70 morts dans des attentats visant la police irakienne
Bush croit toujours que des élections pourront avoir lieu avant la fin de janvier
15 septembre 2004
Actualités en société
Photo : Agence Reuters
Une femme crie sa douleur sur les lieux d’un attentat à la voiture piégée qui a fait 47 morts et 114 blessés, hier matin, rue Haïfa, à Bagdad.
Bagdad — Plus de 70 personnes ont été tuées hier en Irak dans de nouvelles violences, dont 47 dans un attentat à la voiture piégée commis au coeur de Bagdad, l'un des plus meurtriers dans la capitale irakienne depuis la chute du régime de Saddam Hussein, en avril 2003.
Par ailleurs, les ravisseurs des deux journalistes français enlevés le 20 août en Irak ont publié un long communiqué sur un site Internet, accusant la France de «crimes» et la qualifiant d'«ennemie des musulmans», sans toutefois se prononcer sur le sort des otages.
Selon le ministère irakien de la Santé, 47 personnes ont été tuées et 114 blessées dans l'attentat perpétré vers 10h à l'entrée principale du quartier général de la police, Al-Karkh, rue Haïfa à Bagdad, et à proximité de magasins et d'échoppes, dont un café bondé au moment de la déflagration.
L'explosion a dévasté les abords du QG, qui abrite aussi un centre de recrutement et un poste de police. Elle a détruit une quinzaine de commerces et sept voitures, a constaté un correspondant de l'AFP, qui a vu de nombreux corps déchiquetés.
De nombreuses familles sont arrivées sur les lieux pour tenter d'identifier des proches parmi les victimes, pendant que les ambulances transportaient blessés et donneurs de sang.
«Il y a des opérations planifiées pour tuer des civils à Bagdad et porter ainsi atteinte aux intérêts de l'Irak», a commenté le ministre de l'Intérieur, Falah al-Nakib. «Des groupes arabes (non irakiens) sont probablement à l'origine de ces actes».
Selon le ministère de la Santé, trois personnes ont péri dans d'autres attaques perpétrées à Bagdad et quinze ont été blessées. Il n'a pas fourni de précisions sur ces attaques.
Un Irakien, apparemment un kamikaze, a été tué dans l'explosion de la voiture qu'il conduisait au passage d'un convoi de véhicules tout-terrains à Bagdad, a indiqué de son côté un officier de police. Un passant a été blessé.
Trois heures après l'attentat de Bagdad, un minibus transportant des policiers au centre de Baaqouba, à 50 km au nord-est de la capitale, a été pris pour cible à l'arme automatique par des assaillants. Douze policiers et leur chauffeur civil ont été tués, selon un officier de police, Mohammed Mabrouk. Deux policiers ont été blessés.
Le groupe Tawhid wal jihad (Unification et guerre sainte), d'Abou Moussab al-Zarqaoui, un islamiste jordanien considéré par les Américains comme leur ennemi numéro un en Irak, a revendiqué ces attaques dans deux communiqués publiés sur un site Internet islamiste et dont l'authenticité ne peut être vérifiée.
À Ramadi, ville considérée comme un fief des partisans de l'ex-président Saddam Hussein, située à 100 km à l'ouest de Bagdad, dix personnes ont été tuées et 22 blessées dans des affrontements entre soldats américains et insurgés, selon le ministère de la Santé.
En soirée, de fortes explosions ont secoué la «zone verte» à Bagdad, un secteur ultrasécurisé où se trouvent l'ambassade des États-Unis et le siège du gouvernement irakien.
Par ailleurs, deux chauffeurs de camion turcs ont été enlevés par des inconnus au sud de Tikrit, a indiqué un officier de police de cette ville située à 180 km au nord de Bagdad.
Un chauffeur de camion jordanien a de son côté été enlevé par un groupe islamiste qui a menacé de le tuer si son employeur ne cesse pas ses activités en Irak dans les 48 heures, selon sa famille et la chaîne qatarie Al-Jazira.
D'autre part, quatre policiers irakiens ont été libérés à Bassorah (sud), où ils avaient été enlevés au début du mois.
Un soldat américain a été tué et cinq autres ont été blessés par des tirs à Mossoul, selon l'armée, qui a en outre levé le siège de la ville de Tall Afar où des bombardements jeudi ont fait 50 morts.
Toujours dans le nord, des rebelles ont saboté un oléoduc, interrompant les exportations par le terminal turc de Ceyhan, alors qu'une autre attaque a réduit l'alimentation en électricité de Kirkouk et Baiji.
Bush optimiste
Enfin, le président américain, George W. Bush, a assuré que, en dépit de la violence en Irak, les élections prévues avant la fin de janvier 2005 auront lieu dans ce pays et que le pouvoir du premier ministre, Iyad Allaoui, est solide.
«En dépit de la violence actuelle, l'Irak a un premier ministre solide, un conseil national, et des élections sont prévues en janvier», a affirmé M. Bush lors d'un discours prononcé à Greenwood Village (Colorado, ouest).
«Des sociétés libres au Moyen-Orient seront des sociétés d'espérance qui ne nourriront plus le ressentiment ni n'exporteront la violence», a affirmé le président républicain sortant, lors d'une réunion électorale.
Il dispose actuellement d'une légère avance dans les sondages sur son adversaire démocrate, John Kerry, en vue de la présidentielle du 2 novembre, à laquelle il se représente pour un second mandat de quatre ans.
«Notre pays est plus sûr car nous avons pris des décisions courageuses», a affirmé M. Bush, qui se présente comme le plus capable de défendre les États-Unis contre de nouveaux attentats.
«Des gouvernements libres au Moyen-Orient combattront les terroristes au lieu de les abriter. Notre mission en Afghanistan et en Irak est claire: nous aiderons les nouveaux dirigeants à entraîner leurs armées pour que les Afghans et les Irakiens puissent se défendre contre le petit nombre qui veut détruire les espoirs du plus grand nombre», a dit M. Bush.
«Nous les aiderons à organiser des élections, nous les mettrons sur la voie de la stabilité et de la démocratie aussi vite que possible et nos troupes rentreront à la maison avec les honneurs qu'elles méritent», a-t-il ajouté.
Par ailleurs, les ravisseurs des deux journalistes français enlevés le 20 août en Irak ont publié un long communiqué sur un site Internet, accusant la France de «crimes» et la qualifiant d'«ennemie des musulmans», sans toutefois se prononcer sur le sort des otages.
Selon le ministère irakien de la Santé, 47 personnes ont été tuées et 114 blessées dans l'attentat perpétré vers 10h à l'entrée principale du quartier général de la police, Al-Karkh, rue Haïfa à Bagdad, et à proximité de magasins et d'échoppes, dont un café bondé au moment de la déflagration.
L'explosion a dévasté les abords du QG, qui abrite aussi un centre de recrutement et un poste de police. Elle a détruit une quinzaine de commerces et sept voitures, a constaté un correspondant de l'AFP, qui a vu de nombreux corps déchiquetés.
De nombreuses familles sont arrivées sur les lieux pour tenter d'identifier des proches parmi les victimes, pendant que les ambulances transportaient blessés et donneurs de sang.
«Il y a des opérations planifiées pour tuer des civils à Bagdad et porter ainsi atteinte aux intérêts de l'Irak», a commenté le ministre de l'Intérieur, Falah al-Nakib. «Des groupes arabes (non irakiens) sont probablement à l'origine de ces actes».
Selon le ministère de la Santé, trois personnes ont péri dans d'autres attaques perpétrées à Bagdad et quinze ont été blessées. Il n'a pas fourni de précisions sur ces attaques.
Un Irakien, apparemment un kamikaze, a été tué dans l'explosion de la voiture qu'il conduisait au passage d'un convoi de véhicules tout-terrains à Bagdad, a indiqué de son côté un officier de police. Un passant a été blessé.
Trois heures après l'attentat de Bagdad, un minibus transportant des policiers au centre de Baaqouba, à 50 km au nord-est de la capitale, a été pris pour cible à l'arme automatique par des assaillants. Douze policiers et leur chauffeur civil ont été tués, selon un officier de police, Mohammed Mabrouk. Deux policiers ont été blessés.
Le groupe Tawhid wal jihad (Unification et guerre sainte), d'Abou Moussab al-Zarqaoui, un islamiste jordanien considéré par les Américains comme leur ennemi numéro un en Irak, a revendiqué ces attaques dans deux communiqués publiés sur un site Internet islamiste et dont l'authenticité ne peut être vérifiée.
À Ramadi, ville considérée comme un fief des partisans de l'ex-président Saddam Hussein, située à 100 km à l'ouest de Bagdad, dix personnes ont été tuées et 22 blessées dans des affrontements entre soldats américains et insurgés, selon le ministère de la Santé.
En soirée, de fortes explosions ont secoué la «zone verte» à Bagdad, un secteur ultrasécurisé où se trouvent l'ambassade des États-Unis et le siège du gouvernement irakien.
Par ailleurs, deux chauffeurs de camion turcs ont été enlevés par des inconnus au sud de Tikrit, a indiqué un officier de police de cette ville située à 180 km au nord de Bagdad.
Un chauffeur de camion jordanien a de son côté été enlevé par un groupe islamiste qui a menacé de le tuer si son employeur ne cesse pas ses activités en Irak dans les 48 heures, selon sa famille et la chaîne qatarie Al-Jazira.
D'autre part, quatre policiers irakiens ont été libérés à Bassorah (sud), où ils avaient été enlevés au début du mois.
Un soldat américain a été tué et cinq autres ont été blessés par des tirs à Mossoul, selon l'armée, qui a en outre levé le siège de la ville de Tall Afar où des bombardements jeudi ont fait 50 morts.
Toujours dans le nord, des rebelles ont saboté un oléoduc, interrompant les exportations par le terminal turc de Ceyhan, alors qu'une autre attaque a réduit l'alimentation en électricité de Kirkouk et Baiji.
Bush optimiste
Enfin, le président américain, George W. Bush, a assuré que, en dépit de la violence en Irak, les élections prévues avant la fin de janvier 2005 auront lieu dans ce pays et que le pouvoir du premier ministre, Iyad Allaoui, est solide.
«En dépit de la violence actuelle, l'Irak a un premier ministre solide, un conseil national, et des élections sont prévues en janvier», a affirmé M. Bush lors d'un discours prononcé à Greenwood Village (Colorado, ouest).
«Des sociétés libres au Moyen-Orient seront des sociétés d'espérance qui ne nourriront plus le ressentiment ni n'exporteront la violence», a affirmé le président républicain sortant, lors d'une réunion électorale.
Il dispose actuellement d'une légère avance dans les sondages sur son adversaire démocrate, John Kerry, en vue de la présidentielle du 2 novembre, à laquelle il se représente pour un second mandat de quatre ans.
«Notre pays est plus sûr car nous avons pris des décisions courageuses», a affirmé M. Bush, qui se présente comme le plus capable de défendre les États-Unis contre de nouveaux attentats.
«Des gouvernements libres au Moyen-Orient combattront les terroristes au lieu de les abriter. Notre mission en Afghanistan et en Irak est claire: nous aiderons les nouveaux dirigeants à entraîner leurs armées pour que les Afghans et les Irakiens puissent se défendre contre le petit nombre qui veut détruire les espoirs du plus grand nombre», a dit M. Bush.
«Nous les aiderons à organiser des élections, nous les mettrons sur la voie de la stabilité et de la démocratie aussi vite que possible et nos troupes rentreront à la maison avec les honneurs qu'elles méritent», a-t-il ajouté.
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