Le Manikashuna envahit la rue Sainte-Catherine
Encore plus d'activités sur la place Émilie-Gamelin
Cette année, le site extérieur du festival Présence autochtone s'ouvre encore plus sur la rue Sainte-Catherine pour attirer un plus grand nombre de visiteurs et fait une grande place aux musées amérindiens. «L'ensemble du site devient un lieu de transmission, un parcours de découvertes et une grande scène où se tisse, au hasard des rencontres et au gré des esprits, la trame d'un rêve de paix et d'amitié.»
Avec ses trois zones consacrées aux cultures matérielles et spirituelles des Plaines, des Iroquoiens et des Algonquins, ses contes et légendes à la brunante, ses artisans qui pratiquent les arts et métiers de la tradition, la dégustation de la bannique et la danse d'apparat, l'activité extérieure du festival Présence autochtone, Manikashuna, attire chaque année un grand nombre de curieux.
Pour sa 14e édition, les organisateurs ont décidé non pas d'agrandir le site, mais d'ouvrir complètement la zone sur la rue Sainte-Catherine pour aller chercher une autre clientèle, «notre mandat étant d'animer la rue Sainte-Catherine en créant une zone plus contemporaine, tout en restant cohérents avec l'esprit du site», explique Sylvain Rivard, ethnologue et responsable du site extérieur pour Présence autochtone.
Pour ce faire, il a misé sur les organismes ethnoculturels en mettant l'accent sur les musées amérindiens. «Beaucoup de musées parlent de l'art des Amérindiens, mais ils sont peu nombreux à être gérés par eux», souligne Sylvain Rivard. Le Musée des Abénakis d'Odanak, le Centre culturel abénakis de Swanton au Vermont et le Musée amérindien de Mashteuiatsh seront sur place et proposeront des activités telles que de la taille de la pierre ou de petits jeux amérindiens devant leurs kiosques respectifs. De plus, un artiste pluridisciplinaire du nom de Jacques Newashish animera le coin Sainte-Catherine et Saint-Hubert avec de la musique.
Créer des liens entre les nations et leurs cultures
En raison du grand succès qu'a connu la peinture des chevaux l'an dernier, Sylvain Rivard a décidé d'étirer cette activité sur quatre jours plutôt que deux. Des artistes-peintres amérindiens, Patricia Eshkibok et Ben Giboe, tresseront et décoreront des chevaux tout en expliquant la symbolique des signes qui couvriront presque entièrement le corps des bêtes de race indienne. «Cette pratique est apparue dans la culture des Plaines depuis l'introduction du cheval, il y a très longtemps, et on a développé autour de l'animal une culture matérielle en le décorant pour témoigner de son histoire», explique l'ethnologue.
Selon lui, il existe de nombreux liens entre les nations, leurs objets et les techniques. Pour en témoigner, il s'est assuré de faire lui-même des ponts entre les diverses zones de la place Émilie-Gamelin. «Par exemple, on passe de la zone des Plaines, où les chevaux sont à l'honneur, à la zone des Iroquoiens, où des artisans fabriquent des masques de maïs dont les cheveux sont en crin de cheval.»
Puisque la plupart des nations au Québec sont algonquines, une large place leur est réservée sur le site de Manikashuna. Une quinzaine d'artisans y confectionneront de la vannerie en écorce de boulot, des mocassins ainsi que des sculptures sur os.
Dans la section nord du parc, du côté de la rue Maisonneuve, Sylvain Rivard a aménagé une zone Amérique latine. «Contrairement à ce que croient plusieurs personnes, les Amérindiens ne s'arrêtent pas en Amérique du Nord. Ils sont présents de la Terre de Feu aux régions subarctiques.» Les visiteurs pourront y découvrir la culture des Quechuas du Pérou, des Aynaras de Bolivie, des Qunas du Panama, des Mayas du Guatemala et des Metizzos du Mexique.
Danses d'apparat et Contes sous la tente
Le samedi 19 juin, une marche des danseurs part de la rue Saint-Denis pour se rendre sur la scène centrale de la place Émilie-Gamelin, où se tiennent les Boréades de la danse. Sept troupes de danseurs en provenance du Québec, des États-Unis et d'Amérique latine défileront dans les rues, habillés en costumes traditionnels et portant des oriflammes et des drapeaux. «C'est très coloré, très visuel et ça bouge beaucoup. Ça fait appel à beaucoup de sens et c'est très enlevant, ce qui explique que plusieurs passants se joignent à la marche pour ensuite assister au spectacle des Boréades.»
À la brunante, le site devient une vaste scène peuplée d'êtres surnaturels avec les Contes sous la tente. Sylvie-Anne Sioui-Trudel est celle qui ouvre la voie aux autres conteurs et anime le site pendant les Contes sous la tente à titre d'esprit de la soirée: «Du faîte d'une vaste maison, Aata regarde le monde advenir. Au son de la flûte, elle descend du toit du monde, tirant derrière elle une traîne de feu. Ainsi apparaît-elle, maîtresse du grand jeu des mythes et des légendes.»
Avec pour thème central les animaux, trois conteurs divertiront les visiteurs avec leurs récits en ombres chinoises au rythme des chants et des tambours. Nicole Obomsawin convoque les animaux, leur donne leur nom, définit leur forme et assigne à chacun son rôle auprès des humains. Ses récits transportent le public dans la forêt des origines, où les animaux étaient beaucoup plus gros et ont pris leur forme actuelle pour éviter de malmener la Terre et de nuire aux Abénakis.
Dominic Rankin s'intéresse aux animaux qui ont apporté le savoir des plantes et de la médecine aux hommes pour les guérir, alors que Siméon Chachai dévoile aux oreilles attentives le secret des choses et des esprits qui métamorphosent les outils, ustensiles et autres objets de la culturelle matérielle des Atikamekw.
Enfin, dans la tente à discussion, communément appelé le wikiup, l'auteur Michel Noël offrira ses conseils pour la mise en livre d'un conte en se basant sur sa propre expérience.
Avec ses trois zones consacrées aux cultures matérielles et spirituelles des Plaines, des Iroquoiens et des Algonquins, ses contes et légendes à la brunante, ses artisans qui pratiquent les arts et métiers de la tradition, la dégustation de la bannique et la danse d'apparat, l'activité extérieure du festival Présence autochtone, Manikashuna, attire chaque année un grand nombre de curieux.
Pour sa 14e édition, les organisateurs ont décidé non pas d'agrandir le site, mais d'ouvrir complètement la zone sur la rue Sainte-Catherine pour aller chercher une autre clientèle, «notre mandat étant d'animer la rue Sainte-Catherine en créant une zone plus contemporaine, tout en restant cohérents avec l'esprit du site», explique Sylvain Rivard, ethnologue et responsable du site extérieur pour Présence autochtone.
Pour ce faire, il a misé sur les organismes ethnoculturels en mettant l'accent sur les musées amérindiens. «Beaucoup de musées parlent de l'art des Amérindiens, mais ils sont peu nombreux à être gérés par eux», souligne Sylvain Rivard. Le Musée des Abénakis d'Odanak, le Centre culturel abénakis de Swanton au Vermont et le Musée amérindien de Mashteuiatsh seront sur place et proposeront des activités telles que de la taille de la pierre ou de petits jeux amérindiens devant leurs kiosques respectifs. De plus, un artiste pluridisciplinaire du nom de Jacques Newashish animera le coin Sainte-Catherine et Saint-Hubert avec de la musique.
Créer des liens entre les nations et leurs cultures
En raison du grand succès qu'a connu la peinture des chevaux l'an dernier, Sylvain Rivard a décidé d'étirer cette activité sur quatre jours plutôt que deux. Des artistes-peintres amérindiens, Patricia Eshkibok et Ben Giboe, tresseront et décoreront des chevaux tout en expliquant la symbolique des signes qui couvriront presque entièrement le corps des bêtes de race indienne. «Cette pratique est apparue dans la culture des Plaines depuis l'introduction du cheval, il y a très longtemps, et on a développé autour de l'animal une culture matérielle en le décorant pour témoigner de son histoire», explique l'ethnologue.
Selon lui, il existe de nombreux liens entre les nations, leurs objets et les techniques. Pour en témoigner, il s'est assuré de faire lui-même des ponts entre les diverses zones de la place Émilie-Gamelin. «Par exemple, on passe de la zone des Plaines, où les chevaux sont à l'honneur, à la zone des Iroquoiens, où des artisans fabriquent des masques de maïs dont les cheveux sont en crin de cheval.»
Puisque la plupart des nations au Québec sont algonquines, une large place leur est réservée sur le site de Manikashuna. Une quinzaine d'artisans y confectionneront de la vannerie en écorce de boulot, des mocassins ainsi que des sculptures sur os.
Dans la section nord du parc, du côté de la rue Maisonneuve, Sylvain Rivard a aménagé une zone Amérique latine. «Contrairement à ce que croient plusieurs personnes, les Amérindiens ne s'arrêtent pas en Amérique du Nord. Ils sont présents de la Terre de Feu aux régions subarctiques.» Les visiteurs pourront y découvrir la culture des Quechuas du Pérou, des Aynaras de Bolivie, des Qunas du Panama, des Mayas du Guatemala et des Metizzos du Mexique.
Danses d'apparat et Contes sous la tente
Le samedi 19 juin, une marche des danseurs part de la rue Saint-Denis pour se rendre sur la scène centrale de la place Émilie-Gamelin, où se tiennent les Boréades de la danse. Sept troupes de danseurs en provenance du Québec, des États-Unis et d'Amérique latine défileront dans les rues, habillés en costumes traditionnels et portant des oriflammes et des drapeaux. «C'est très coloré, très visuel et ça bouge beaucoup. Ça fait appel à beaucoup de sens et c'est très enlevant, ce qui explique que plusieurs passants se joignent à la marche pour ensuite assister au spectacle des Boréades.»
À la brunante, le site devient une vaste scène peuplée d'êtres surnaturels avec les Contes sous la tente. Sylvie-Anne Sioui-Trudel est celle qui ouvre la voie aux autres conteurs et anime le site pendant les Contes sous la tente à titre d'esprit de la soirée: «Du faîte d'une vaste maison, Aata regarde le monde advenir. Au son de la flûte, elle descend du toit du monde, tirant derrière elle une traîne de feu. Ainsi apparaît-elle, maîtresse du grand jeu des mythes et des légendes.»
Avec pour thème central les animaux, trois conteurs divertiront les visiteurs avec leurs récits en ombres chinoises au rythme des chants et des tambours. Nicole Obomsawin convoque les animaux, leur donne leur nom, définit leur forme et assigne à chacun son rôle auprès des humains. Ses récits transportent le public dans la forêt des origines, où les animaux étaient beaucoup plus gros et ont pris leur forme actuelle pour éviter de malmener la Terre et de nuire aux Abénakis.
Dominic Rankin s'intéresse aux animaux qui ont apporté le savoir des plantes et de la médecine aux hommes pour les guérir, alors que Siméon Chachai dévoile aux oreilles attentives le secret des choses et des esprits qui métamorphosent les outils, ustensiles et autres objets de la culturelle matérielle des Atikamekw.
Enfin, dans la tente à discussion, communément appelé le wikiup, l'auteur Michel Noël offrira ses conseils pour la mise en livre d'un conte en se basant sur sa propre expérience.
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