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Mise en valeur des matières résiduelles - Des couvertures pour l'Afghanistan

L'atelier Maria Goretti, le centre d'activités pour adultes vivant avec une déficience intellectuelle de Charlesbourg, a réussi un tour de force: marier ses préoccupations professionnelles à des valeurs environnementales, sociales et humanitaires. Portrait du lauréat du Phénix de l'environnement pour la catégorie «Mise en valeur des matières résiduelles — Contribution à la transformation des matières résiduelles».

Lorsque le Centre de réadaptation en déficience intellectuelle de Québec (CRDI de Québec) a mis sur pied l'atelier Maria Goretti il y a sept ans, jamais on ne s'attendait à un tel succès. Aujourd'hui, l'atelier accueille quotidiennement onze usagers — des personnes vivant avec une déficience intellectuelle — qui s'affairent à recycler et à transformer en couvertures et courtepointes les cinq à dix sacs de retailles de tissu qui leur sont envoyées chaque semaine.

Jo-Lyne, une entreprise de la région spécialisée dans la confection de vêtements, fournit l'essentiel de la matière première qu'utilise l'atelier. Les usagers assurent le tri des retailles, leur classification, le marquage, le découpage et l'assemblage. «C'est toujours un immense bonheur pour eux lorsque les sacs arrivent», explique Réjeanne Brassard, l'intervenante de l'atelier qui supervise les activités.

«Un tel programme permet non seulement de récupérer, mais aussi d'obtenir du tissu à moindre coût, car ces retailles sont destinées à la poubelle. Cela crée du travail pour plusieurs personnes et cela permet du même coup de libérer l'incinérateur de Québec qu'on dit souvent débordé», précise celle qui oeuvre dans ce secteur d'activité depuis 24 ans.

Mme Brassard, qui possède incontestablement une énergie contagieuse, confie que la motivation profonde de ce projet est «de développer le sens social des usagers». Cette activité leur permet également de développer des comportements comme «l'assiduité au travail et la ponctualité». Toutefois, elle avoue qu'il s'agit également de faire comprendre «à la population en général» que ceux qui vivent avec une déficience intellectuelle «peuvent réellement être utiles».

Les usagers ont pu, depuis la mise sur pied du projet, apprendre à tailler du tissu et à coudre. L'intervenante soutient qu'ils se sont révélés extrêmement «vaillants et motivés», au point où il faut à l'occasion «les "stopper", les obliger à arrêter pour prendre une pause. On peut beaucoup apprendre d'eux: leur franchise, leur sens du travail...».

Avec la vente de leurs réalisations, ceux-ci amassent la somme nécessaire à l'embauche d'un professeur pour leur cours de peinture, une activité qu'ils ne pourraient s'offrir sans les revenus générés par la vente des couvertures et des courtepointes. «Il faut savoir que les usagers, pour la plupart, ont très peu d'argent», précise le chef de service du CRDI pour le territoire de la Source, Jacques Saint-Arnaud.

L'été dernier, l'atelier Maria Goretti décidait de relever un défi de taille: à la suite d'un reportage qui dépeignait la situation difficile prévalant en Afghanistan, l'atelier s'est mobilisé afin d'apporter son aide à la population afghane. «Le reportage soulignait qu'il y avait une couverture pour sept personnes. Cela a touché plusieurs usagers. De là est née l'idée de faire des couvertures qu'on pourrait envoyer en Afghanistan», résume Mme Brassard.

Avec la collaboration des Forces armées canadiennes, 141 couvertures, une centaine de bonnets et de tuques, près de 50 foulards et 82 chandails ont pu être expédiés à des familles afghanes. Pour des raisons forts simples, cette production est avant tout destinée aux enfants: davantage de morceaux peuvent être confectionnés et «les usagers souhaitent vraiment aider les jeunes», souligne M. Brassard, avant d'ajouter que l'atelier s'affaire présentement «à la production d'un autre envoi. Il y a déjà une cinquantaine de couvertures confectionnées».

Au CRDI de Québec, on est fier du rayonnement de l'atelier. «Au fur et à mesure, les usagers prennent conscience de l'ampleur de leurs réalisations. Ça, c'est inestimable. Ils comprennent aussi qu'avec la récupération, on peut apporter quelque chose à d'autres personnes. Et bien sûr, ils en retirent un mieux-être», constate Jacques Saint-Arnaud.
 
 
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