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Culture du pot: les gens de Pierreville s'inquiètent

Même certains étudiants s'absentent de leurs cours ou abandonnent des emplois légaux pour travailler à la récolte des plants

27 septembre 2004  Actualités en société
Pierreville — Des résidants de la petite municipalité agricole de Pierreville craignent de perdre la guerre contre les trafiquants de drogue, qui se sont infiltrés dans les champs de maïs des fermiers du coin pour y faire pousser de la marijuana et y recruter des étudiants locaux pour en faire la récolte.

Ainsi, l'agriculteur Jean-François Côté a récemment découvert 220 plants de pot dans son champ de maïs.

En peu de temps, cette région fertile, à mi-chemin entre Montréal et Québec sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, a acquis la réputation d'être un leader de la culture du pot au Canada.

Des statistiques montrent qu'en 2003, la police a saisi plus de plants de marijuana au Québec qu'en Colombie-Britannique, une province pourtant connue pour la culture du cannabis.

Les élèves de la partie

Pierreville est maintenant au coeur de la culture de la marijuana au Québec. Les agents de la Sûreté du Québec y ont trouvé de nombreux plants de pot cachés dans les champs de maïs.

Les policiers y travaillent cinq jours sur sept à arracher les plants de pot et à les charger sur leurs véhicules tout-terrain. La récolte policière a débuté il y a un mois et se poursuivra jusqu'à la fin d'octobre.

Le principal de l'école secondaire de la ville voisine de Nicolet affirme que certains de ses étudiants s'absentent de leurs cours ou abandonnent des emplois légaux pour travailler à la récolte du pot — et arrivent ensuite à l'école avec des vêtements chic, des voitures sport et beaucoup de gros billets. «Plusieurs ne sont pas subtils du tout», commente Claude Bernier.

M. Bernier s'inquiète de ce que les jeunes retiennent de cet argent facilement gagné — même les jeunes qui ne vont pas dans les champs de pot. «Ils apprennent qu'il y a des moyens faciles de gagner de l'argent, sans contraintes, sans responsabilités.»

Comme des centaines d'agriculteurs du centre du Québec, M. Côté a été interrogé par la police et a fait l'objet des ragots des voisins, même s'il a lui-même signalé le pot à la police. Ce père de trois enfants affirme n'avoir jamais touché à du pot.

Les fermiers qui déclarent le pot illégal à la police, comme M. Côté, font souvent l'objet de manoeuvres d'intimidation et se voient offrir de l'argent pour garder le silence. De mystérieux incendies ont ainsi éclaté dans des granges de la région, où des coups de feu ont aussi été tirés contre des bâtiments et de l'équipement agricole. Des cultivateurs ont même trouvé des pièges, des explosifs et des pièges à animaux.

Les enseignants, agriculteurs, leaders politiques, médecins et policiers de l'endroit ont formé un comité pour essayer de trouver des solutions. Sans succès jusqu'à présent.
 
 
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