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Une saine responsabilité

Les citoyens sont-ils des individus responsables? Vus comme un ensemble, il semblerait que oui. Ainsi Louise Vandelac, cette professeure de l'UQAM qui vient cette semaine d'être intronisée dans le Cercle des Phénix, observe une prise de conscience devant l'importance de protéger l'environnement: «L'émergence d'un mouvement écocitoyen et l'implication d'artistes de renom dans la défense du patrimoine commun a permis de démontrer que, ce qui était en jeu, c'était la protection du bien commun. Il y a de plus en plus une identification au sein de la population. Il y a aussi un mouvement très fort chez les jeunes qui est fascinant à observer.»

Pourtant, au même moment où ces propos optimistes sont tenus, celui qui, dans le gouvernement du Québec, a la responsabilité du dossier, le ministre Thomas Mulcair, parle du futur projet de loi consacré à l'environnement comme d'un texte où le droit à la réprimande sera nettement affiché: «Quand, comme procureurs de la Couronne, les avocats doivent choisir entre des crimes contre la personne ou une poursuite contre quelqu'un qui a stocké illégalement des BPC, c'est le crime contre la personne qui est traité en priorité. Or, il faut réaliser que les crimes contre l'environnement s'attaquent aux générations futures et doivent aussi être réprimés, même si leurs impacts ne sont pas aussi directs et immédiats. Nous devons pouvoir compter sur des spécialistes du droit de l'environnement capables de faire face aux avocats chevronnés auxquels les firmes ont recours.»

Car, dans la belle province, il y a toujours abus. Des entreprises, certes, où la recherche de profits permet tous les raccourcis. Mais aussi par les corporations publiques: n'y aurait-il point sur le territoire adjacent au fleuve Saint-Laurent une cinquantaine de municipalités qui rejettent directement, sans traitement, leurs eaux usées? Et que dire du sort réservé par les divers riverains, publics ou privés, aux multiples lacs et rivières du Québec?

Dossiers de l'heure

Parlons-nous d'environnement que les sujets ne manquent pas. Il y a les dossiers chauds.

Nombreux sont donc ceux qui s'interrogent sur l'impact de la décision qui transfère aux municipalités la décision d'autoriser ou non l'ouverture de nouvelles porcheries: au-delà des problèmes odorants (auxquels des solutions existent), il y a celui de l'eau, rivières et nappes phréatiques incluses.

Plus lourd encore est le dossier du développement des ressources énergétiques. Le Québec vit à l'heure du Suroît, de la construction éventuelle de cette mégacentrale au gaz dont on a dit que les effets polluants seraient équivalents à l'ajout de 600 000 automobiles au parc déjà existant (chiffre qui équivaut au nombre annuel d'achats de voitures au Québec, neuves et usagées incluses). Pour qui n'est pas un spécialiste de la question, est-il possible de croire que l'on pourrait éviter un tel gaspillage de ressources? Et qu'il serait toujours envisageable de pouvoir respecter les objectifs fixés lors de la signature de l'entente dite de Kyoto sur les gaz à effet de serre (et ce, sans avoir à opérer de savants calculs comptables)? Ou faut-il avoir nécessairement recours à l'énergie éolienne? (Dans ce dossier, l'information et la contre-publicité peuvent faire croire à la véracité de l'un des points de vue comme à son contraire.)

Gestes concrets

De tels débats de société n'empêchent cependant point que, sur le terrain, jour après jour, des citoyens responsables prennent des décisions, posent des gestes qui ont des conséquences directes sur la qualité de l'environnement immédiat. Il y en a donc qui se concertent pour remettre en état les berges de leurs rivières. D'autres mettent fin, volontairement, au recours systématique aux engrais (quitte à voir leur pelouse moins verte que celle d'un golf américain). Ailleurs, des corporations acceptent de jouer leur rôle de citoyens corporatifs en tenant compte de l'impact de leurs activités sur la faune et la flore des forêts et des lieux qu'elles exploitent. Bref, on découvre que les normes environnementales ne sont pas que des barrières mises en place pour bloquer tout développement: le long terme est aussi rentable.

Une fois l'an, un événement souligne qu'il existe au Québec un «savoir-faire de concert avec la nature». Et jeudi soir dernier étaient remis les Phénix de l'environnement. Cette soirée, tout comme ce cahier, témoignent des efforts que consentent des citoyens définitivement responsables.
 
 
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