Hydro-Québec devrait intégrer l'éolien à ses barrages
Des spécialistes évoquent les avantages du mariage des deux formes d'énergie
Il faut désormais concevoir les prochains barrages d'Hydro-Québec en fonction du potentiel éolien de leur région d'accueil de façon à optimiser les équipements de transformation et de transport dont on les dotera.
C'est ce qu'ont affirmé, à l'issue du 20e congrès de l'Association canadienne de l'énergie éolienne (ACEE), des spécialistes du couplage éolien-hydroélectrique, qui estiment que cette révision de la conception traditionnelle des barrages «multiannuels» exigerait des réservoirs moins grands dont on pourrait néanmoins tirer davantage de puissance que dans les scénarios traditionnels en raison du recours aux «économiseurs d'eau» que constitueraient les éoliennes, ce qui permettrait de remplir et de vider plus rapidement de plus petits réservoirs.
Selon Gaétan Lafrance, chercheur à l'INRS-Énergie, «ce n'est pas une idée nouvelle de concevoir les barrages en fonction de l'éolien». Déjà, raconte-t-il, un important chercheur de l'IREQ, Bernard Saulnier, «invitait Hydro-Québec dans les années 80 à intégrer les deux formes d'énergie dans la conception des barrages, et ce, en prévision de l'essor de l'éolien», qu'il prévoyait dans une ou deux décennies. Mais ce visionnaire n'a pas été écouté...
Trois scénarios de base sont possibles.
D'abord, les barrages existants peuvent emmagasiner l'énergie éolienne si on les ferme quand le vent souffle dans la région et que les électrons éoliens remplissent en tout ou en partie les lignes de transmission. On peut ressortir cette énergie emmagasinée plus tard, souvent avec une plus-value.
Un deuxième scénario exige un niveau plus poussé d'intégration. Il s'agit de répartir de puissantes éoliennes autour des barrages existants afin de profiter de la vélocité et de la constance des vents qui se développent. Un troisième scénario, que les spécialistes appellent «inland off shore», soit de la production marine dans les eaux intérieures, exigerait de prévoir la présence d'éoliennes à la surface du futur réservoir hydroélectrique, des machines dont on construirait les piliers et les éléments de transmission bien au sec sur le terrain, avant la mise en eau du barrage.
Depuis quelques années, explique M. Lafrance, Hydro-Québec a suréquipé ou surutilisé plusieurs barrages, de sorte que leurs niveaux d'eau ont rapidement baissé.
On pourrait en tirer autant de puissance et d'énergie, et avec une plus grande marge de sécurité, ajoute le chercheur, si on les construisait plus petits qu'à l'heure actuelle et si leurs équipements de production étaient couplés à des éoliennes. Fermés quand le vent souffle, ces barrages pourraient être équipés de turbines plus puissantes que celles qu'on aurait installées dans un scénario hydraulique classique puisque ce type de barrage se remplirait plus vite. Dans 15 ans, donne Gaétan Lafrance en guise d'exemple, on pourrait refaire le complexe Grande-Baleine, mais en version plus petite, en appui à une production régionale d'énergie éolienne de grande puissance, installée précisément sur ce qui apparaît comme étant le plus important gisement éolien du Québec.
Pour déterminer l'intérêt réel de ces «centrales hydroéoliennes», précise Alain Forcione, de l'IREQ, il faudrait déterminer le coût de base de l'éolien «comme économiseur d'eau» et faire le compte des coûts et avantages de ces complexes de l'avenir. L'idée lui semble d'autant plus intéressante aujourd'hui, dit-il, qu'au chapitre des coûts, la production éolienne rivalise désormais avec les autres formes d'énergie.
Pour Steven Guilbeault, de Greenpeace, ces scénarios sont d'autant plus intéressants qu'il n'y aurait à peu près pas de conflit d'usage autour des grands réservoirs si on y intégrait une forte production éolienne, y compris si on y intégrait du «inland off shore», soit de la production à la surface des eaux intérieures. Il donne l'exemple de la Mauricie, où l'inventaire des vents, réalisé par Hélimax dans le cadre de l'audience du Suroît, a démontré qu'il y aurait autour des réservoirs d'Hydro quelque 1000 MW d'énergie éolienne, dont 240 MW à des vents de neuf mètres-seconde, les plus productifs qui soient. «Et toutes les infrastructures sont là: routes, lignes de transmission, postes de transformation», ajoute M. Guilbeault, qui voudrait bien qu'Hydro débatte de ces scénarios aux audiences sur les deux prochains barrages de cette région, à la chute Allard et au rapide des Coeurs.
C'est ce qu'ont affirmé, à l'issue du 20e congrès de l'Association canadienne de l'énergie éolienne (ACEE), des spécialistes du couplage éolien-hydroélectrique, qui estiment que cette révision de la conception traditionnelle des barrages «multiannuels» exigerait des réservoirs moins grands dont on pourrait néanmoins tirer davantage de puissance que dans les scénarios traditionnels en raison du recours aux «économiseurs d'eau» que constitueraient les éoliennes, ce qui permettrait de remplir et de vider plus rapidement de plus petits réservoirs.
Selon Gaétan Lafrance, chercheur à l'INRS-Énergie, «ce n'est pas une idée nouvelle de concevoir les barrages en fonction de l'éolien». Déjà, raconte-t-il, un important chercheur de l'IREQ, Bernard Saulnier, «invitait Hydro-Québec dans les années 80 à intégrer les deux formes d'énergie dans la conception des barrages, et ce, en prévision de l'essor de l'éolien», qu'il prévoyait dans une ou deux décennies. Mais ce visionnaire n'a pas été écouté...
Trois scénarios de base sont possibles.
D'abord, les barrages existants peuvent emmagasiner l'énergie éolienne si on les ferme quand le vent souffle dans la région et que les électrons éoliens remplissent en tout ou en partie les lignes de transmission. On peut ressortir cette énergie emmagasinée plus tard, souvent avec une plus-value.
Un deuxième scénario exige un niveau plus poussé d'intégration. Il s'agit de répartir de puissantes éoliennes autour des barrages existants afin de profiter de la vélocité et de la constance des vents qui se développent. Un troisième scénario, que les spécialistes appellent «inland off shore», soit de la production marine dans les eaux intérieures, exigerait de prévoir la présence d'éoliennes à la surface du futur réservoir hydroélectrique, des machines dont on construirait les piliers et les éléments de transmission bien au sec sur le terrain, avant la mise en eau du barrage.
Depuis quelques années, explique M. Lafrance, Hydro-Québec a suréquipé ou surutilisé plusieurs barrages, de sorte que leurs niveaux d'eau ont rapidement baissé.
On pourrait en tirer autant de puissance et d'énergie, et avec une plus grande marge de sécurité, ajoute le chercheur, si on les construisait plus petits qu'à l'heure actuelle et si leurs équipements de production étaient couplés à des éoliennes. Fermés quand le vent souffle, ces barrages pourraient être équipés de turbines plus puissantes que celles qu'on aurait installées dans un scénario hydraulique classique puisque ce type de barrage se remplirait plus vite. Dans 15 ans, donne Gaétan Lafrance en guise d'exemple, on pourrait refaire le complexe Grande-Baleine, mais en version plus petite, en appui à une production régionale d'énergie éolienne de grande puissance, installée précisément sur ce qui apparaît comme étant le plus important gisement éolien du Québec.
Pour déterminer l'intérêt réel de ces «centrales hydroéoliennes», précise Alain Forcione, de l'IREQ, il faudrait déterminer le coût de base de l'éolien «comme économiseur d'eau» et faire le compte des coûts et avantages de ces complexes de l'avenir. L'idée lui semble d'autant plus intéressante aujourd'hui, dit-il, qu'au chapitre des coûts, la production éolienne rivalise désormais avec les autres formes d'énergie.
Pour Steven Guilbeault, de Greenpeace, ces scénarios sont d'autant plus intéressants qu'il n'y aurait à peu près pas de conflit d'usage autour des grands réservoirs si on y intégrait une forte production éolienne, y compris si on y intégrait du «inland off shore», soit de la production à la surface des eaux intérieures. Il donne l'exemple de la Mauricie, où l'inventaire des vents, réalisé par Hélimax dans le cadre de l'audience du Suroît, a démontré qu'il y aurait autour des réservoirs d'Hydro quelque 1000 MW d'énergie éolienne, dont 240 MW à des vents de neuf mètres-seconde, les plus productifs qui soient. «Et toutes les infrastructures sont là: routes, lignes de transmission, postes de transformation», ajoute M. Guilbeault, qui voudrait bien qu'Hydro débatte de ces scénarios aux audiences sur les deux prochains barrages de cette région, à la chute Allard et au rapide des Coeurs.
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