Les Gonaïves tentent de se relever du passage de l'ouragan Jeanne - Un défi gigantesque
Il faut enterrer les morts, nettoyer la ville, nourrir la population, en plus de contrôler les pillards
Photo : Agence Reuters
Des femmes transportent sur leur tête des réservoirs d’eau potable qui leur ont été distribués par des Casques bleus.
Gonaïves — Dix jours après le passage de la tempête tropicale Jeanne, la ville des Gonaïves, située au nord-ouest d'Haïti, découvre quotidiennement de nouveaux cadavres, à mesure que l'eau se retire des rues inondées. Les secours internationaux s'organisent tranquillement, mais la situation reste difficile à gérer et l'aide humanitaire parvient difficilement aux gens: on tente toujours de la répartir tout en évitant pillages et détournements.
Hier, selon le dernier bilan de la Protection civile, 1330 morts, 1056 disparus et 3000 blessés avaient été recensés. Dimanche, par contre, on évoquait 1600 morts. Le maire des Gonaïves, Calixte Valentin, a dit craindre pour sa part un bilan dépassant les 2000 morts. «Nous n'avons pas encore dressé un bilan, mais nous avons comptabilisé des données qui dépassent les chiffres de la Protection civile», a déclaré le maire à des radios haïtiennes. L'essentiel des morts ont été recensés aux Gonaïves. Une centaine de morts ont aussi été recensés dans d'autres localités du nord-ouest et du nord du pays. Dix fosses communes ont été creusées pour enterrer les cadavres, trouvés dans les décombres des maisons, sous les amas de boue et sur le littoral, là où la mer les repousse.
Pour faciliter le travail de nettoyage, le premier ministre haïtien Gérard Latortue a évoqué l'éventualité d'une évacuation partielle des Gonaïves. «Nous sommes en train d'étudier la possibilité de faire évacuer la ville par quartier afin de la nettoyer et de désinfecter les maisons pour diminuer les risques d'épidémies», a déclaré M. Latortue.
Long travail
Le travail de ramassage des cadavres est long et ardu. Chaque matin, une équipe de la mairie des Gonaïves d'une dizaine d'hommes portant bottes et gros gants de caoutchouc monte dans un camion pour ramasser les cadavres signalés par les habitants. Ils sont munis d'une pelle et d'une pioche.
Pour Calixte Valentin, ce travail de ramassage «risque d'être long». Il ajoute être préoccupé par la distribution de l'aide humanitaire. Selon M. Valentin, la Mission de stabilisation des Nations unies en Haïti (Minustah) «n'a pas les effectifs suffisants» pour assurer dans de bonnes conditions la protection de l'acheminement et de la distribution de l'aide humanitaire.
Quant à la vingtaine de policiers de la ville, ils sont invisibles, claquemurés dans leur commissariat. Du coup, pillages et détournements se multiplient. Des jeunes gens armés de barres de fer ont tenté d'attaquer dimanche après-midi, à quelques centaines de mètres du siège local de l'ONU, un convoi humanitaire pourtant escorté par des soldats argentins de la Minustah.
L'eau reste aussi l'une des grandes inquiétudes du maire des Gonaïves. Malgré l'installation de premières citernes souples d'eau potable par la Croix-Rouge française, le manque d'eau potable et la présence d'eaux sales résiduelles lui font craindre une aggravation de la situation sanitaire des sinistrés. On craint de plus en plus les épidémies.
L'OEA interpellée
En réaction à cette crise humanitaire, l'Organisation des États Américains (OEA) estime qu'il lui faudra réagir rapidement, a déclaré hier son secrétaire général, Miguel Angel Rodriguez.
«Notre défi est gigantesque en Haïti et nous sommes sollicités pour une action efficace, rapide et urgente», a-t-il dit à Washington, à l'ouverture d'une réunion annuelle des ministres de la Santé de l'Organisation panaméricaine de la Santé. «Nous ne pouvons rester indifférents à la souffrance de sa population». La situation de ce pays est «un défi gigantesque à la conscience sociale des Amériques», a-t-il ajouté.
Moins qu'une tempête
Par ailleurs, l'ouragan Jeanne a fait six morts en poursuivant sa course sur la Floride, dimanche. Mais elle s'est tellement affaiblie qu'elle n'est même plus classée comme tempête tropicale. Elle se dirige actuellement vers la Caroline du Sud et du Nord. Ses vents, qui frôlaient les 200 km/h lorsqu'elle a touché les États-Unis, sont désormais tombés à 56 km/h. Le président George Bush a déclaré l'état d'urgence, ouvrant ainsi la voie à une aide fédérale pour les victimes de Jeanne dans 19 comtés.
Hier, selon le dernier bilan de la Protection civile, 1330 morts, 1056 disparus et 3000 blessés avaient été recensés. Dimanche, par contre, on évoquait 1600 morts. Le maire des Gonaïves, Calixte Valentin, a dit craindre pour sa part un bilan dépassant les 2000 morts. «Nous n'avons pas encore dressé un bilan, mais nous avons comptabilisé des données qui dépassent les chiffres de la Protection civile», a déclaré le maire à des radios haïtiennes. L'essentiel des morts ont été recensés aux Gonaïves. Une centaine de morts ont aussi été recensés dans d'autres localités du nord-ouest et du nord du pays. Dix fosses communes ont été creusées pour enterrer les cadavres, trouvés dans les décombres des maisons, sous les amas de boue et sur le littoral, là où la mer les repousse.
Pour faciliter le travail de nettoyage, le premier ministre haïtien Gérard Latortue a évoqué l'éventualité d'une évacuation partielle des Gonaïves. «Nous sommes en train d'étudier la possibilité de faire évacuer la ville par quartier afin de la nettoyer et de désinfecter les maisons pour diminuer les risques d'épidémies», a déclaré M. Latortue.
Long travail
Le travail de ramassage des cadavres est long et ardu. Chaque matin, une équipe de la mairie des Gonaïves d'une dizaine d'hommes portant bottes et gros gants de caoutchouc monte dans un camion pour ramasser les cadavres signalés par les habitants. Ils sont munis d'une pelle et d'une pioche.
Pour Calixte Valentin, ce travail de ramassage «risque d'être long». Il ajoute être préoccupé par la distribution de l'aide humanitaire. Selon M. Valentin, la Mission de stabilisation des Nations unies en Haïti (Minustah) «n'a pas les effectifs suffisants» pour assurer dans de bonnes conditions la protection de l'acheminement et de la distribution de l'aide humanitaire.
Quant à la vingtaine de policiers de la ville, ils sont invisibles, claquemurés dans leur commissariat. Du coup, pillages et détournements se multiplient. Des jeunes gens armés de barres de fer ont tenté d'attaquer dimanche après-midi, à quelques centaines de mètres du siège local de l'ONU, un convoi humanitaire pourtant escorté par des soldats argentins de la Minustah.
L'eau reste aussi l'une des grandes inquiétudes du maire des Gonaïves. Malgré l'installation de premières citernes souples d'eau potable par la Croix-Rouge française, le manque d'eau potable et la présence d'eaux sales résiduelles lui font craindre une aggravation de la situation sanitaire des sinistrés. On craint de plus en plus les épidémies.
L'OEA interpellée
En réaction à cette crise humanitaire, l'Organisation des États Américains (OEA) estime qu'il lui faudra réagir rapidement, a déclaré hier son secrétaire général, Miguel Angel Rodriguez.
«Notre défi est gigantesque en Haïti et nous sommes sollicités pour une action efficace, rapide et urgente», a-t-il dit à Washington, à l'ouverture d'une réunion annuelle des ministres de la Santé de l'Organisation panaméricaine de la Santé. «Nous ne pouvons rester indifférents à la souffrance de sa population». La situation de ce pays est «un défi gigantesque à la conscience sociale des Amériques», a-t-il ajouté.
Moins qu'une tempête
Par ailleurs, l'ouragan Jeanne a fait six morts en poursuivant sa course sur la Floride, dimanche. Mais elle s'est tellement affaiblie qu'elle n'est même plus classée comme tempête tropicale. Elle se dirige actuellement vers la Caroline du Sud et du Nord. Ses vents, qui frôlaient les 200 km/h lorsqu'elle a touché les États-Unis, sont désormais tombés à 56 km/h. Le président George Bush a déclaré l'état d'urgence, ouvrant ainsi la voie à une aide fédérale pour les victimes de Jeanne dans 19 comtés.
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