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Privatisation des services publics - Le SCFP lance un cri d'alarme

Innovation ne veut pas dire privatisation, affirme le syndicat

La privatisation est sur le point de noyer le système public, a dénoncé hier le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui dit avoir relevé 90 initiatives majeures de privatisation présentées sous le couvert de l'innovation depuis la signature de l'Entente des premiers ministres sur le renouvellement des soins de santé, en 2003.

Pour appuyer ses dires, le SCFP a rédigé un rapport, Innovation dénoncée, qui dresse la liste des principaux projets de privatisation ayant cours dans l'ensemble du pays. Une façon musclée de dénoncer les effets pervers de l'«innovation» dans la privatisation des soins de santé, dont la sous-traitance de services chirurgicaux auprès de cliniques privées à but lucratif et les compressions massives de personnel dans le secteur des soins de santé ne sont que quelques exemples.

«La privatisation n'est plus que furtive, elle est sur le point de noyer notre système public, a dit Paul Moist, président national du SCFP. Voici enfin une liste révélant tous les projets de privatisation province par province. Les Canadiennes et les Canadiens pourront donc juger par eux-mêmes si leur premier ministre ou dirigeant territorial travaille vraiment à la protection du système public de soins de santé.»

Pour le président du SCFP-Ontario, Sid Ryan, à l'exception de la sortie partisane de Paul Martin contre le premier ministre albertain Ralph Klein, les premiers ministres libéraux sont parmi les principaux artisans de la privatisation des soins de santé au Canada. «La vague de privatisation qui inonde le système public est en grande partie due aux efforts des libéraux en faveur des soins à but lucratif, croit M. Ryan. Juste ici en Ontario, le premier ministre Dalton McGuinty renie ses promesses et va de l'avant avec les projets d'hôpitaux P3 de Brampton et d'Ottawa. De plus, M. McGuinty permet l'expansion des cliniques privées en retirant de la liste toute une gamme de services assurés, ce qui permet en retour de créer de nouvelles sources de profits.»

Le SCFP fait appel aux premiers ministres et dirigeants des territoires afin qu'ils jouent franc jeu avec le peuple canadien et qu'ils cessent de qualifier la privatisation «d'innovation». «Le ministre de la Santé, Ujjal Dosanjh, et le premier ministre, Paul Martin, devraient étudier ce document pour se faire une idée précise de l'envergure du travail qui les attend s'ils veulent faire cesser la vague de privatisation qui déferle sur notre pays», affirme M. Moist.

«Le gouvernement libéral en place à Ottawa doit faire face à tous les gouvernements provinciaux sans exception. MM. Martin et Dosanjh doivent faire appliquer la Loi canadienne sur la santé et fournir un financement stable permettant la prestation publique de soins de santé publics», a conclu M. Ryan.
 
 
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