Mort de Serge Turgeon
L'ex-président de l'Union des artistes meurt à la suite d'un interrogatoire de police
Serge Turgeon
Comédien, défenseur infatigable du droit des créateurs, président de l'Union des artistes pendant plus d'une décennie, Serge Turgeon est décédé hier dans des circonstances dignes d'une intrigue théâtrale.
M. Turgeon se trouvait dans des locaux du Service de police de la Ville de Montréal hier après-midi, près de la Place Versaille, dans l'Est de l'Île. Il avait accepté d'y rencontrer des policiers à titre de témoin dans un très nébuleux dossier de meurtre. Après quelques minutes d'interrogatoire, M. Turgeon aurait éprouvé un malaise pour ensuite être conduit vers un centre hospitalier, où son décès fut constaté vers 16h50.
Âgé de 58 ans, le comédien avait subi un arrêt cérébrovasculaire il y a quelques années. L'enquête sur le décès de M. Turgeon a été confiée à la Sûreté du Québec. Normalement, les interrogatoires de la police sont filmés.
Serge Turgeon rencontrait les policiers à titre de témoin dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Monique Gravel, retrouvée assassinée par ses deux enfants et son ex-conjoint dans sa résidence de l'arrondissement de Saint-Laurent, le 29 avril dernier. M. Turgeon aurait été un ami proche de l'enseignante de cégep de 49 ans.
Début mai, la police de Montréal demandait l'aide de la population afin de trouver des pistes d'enquête pour résoudre ce meurtre. Le commandant André Bouchard, de la section des crimes majeurs, avait alors admis que ses services ne possédaient aucun indice pouvant permettre de découvrir l'auteur de l'homicide.
Le commandant Bouchard laissait aussi entendre que tout était inhabituel dans ce dossier. Selon le policier, un sentiment de haine aurait été à l'origine du crime et il n'y avait aucune introduction par effraction dans le domicile de Mme Gravel. L'enquêteur espérait que quelqu'un ait vu un suspect quitter sa résidence avec le véhicule de la victime, abandonné dans le secteur Cartierville après le crime.
Il faut le redire: dans cette affaire, M. Turgeon rencontrait hier les policiers à titre de simple témoin volontaire, et non comme suspect. N'empêche, le stress s'accumulait sur cet homme fragilisé par une santé chancelante. Il assumait maintenant seul la direction du Théâtre du Rideau Vert (TRV), au prise avec de très graves problèmes financiers. Le TRV a été obligé d'emprunter plus d'un million de dollars au cours des derniers mois pour faire face à ses obligations. Sa prochaine saison régulière a été annulée et un comité d'experts devrait remettre dans quelques mois un projet de refonte complet de l'établissement fondé il y a plus de 55 ans.
Serge Turgeon lui-même ne montait plus sur les planches. Sa carrière de comédien s'est essentiellement déroulée à la télévision, avec plusieurs rôles dans des téléromans populaires comme Les Belles Histoires des pays d'en haut, Rue des pignons, Terre humaine et Entre chien et loup.
Il aura davantage laissé sa marque en tant que président de l'Union des artistes (UdA). Il avait mené une bataille importante pour la reconnaissance légale du statut de l'artiste, mais aussi pour la constitution de certaines institutions importantes, dont le Conseil des arts et des lettres du Québec et la Caisse d'économie de la culture.
Il avait aussi participé à plusieurs consultations sur des questions culturelles au sein de comités formés par les trois ordres de gouvernement. Il avait notamment été nommé représentant du milieu culturel auprès de la commission Bélanger-Campeau. Élu une première fois en 1985 à la tête de l'UdA, Serge Turgeon a occupé ce poste pendant 13 années consécutives. «Il faut parler d'une lourde et triste perte pour le milieu de la culture et le Québec dans son entier», a déclaré hier son successeur à la présidence de l'Union, le comédien Pierre Curzi.
M. Turgeon se trouvait dans des locaux du Service de police de la Ville de Montréal hier après-midi, près de la Place Versaille, dans l'Est de l'Île. Il avait accepté d'y rencontrer des policiers à titre de témoin dans un très nébuleux dossier de meurtre. Après quelques minutes d'interrogatoire, M. Turgeon aurait éprouvé un malaise pour ensuite être conduit vers un centre hospitalier, où son décès fut constaté vers 16h50.
Âgé de 58 ans, le comédien avait subi un arrêt cérébrovasculaire il y a quelques années. L'enquête sur le décès de M. Turgeon a été confiée à la Sûreté du Québec. Normalement, les interrogatoires de la police sont filmés.
Serge Turgeon rencontrait les policiers à titre de témoin dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Monique Gravel, retrouvée assassinée par ses deux enfants et son ex-conjoint dans sa résidence de l'arrondissement de Saint-Laurent, le 29 avril dernier. M. Turgeon aurait été un ami proche de l'enseignante de cégep de 49 ans.
Début mai, la police de Montréal demandait l'aide de la population afin de trouver des pistes d'enquête pour résoudre ce meurtre. Le commandant André Bouchard, de la section des crimes majeurs, avait alors admis que ses services ne possédaient aucun indice pouvant permettre de découvrir l'auteur de l'homicide.
Le commandant Bouchard laissait aussi entendre que tout était inhabituel dans ce dossier. Selon le policier, un sentiment de haine aurait été à l'origine du crime et il n'y avait aucune introduction par effraction dans le domicile de Mme Gravel. L'enquêteur espérait que quelqu'un ait vu un suspect quitter sa résidence avec le véhicule de la victime, abandonné dans le secteur Cartierville après le crime.
Il faut le redire: dans cette affaire, M. Turgeon rencontrait hier les policiers à titre de simple témoin volontaire, et non comme suspect. N'empêche, le stress s'accumulait sur cet homme fragilisé par une santé chancelante. Il assumait maintenant seul la direction du Théâtre du Rideau Vert (TRV), au prise avec de très graves problèmes financiers. Le TRV a été obligé d'emprunter plus d'un million de dollars au cours des derniers mois pour faire face à ses obligations. Sa prochaine saison régulière a été annulée et un comité d'experts devrait remettre dans quelques mois un projet de refonte complet de l'établissement fondé il y a plus de 55 ans.
Serge Turgeon lui-même ne montait plus sur les planches. Sa carrière de comédien s'est essentiellement déroulée à la télévision, avec plusieurs rôles dans des téléromans populaires comme Les Belles Histoires des pays d'en haut, Rue des pignons, Terre humaine et Entre chien et loup.
Il aura davantage laissé sa marque en tant que président de l'Union des artistes (UdA). Il avait mené une bataille importante pour la reconnaissance légale du statut de l'artiste, mais aussi pour la constitution de certaines institutions importantes, dont le Conseil des arts et des lettres du Québec et la Caisse d'économie de la culture.
Il avait aussi participé à plusieurs consultations sur des questions culturelles au sein de comités formés par les trois ordres de gouvernement. Il avait notamment été nommé représentant du milieu culturel auprès de la commission Bélanger-Campeau. Élu une première fois en 1985 à la tête de l'UdA, Serge Turgeon a occupé ce poste pendant 13 années consécutives. «Il faut parler d'une lourde et triste perte pour le milieu de la culture et le Québec dans son entier», a déclaré hier son successeur à la présidence de l'Union, le comédien Pierre Curzi.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

