Avec le surplus de lisier détruit par enfouissement - Les élevages porcins auraient le champ libre
L'autorisation accordée récemment aux producteurs de porc de détruire — vraisemblablement par enfouissement — leur surplus de lisier lève l'ultime frein à l'expansion des élevages, affirme l'Union québécoise de la conservation de la nature (UQCN). Même si le traitement des lisiers et l'enfouissement de leurs résidus fertilisants indésirables, comme le phosphore, apparaissent comme une solution attrayante au premier coup d'oeil, cette dernière ne fait que déplacer le problème et risque d'avoir de sérieuses répercussions tant financières qu'environnementales sur les communautés rurales et la structure des entreprises agricoles.
Il faut d'abord savoir que la taille des élevages porcins (le nombre de bêtes) est limitée par la surface des sols disponibles pour l'épandage des lisiers générés par l'élevage, et par la capacité de ces sols à les absorber et les recycler. Un sol pauvre pourra en effet recevoir davantage de déjections animales qu'un sol ayant été enrichi pendant plusieurs années.
Ainsi, lorsque les terres d'un agriculteur arrivent à saturation, celui-ci n'a plus d'autres choix que de créer d'autres terres d'épandage, notamment en déboisant ses forêts, ou de soumettre les déjections animales à un traitement capable d'extraire les éléments fertilisants, comme le phosphore, qui sont en excédent dans les sols de nombreuses entreprises agricoles. On prévoit ensuite d'offrir ces résidus à d'autres secteurs d'activité que l'agriculture, où on leur trouvera d'autres usages.
«Actuellement, il n'existe cependant pas d'études qui proposent des perspectives réalistes d'utilisation de ces résidus de traitement. De plus, ces résidus s'ajouteront aux quantités toujours croissantes de matières résiduelles fertilisantes provenant des boues d'usines d'épuration et des papetières auxquelles nous sommes déjà confrontés», déclare Roch Bibeau, président de la Commission agriculture de l'UQCN.
Or, le 15 juin dernier, le ministère de l'Environnement du Québec mettait en application le nouveau règlement sur les exploitations agricoles, qui permet désormais aux producteurs agricoles de procéder à la «destruction pure et simple» de ces éléments fertilisants en surplus auxquels on n'aurait pas trouvé de débouchés.
«On a ouvert cette opportunité de façon relativement improvisée pour gérer un problème à court terme, qui était celui de la croissance, critique Roch Bibeau. Le public accueille avec enthousiasme cette solution qui laisse entrevoir la disparition de cette matière malodorante et encombrante par prestidigitation. Cette disparition apparente du coût environnemental des lisiers se traduit toutefois par des coûts énergétiques et financiers de transport et de transformation significatifs. Il s'agit d'un déplacement des problèmes appréhendés plutôt qu'une réelle solution.»
En effet, il faudra prévoir l'organisation d'un important transport routier vers les sites de traitement, et par conséquent une circulation accrue dans les zones concernées. Il est également fort probable qu'on assiste à une concentration des unités d'élevage près des infrastructures de traitement et, de ce fait, à une production dite «industrielle» de cette activité agricole au Québec. Dans un tel contexte, «on peut donc imaginer que les petites entreprises auront du mal à avoir accès à ces technologies de traitement particulièrement coûteuses», ajoute Roch Bibeau.
Cette nouvelle donne dans la gestion des lisiers porcins abolit donc la contrainte associée à la surface d'épandage disponible, et par conséquent donne libre cours à la croissance de l'industrie. «Au cours des dernières années, nous avons assisté à une croissance voisinant les 4 à 7 % par année. On peut désormais envisager que l'on puisse atteindre une expansion annuelle atteignant les 10 à 15 %», précise-t-il.
Or, la «surreprésentation» des élevages porcins favorisera les monocultures de maïs, lesquelles induiront l'érosion des sols ainsi que leur appauvrissement. Autant de retombées à long terme sur les communautés rurales et la production agricole en général que le gouvernement aurait dû évaluer avant d'opter pour cette solution de facilité qui ne fait disparaître le problème qu'en apparence...
Il faut d'abord savoir que la taille des élevages porcins (le nombre de bêtes) est limitée par la surface des sols disponibles pour l'épandage des lisiers générés par l'élevage, et par la capacité de ces sols à les absorber et les recycler. Un sol pauvre pourra en effet recevoir davantage de déjections animales qu'un sol ayant été enrichi pendant plusieurs années.
Ainsi, lorsque les terres d'un agriculteur arrivent à saturation, celui-ci n'a plus d'autres choix que de créer d'autres terres d'épandage, notamment en déboisant ses forêts, ou de soumettre les déjections animales à un traitement capable d'extraire les éléments fertilisants, comme le phosphore, qui sont en excédent dans les sols de nombreuses entreprises agricoles. On prévoit ensuite d'offrir ces résidus à d'autres secteurs d'activité que l'agriculture, où on leur trouvera d'autres usages.
«Actuellement, il n'existe cependant pas d'études qui proposent des perspectives réalistes d'utilisation de ces résidus de traitement. De plus, ces résidus s'ajouteront aux quantités toujours croissantes de matières résiduelles fertilisantes provenant des boues d'usines d'épuration et des papetières auxquelles nous sommes déjà confrontés», déclare Roch Bibeau, président de la Commission agriculture de l'UQCN.
Or, le 15 juin dernier, le ministère de l'Environnement du Québec mettait en application le nouveau règlement sur les exploitations agricoles, qui permet désormais aux producteurs agricoles de procéder à la «destruction pure et simple» de ces éléments fertilisants en surplus auxquels on n'aurait pas trouvé de débouchés.
«On a ouvert cette opportunité de façon relativement improvisée pour gérer un problème à court terme, qui était celui de la croissance, critique Roch Bibeau. Le public accueille avec enthousiasme cette solution qui laisse entrevoir la disparition de cette matière malodorante et encombrante par prestidigitation. Cette disparition apparente du coût environnemental des lisiers se traduit toutefois par des coûts énergétiques et financiers de transport et de transformation significatifs. Il s'agit d'un déplacement des problèmes appréhendés plutôt qu'une réelle solution.»
En effet, il faudra prévoir l'organisation d'un important transport routier vers les sites de traitement, et par conséquent une circulation accrue dans les zones concernées. Il est également fort probable qu'on assiste à une concentration des unités d'élevage près des infrastructures de traitement et, de ce fait, à une production dite «industrielle» de cette activité agricole au Québec. Dans un tel contexte, «on peut donc imaginer que les petites entreprises auront du mal à avoir accès à ces technologies de traitement particulièrement coûteuses», ajoute Roch Bibeau.
Cette nouvelle donne dans la gestion des lisiers porcins abolit donc la contrainte associée à la surface d'épandage disponible, et par conséquent donne libre cours à la croissance de l'industrie. «Au cours des dernières années, nous avons assisté à une croissance voisinant les 4 à 7 % par année. On peut désormais envisager que l'on puisse atteindre une expansion annuelle atteignant les 10 à 15 %», précise-t-il.
Or, la «surreprésentation» des élevages porcins favorisera les monocultures de maïs, lesquelles induiront l'érosion des sols ainsi que leur appauvrissement. Autant de retombées à long terme sur les communautés rurales et la production agricole en général que le gouvernement aurait dû évaluer avant d'opter pour cette solution de facilité qui ne fait disparaître le problème qu'en apparence...
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