétariat à la condition féminine. La ministre dit qu'un "certain discours dans certains milieux a atteint ses limites". Lequel? Probablement le discours radical, auquel la ministre est allergique, parce qu'il remet en question lses analyses simplistes sur l'égalité, son ignorance de la condition des femmes, son oeu de souci des luttes et des acquis féministes depuis 30 ans, et que par-dessus le marché, il dénonce le démantèlement de l'État par le gouvernement Charest.

    Pour satisfaire les jeunes féministes, dit le CSF? Lesquelles? Celles qui vont dans le sens de la ministre, évidemment. Il y a pourtant des groupes de jeunes féministes dont les opinions divergent et qui se sont exprimées publiquement sur la question (voir site Sisyphe, section Politique, Québec). Et les féministes qui ne sont plus jeunes (très majoritaires dans le mouvement des femmes), leurs expériences et leurs opinions ne méritent-elles que la poubelle, comme tout ce qui concerne notre merveilleux monde de la consommation?

    Le CSF et la ministre Courchesne auraient pu nous épargner ces mises en scène sur le thème de l'égalité. Les consultations qu'a menées le comité du CSF ont été "pour la forme", car on en savait la conclusion dès le point de départ. La commission parlementaire est à peu près inutile puisqu'elle aboutira au même résultat, même si les groupes de femmes ne confirment pas (ce qu'elle chercher à obtenir) les volontés de la ministre Courchesne. Mais ce que pensent les groupes de femmes et le mouvement féministe dans son ensemble, qu'est-ce qu'en a à faire la ministre Courches?

    Derrière tout ce bla-bla-bla sur le concept d'égalité à renouveler, une donnée omniprésente qu'on ne mentionne presque pas: la volonté du gouvernement du Québec d'économiser par tous les moyens, les femmes sont ses princièles cibles. Il y en a qui se réjouissent que la ministre n'ait pas annoncé le démantèlement du CSF et du SCF. Elle n'a pas besoin de l'annoncer, elle va le faire petit à petit, en modifiant les rôles, les structures et la mission de ces institutions. D'ailleurs, le CSF propose lui-même de se transformer en "conseil de l'égalité". C'est à se demander si on a bien fait de se mobiliser pour lui.

    Micheline Carrier
    éditrice de Sisyphe
    http//sisyphe.org

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