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Entente dans un hôtel, grève dans un autre

Au terme de deux mois de négociations ardues, les employés syndiqués de l'hôtel Reine-Elizabeth de Montréal ont finalement obtenu ce qu'ils souhaitaient. La CSN a en effet annoncé hier matin qu'elle avait réussi à faire accepter aux dirigeants de l'établissement un règlement identique à celui adopté au Hilton Laval, jeudi dernier.

L'entente de principe prévoit notamment une augmentation salariale de 10 % sur trois ans, une sixième semaine de vacances pour les employés comptant plus de 25 ans d'ancienneté et une amélioration du régime de retraite collectif. Le Reine-Elizabeth est le cinquième hôtel de la région de Montréal à l'adopter, après le Hilton Laval, le Wyndham, le Hilton Bonaventure et le Centre Sheraton. L'entente faisait aussi l'objet de discussions intensives hier au Delta centre-ville.

La situation est par ailleurs bien loin d'être réglée au Crowne Plaza Metro-centre, dont les employés se sont prononcés à 98 % en faveur de la grève générale illimitée hier après-midi. Les 117 syndiqués réagissaient ainsi au lock-out décrété samedi matin par leur employeur.

Selon Jean Lortie, président de la Fédération du commerce de la CSN, ils pourraient bientôt être imités par quelque 2000 employés des 12 autres établissements où la situation n'est pas réglée. «Nous espérons avoir un mandat de grève partout d'ici vendredi», a-t-il déclaré. «Les négociations durent depuis deux mois. Là il faut que ça bouge. Les gens sont vraiment excédés.»

Jusqu'à maintenant, la moisson de la campagne de négociations 2002 a été particulièrement riche pour la CSN. Déjà, plus de la moitié des travailleurs de l'hôtellerie sont assurés de connaître des améliorations de leurs conditions de travail. Mais comme le souligne le syndicaliste, «il reste quelques gros joueurs» comptant ensemble près de 3500 chambres. Et le moment est particulièrement bien choisi pour les faire plier puisque, à quelques jours des festivités de la fierté gaie, toutes les chambres sont réservées. L'importance de l'enjeu pourrait bien faire le jeu des syndicats. «Depuis la journée de grève de vendredi, les patrons se bousculent pour nous rencontrer», affirme-t-il.
 
 
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