Journée du cochon à l'Exposition agricole de Saint-Hyacinthe - Une tonne de porc sur le gril pour redorer l'image des producteurs
En burgers, en brochettes, en méchoui ou encore en saucisses, plus d'une tonne de viande de porc a été passée sur gril hier lors de la 165e édition de l'Exposition agricole et alimentaire de Saint-Hyacinthe. Pour nourrir gratuitement les milliers de visiteurs venus participer à cette «journée du porc» mais aussi, on s'en doute, afin de redorer l'image passablement écorchée d'une industrie qui «souhaite désormais se rapprocher des consommateurs», dixit un éleveur.
Saint-Hyacinthe — Exit la conviction par la tête ou le coeur. C'est plutôt par l'estomac que les producteurs de porc de Saint-Hyacinthe ont décidé hier de s'attaquer à la mauvaise image qui leur colle à la peau. La recette était gagnante: une tonne de cochonnaille — filet, longe, viande hachée, etc. — grillée ou boucanée dans d'immense barbecues et offerte gratuitement pour le dîner aux 4000 personnes ameutées pour l'occasion. Le tout avec un objectif clairement avoué: «informer la population sur nos pratiques et nos productions afin de les aider à mieux nous comprendre», a expliqué Madeleine Hayeur, l'une des organisatrices de cette journée.
Cette «compréhension», l'industrie porcine en a un criant besoin. Normal. Après Bacon, le film, après le Règlement sur la réduction de la pollution d'origine agricole (RRPOA), après le moratoire sur la construction de nouvelles porcheries et les accusations de polluer nos campagnes et nos cours d'eau et de mettre en péril la santé des gens qui vivent près des élevages, les producteurs ont désormais «mal à leurs cochons». Très mal, même. Et rien de tel qu'un bon barbecue en plein air pour se remonter un peu le moral.
«Aujourd'hui, les cochons sont beaucoup mieux perçus que les gens qui les font», explique Clément Pouliot, président de la Fédération des producteurs de porc du Québec, qui, devant l'importance de l'événement, a décidé de venir en personne à la rencontre des amateurs de porc à la broche. «Forcément, ça engendre un problème de fierté chez les producteurs.»
D'amertume, aussi. Car malgré l'ambiance festive, l'odeur du goret qui roussit et la musique country-western diffusée par les haut-parleurs, plusieurs des producteurs à l'origine de ce dîner de cochon en plein air en avaient gros sur la patate. «Le porc a une mauvaise image à cause des fausses informations qui sont diffusées dans les journaux», explique Bernard Dion, propriétaire d'une porcherie de 1800 porcs dans la région. «Nous avons l'impression que tous les efforts que nous faisons pour travailler en harmonie avec la nature, pour réduire l'impact du lisier sur l'environnement ou pour améliorer le traitement des animaux n'ont aucun effet sur l'opinion publique.»
De là à parler de campagne de dénigrement, il n'y a qu'un pas, que son collègue Daniel Grégoire, porte-parole du Syndicat des producteurs de porc de Saint-Hyacinthe, ose franchir: «Pourquoi s'acharne-t-on sur nous?, se demande-t-il. En ce moment, il y a sur les routes des voitures qui polluent deux fois plus qu'avant. Mais on n'en fait pas autant d'histoires qu'avec les porcs.»
Affectée moralement, l'industrie du pourceau l'est désormais aussi dans ses structures. Même si la consommation de porc au Québec, malgré les scandales et les nombreuses questions soulevées par l'utilisation d'antibiotiques dans les élevages, n'a pas diminué. N'empêche: les prix d'achat du cochon sont à la baisse (1,48 $ le kilo contre 1,90 $ l'an dernier à la même époque), le deuxième marché d'exportation, le Japon, ne se porte pas très bien. De plus, les nouveaux règlements en matière d'environnement occasionnent des coûts supplémentaires aux producteurs. À tel point que plusieurs d'entre eux commencent même à mettre la clef sous la porte de leurs porcheries.
À quelques heures du début des festivités, Mercedes Menier, de La Présentation, ne s'en souciait guère. En file depuis deux heures et demie, elle n'était «pas là pour entendre parler de cochon mais bien pour en manger»: en burgers, en brochettes, en saucisses, avec compote de pomme et purée d'oignon. «Parce que c'est bon, du bon porc bio», comme l'expliquait, joyeux, un jeune bénévole responsable du service.
Bien sûr, le porc — une gracieuseté d'Olymel, qui avait négligemment garé un camion publicitaire près du réfectoire afin de présenter ses produits de bacon! — n'était pas certifié biologique. Mais quand on est dans un esprit de fête et en campagne de séduction, tout est permis...
Saint-Hyacinthe — Exit la conviction par la tête ou le coeur. C'est plutôt par l'estomac que les producteurs de porc de Saint-Hyacinthe ont décidé hier de s'attaquer à la mauvaise image qui leur colle à la peau. La recette était gagnante: une tonne de cochonnaille — filet, longe, viande hachée, etc. — grillée ou boucanée dans d'immense barbecues et offerte gratuitement pour le dîner aux 4000 personnes ameutées pour l'occasion. Le tout avec un objectif clairement avoué: «informer la population sur nos pratiques et nos productions afin de les aider à mieux nous comprendre», a expliqué Madeleine Hayeur, l'une des organisatrices de cette journée.
Cette «compréhension», l'industrie porcine en a un criant besoin. Normal. Après Bacon, le film, après le Règlement sur la réduction de la pollution d'origine agricole (RRPOA), après le moratoire sur la construction de nouvelles porcheries et les accusations de polluer nos campagnes et nos cours d'eau et de mettre en péril la santé des gens qui vivent près des élevages, les producteurs ont désormais «mal à leurs cochons». Très mal, même. Et rien de tel qu'un bon barbecue en plein air pour se remonter un peu le moral.
«Aujourd'hui, les cochons sont beaucoup mieux perçus que les gens qui les font», explique Clément Pouliot, président de la Fédération des producteurs de porc du Québec, qui, devant l'importance de l'événement, a décidé de venir en personne à la rencontre des amateurs de porc à la broche. «Forcément, ça engendre un problème de fierté chez les producteurs.»
D'amertume, aussi. Car malgré l'ambiance festive, l'odeur du goret qui roussit et la musique country-western diffusée par les haut-parleurs, plusieurs des producteurs à l'origine de ce dîner de cochon en plein air en avaient gros sur la patate. «Le porc a une mauvaise image à cause des fausses informations qui sont diffusées dans les journaux», explique Bernard Dion, propriétaire d'une porcherie de 1800 porcs dans la région. «Nous avons l'impression que tous les efforts que nous faisons pour travailler en harmonie avec la nature, pour réduire l'impact du lisier sur l'environnement ou pour améliorer le traitement des animaux n'ont aucun effet sur l'opinion publique.»
De là à parler de campagne de dénigrement, il n'y a qu'un pas, que son collègue Daniel Grégoire, porte-parole du Syndicat des producteurs de porc de Saint-Hyacinthe, ose franchir: «Pourquoi s'acharne-t-on sur nous?, se demande-t-il. En ce moment, il y a sur les routes des voitures qui polluent deux fois plus qu'avant. Mais on n'en fait pas autant d'histoires qu'avec les porcs.»
Affectée moralement, l'industrie du pourceau l'est désormais aussi dans ses structures. Même si la consommation de porc au Québec, malgré les scandales et les nombreuses questions soulevées par l'utilisation d'antibiotiques dans les élevages, n'a pas diminué. N'empêche: les prix d'achat du cochon sont à la baisse (1,48 $ le kilo contre 1,90 $ l'an dernier à la même époque), le deuxième marché d'exportation, le Japon, ne se porte pas très bien. De plus, les nouveaux règlements en matière d'environnement occasionnent des coûts supplémentaires aux producteurs. À tel point que plusieurs d'entre eux commencent même à mettre la clef sous la porte de leurs porcheries.
À quelques heures du début des festivités, Mercedes Menier, de La Présentation, ne s'en souciait guère. En file depuis deux heures et demie, elle n'était «pas là pour entendre parler de cochon mais bien pour en manger»: en burgers, en brochettes, en saucisses, avec compote de pomme et purée d'oignon. «Parce que c'est bon, du bon porc bio», comme l'expliquait, joyeux, un jeune bénévole responsable du service.
Bien sûr, le porc — une gracieuseté d'Olymel, qui avait négligemment garé un camion publicitaire près du réfectoire afin de présenter ses produits de bacon! — n'était pas certifié biologique. Mais quand on est dans un esprit de fête et en campagne de séduction, tout est permis...
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