Une agression antisémite sème l'effroi en France
Une mère prise pour une juive est attaquée dans un train de banlieue
Paris — Les condamnations et réactions d'indignation étaient très nombreuses hier, deux jours après l'agression dans un train de banlieue RER d'une jeune femme, accompagnée de son bébé de 13 mois, dont les agresseurs pensaient qu'elle était juive.
Dès l'incident connu samedi soir, le président Jacques Chirac a fait part de son «effroi» face à cet «acte honteux» et exprimé sa «profonde sympathie» à la victime et à sa famille, tandis que le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin a condamné «cette agression ignoble qui a été aggravée de gestes racistes et antisémites». Il a «donné instruction aux services de police pour en retrouver les auteurs dans les plus brefs délais».
Vendredi matin, un groupe de six personnes a attaqué cette jeune femme dans le RER D. Ils lui ont volé son sac à dos et, trouvant une carte d'identité portant une adresse dans le XVIe arrondissement de Paris, ont lancé: «Dans le XVIe, il n'y a que des juifs.»
La victime a été violemment bousculée et insultée, ses agresseurs lui ont coupé des cheveux et tracé au feutre des croix gammées sur le ventre, le tout en présence d'autres voyageurs qui sont restés sans réagir. Sa fille de 13 mois, bousculée, est tombée de sa poussette, mais ni elle ni sa mère, choquée, n'ont été gravement blessées.
De source policière, on précisait dimanche que la victime n'est pas de confession israélite et que son nom, qui n'a pas été communiqué, ne peut pas laisser supposer qu'elle le soit. Les enquêteurs sont par ailleurs en possession des enregistrements vidéo de la gare de Sarcelles (Val-d'Oise) où les agresseurs, toujours non identifiés, sont descendus. Ils tentent également de retrouver les témoins de la scène.
«On se demande comment on va arrêter cette vague antisémite qui devient particulièrement inquiétante pour la paix civile en France», s'est inquiété sur France-Info le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Roger Cukierman, pour qui «ce n'est pas un problème des juifs, [mais] de la France».
«Il faut vraiment que chacun se sente menacé par ce phénomène», a-t-il souhaité. M. Cukierman a fait appel à la société civile, aux magistrats, aux «maires des cités dans lesquelles habitent les auteurs d'agressions» et aux autorités religieuses pour qu'ils «fassent des déclarations solennelles très fortes condamnant l'antisémitisme qui menace les fondements de notre société».
L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a dénoncé «avec effroi» cette agression, non sans relever «avec tristesse» que «la passivité des passagers du RER tranche avec l'appel» à la vigilance contre la montée des intolérances lancé jeudi par Jacques Chirac à Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire).
Les actions antisémites ou racistes et xénophobes recensées en France sont de plus en plus nombreuses d'année en année. Il y en a eu davantage entre le 1er janvier et le 30 juin 2004 que pendant toute l'année 2003, selon le ministère de l'Intérieur.
Depuis le début de l'année, 135 «actions» antisémites ont été recensées contre 127 en 2003. Pour les actes racistes et xénophobes autres qu'antisémites, 95 actions ont été comptabilisées contre 92 pendant toute l'année 2003. De l'agression verbale et physique aux profanations de tombes, cette montée en flèche des actes racistes et antisémites en France intervient malgré la détermination affichée du gouvernement à combattre ce phénomène. M. Chirac avait ainsi appelé jeudi «au sursaut» les Français depuis Le Chambon-sur-Lignon, ville du centre qui avait sauvé, pendant l'occupation allemande, plusieurs milliers de juifs des nazis et de leurs collaborateurs français.
Au nom des députés, le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré a estimé hier que «c'est la France qui est visée à travers ces actes ignobles». «Puissions-nous tous nous retrouver dans la lutte contre le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme», a-t-il souhaité du haut de son «perchoir».
Par la voix du député de Paris, Jean-Marie Le Guen, le groupe socialiste à l'Assemblée a dénoncé la «violence antisémite absolument invraisemblable» de cette agression. «Il faut mobiliser les moyens de l'État avec toute la force que cela implique pour montrer que nous ne céderons pas d'un pouce face à ces attitudes antisémites.»
«Cette horreur fascisante doit être fermement combattue», a renchéri le député communiste Alain Bocquet, qui a demandé une condamnation «sans faiblesse» de cette agression «inqualifiable».
«Aujourd'hui, le communautarisme s'est développé, l'intolérance s'est développée et on aboutit à des actes aussi scandaleux que ceux-là», a regretté sur France 3 le président du groupe UDF Hervé Morin. Un constat partagé par Sylvain Zenouda de la LICRA, qui a dénoncé sur LCI ces «gens qui colportent un climat malsain, qui veulent remettre les juifs dans une situation [...] d'untermensch [sous-hommes]». «Ils n'hésitent plus à brimer des juifs, à les empêcher de vivre leur judaïsme ou de se monter comme des juifs. [...] Être juif aujourd'hui en France, c'est devenu une circonstance aggravante», a-t-il estimé.
La Fédération des usagers des transports et des services publics (FUT) a pour sa part appelé dans un communiqué «à la mobilisation générale contre la violence», demandant notamment «des moyens supplémentaires pour assurer la sécurité dans les transports et dans nos villes».
Dès l'incident connu samedi soir, le président Jacques Chirac a fait part de son «effroi» face à cet «acte honteux» et exprimé sa «profonde sympathie» à la victime et à sa famille, tandis que le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin a condamné «cette agression ignoble qui a été aggravée de gestes racistes et antisémites». Il a «donné instruction aux services de police pour en retrouver les auteurs dans les plus brefs délais».
Vendredi matin, un groupe de six personnes a attaqué cette jeune femme dans le RER D. Ils lui ont volé son sac à dos et, trouvant une carte d'identité portant une adresse dans le XVIe arrondissement de Paris, ont lancé: «Dans le XVIe, il n'y a que des juifs.»
La victime a été violemment bousculée et insultée, ses agresseurs lui ont coupé des cheveux et tracé au feutre des croix gammées sur le ventre, le tout en présence d'autres voyageurs qui sont restés sans réagir. Sa fille de 13 mois, bousculée, est tombée de sa poussette, mais ni elle ni sa mère, choquée, n'ont été gravement blessées.
De source policière, on précisait dimanche que la victime n'est pas de confession israélite et que son nom, qui n'a pas été communiqué, ne peut pas laisser supposer qu'elle le soit. Les enquêteurs sont par ailleurs en possession des enregistrements vidéo de la gare de Sarcelles (Val-d'Oise) où les agresseurs, toujours non identifiés, sont descendus. Ils tentent également de retrouver les témoins de la scène.
«On se demande comment on va arrêter cette vague antisémite qui devient particulièrement inquiétante pour la paix civile en France», s'est inquiété sur France-Info le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Roger Cukierman, pour qui «ce n'est pas un problème des juifs, [mais] de la France».
«Il faut vraiment que chacun se sente menacé par ce phénomène», a-t-il souhaité. M. Cukierman a fait appel à la société civile, aux magistrats, aux «maires des cités dans lesquelles habitent les auteurs d'agressions» et aux autorités religieuses pour qu'ils «fassent des déclarations solennelles très fortes condamnant l'antisémitisme qui menace les fondements de notre société».
L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a dénoncé «avec effroi» cette agression, non sans relever «avec tristesse» que «la passivité des passagers du RER tranche avec l'appel» à la vigilance contre la montée des intolérances lancé jeudi par Jacques Chirac à Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire).
Les actions antisémites ou racistes et xénophobes recensées en France sont de plus en plus nombreuses d'année en année. Il y en a eu davantage entre le 1er janvier et le 30 juin 2004 que pendant toute l'année 2003, selon le ministère de l'Intérieur.
Depuis le début de l'année, 135 «actions» antisémites ont été recensées contre 127 en 2003. Pour les actes racistes et xénophobes autres qu'antisémites, 95 actions ont été comptabilisées contre 92 pendant toute l'année 2003. De l'agression verbale et physique aux profanations de tombes, cette montée en flèche des actes racistes et antisémites en France intervient malgré la détermination affichée du gouvernement à combattre ce phénomène. M. Chirac avait ainsi appelé jeudi «au sursaut» les Français depuis Le Chambon-sur-Lignon, ville du centre qui avait sauvé, pendant l'occupation allemande, plusieurs milliers de juifs des nazis et de leurs collaborateurs français.
Au nom des députés, le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré a estimé hier que «c'est la France qui est visée à travers ces actes ignobles». «Puissions-nous tous nous retrouver dans la lutte contre le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme», a-t-il souhaité du haut de son «perchoir».
Par la voix du député de Paris, Jean-Marie Le Guen, le groupe socialiste à l'Assemblée a dénoncé la «violence antisémite absolument invraisemblable» de cette agression. «Il faut mobiliser les moyens de l'État avec toute la force que cela implique pour montrer que nous ne céderons pas d'un pouce face à ces attitudes antisémites.»
«Cette horreur fascisante doit être fermement combattue», a renchéri le député communiste Alain Bocquet, qui a demandé une condamnation «sans faiblesse» de cette agression «inqualifiable».
«Aujourd'hui, le communautarisme s'est développé, l'intolérance s'est développée et on aboutit à des actes aussi scandaleux que ceux-là», a regretté sur France 3 le président du groupe UDF Hervé Morin. Un constat partagé par Sylvain Zenouda de la LICRA, qui a dénoncé sur LCI ces «gens qui colportent un climat malsain, qui veulent remettre les juifs dans une situation [...] d'untermensch [sous-hommes]». «Ils n'hésitent plus à brimer des juifs, à les empêcher de vivre leur judaïsme ou de se monter comme des juifs. [...] Être juif aujourd'hui en France, c'est devenu une circonstance aggravante», a-t-il estimé.
La Fédération des usagers des transports et des services publics (FUT) a pour sa part appelé dans un communiqué «à la mobilisation générale contre la violence», demandant notamment «des moyens supplémentaires pour assurer la sécurité dans les transports et dans nos villes».
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