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Intensification des moyens de pression aux douanes

Les voyageurs entrant au Canada devront s'armer de plus en plus de patience. Les moyens de pression des agents canadiens des douanes, actuellement en conflit de travail, s'intensifieront au cours des prochaines semaines, après une fin de semaine ponctuée de bouleversements à différents postes frontaliers.

À Saint-Bernard-de-Lacolle où l'affluence était grande en raison des congés du 1er juillet au Canada et du 4 juillet aux États-Unis, les automobilistes ont eu jusqu'à quatre heures d'attente vendredi pendant la période de pointe (entre 16h et 20h). Le mouvement de protestation, spontané et non sanctionné par les dirigeants syndicaux, a pris des proportions différentes à la grandeur du Canada. Dans le sud-ouest de l'Ontario, les postes frontaliers de Windsor, Sarnia et Niagara Falls ont enregistré de longs temps d'attente jeudi et vendredi, alors que l'aéroport international Pierre-Elliot-Trudeau à Dorval a connu des délais de deux à trois heures dans les journées de samedi et dimanche.

Les membres du syndicat des douanes canadiennes (CEUDA) ont pris davantage de temps pour contrôler les entrants en territoire canadien, notamment en demandant les pièces d'identité de chaque passager des véhicules s'arrêtant aux postes frontaliers, en effectuant des vérifications sur les importations et en faisant davantage de fouilles, ce qui a considérablement ralenti le trafic des voitures.

«Le message de nos employés est qu'ils ne lâcheront pas le morceau tant que la question des classifications supérieures ne sera pas réglée», explique le vice-président national de la CEUDA, responsable de la région du Québec, Jean-Pierre Fortin. «L'exaspération est grande, on peut donc prévoir une escalade importante des moyens de pression, et davantage de temps d'attente aux frontières», soutient-il.

Du côté patronal, l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) soutient qu'elle s'efforce de réduire le plus possible les délais d'attente aux frontières. «Nous gardons un oeil sur les opérations pour nous assurer que tout roule en douceur», explique la porte-parole de l'ASFC, Patricia Giolti.

Les 4200 employés canadiens des douanes demandent à l'ASFC l'élaboration de classifications salariales supérieures pour régler un conflit qui perdure depuis juillet 2000. Depuis l'entrée en vigueur de la loi C-18, les agents des douanes ont davantage de pouvoirs, notamment «le pouvoir d'arrêter et de détenir les personnes soupçonnées d'avoir commis une infraction au Code criminel», comme l'indique le texte de loi. Les employés de la CEUDA revendiquent des augmentations de salaires conséquentes avec leurs nouvelles fonctions.

«À titre d'exemple, un officier canadien des douanes gagne en moyenne 48 600 $ alors que la moyenne nationale pour un agent de police est de 64 000 $», explique Jean-Pierre Fortin. «On est en mesure de se demander si le fait de porter une arme à feu vaut 16 000 $», souligne le vice-président de la CEUDA.

L'élaboration de classifications supérieures se fait attendre depuis quatre ans, et le syndicat continue de faire des propositions d'entente au côté patronal. «La dernière rencontre que nous avons eue s'est tenue le 14 mai et depuis, plus rien», affirme le vice-président du syndicat.

Son de cloche différent du côté patronal, qui soutient que les négociations continuent. «Ce sont des affaires internes dont nous ne pouvons divulguer les détails, mais nous sommes toujours ouverts aux discussions», affirme la porte-parole.

«Les dirigeants de l'ASFC continuent de nous répondre qu'ils ne vont pas hypothéquer leurs maisons pour payer les employés, soutient Jean-Pierre Fortin. Ils attendent donc de l'argent neuf [du gouvernement fédéral].»
 
 
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