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Crise du 1er juillet - Pas facile de trouver un logement, encore moins pour un réfugié

«Pour un immigrant de race noire qui a des enfants, la difficulté est au cube», selon le Centre social d'aide aux immigrants

Si la recherche d'un logement constitue une tâche ardue pour les plus démunis, elle l'est tout autant, sinon davantage, pour les immigrants et les réfugiés, qui ne sont pas épargnés par la crise du 1er juillet.

Depuis quelques semaines, le YMCA du centre-ville de Montréal affiche complet. L'organisme ne suffit pas à la demande et héberge actuellement quelque 500 revendicateurs du statut de réfugié dont le séjour doit parfois être prolongé compte tenu de la difficulté qu'ils ont à trouver un logement.

Les employés du Centre social d'aide aux immigrants, chargé de trouver des logements pour bon nombre de réfugiés hébergés au YMCA, ont bien des maux de tête ces temps-ci car le défi est difficile à relever cette année.

«La crise du logement a commencé bien avant le mois de juillet, indique Lorette Langlais, directrice du centre. En fait, elle a commencé en janvier 2000 à la suite de l'arrivée des Kosovars. Beaucoup d'entre eux sont repartis et cela a déçu de nombreux propriétaires. En plus, le problème est amplifié par un taux d'inoccupation très bas.»

Choix restreint

La pénurie de logements force les intervenants du centre à consacrer deux ou trois fois plus de temps qu'auparavant à la recherche d'un logement pour leurs protégés et le choix est fort restreint pour les familles nombreuses, les cinq et demi étant une denrée extrêmement rare. «Dans les années 80 et 90, on avait la possibilité de choisir, ce qu'on ne peut plus faire. Quand on en trouve un, on le prend.»

Les immigrants doivent ainsi affronter plusieurs obstacles pour se trouver un logis. «Pour un immigrant de race noire et qui, en plus, a des enfants, la difficulté est au cube», ajoute Mme Langlais.

Discrimination

«C'est difficile avec les immigrants parce que les propriétaires font de la discrimination. Dès qu'ils savent que nous appelons du Centre d'aide aux immigrants, plusieurs d'entre eux affirment qu'ils n'ont plus de logement à louer. Ils voient la provenance de l'appel sur l'afficheur», relate-t-elle. Et ils sont exigeants; certains réclament le paiement d'un an de loyer à l'avance, d'autres veulent consulter le dossier de crédit des candidats, une condition impossible à remplir pour les réfugiés qui viennent d'arriver

au pays.

Des alliés

Heureusement, le Centre d'aide peut compter sur des alliés, des propriétaires qui chaque année sont disposés à leur offrir des logements. Il s'agit principalement des propriétaires d'immeubles locatifs dans différents secteurs de la ville.

Les revendicateurs du statut de réfugié font parfois la fine bouche, certains étant habitués de vivre dans de vastes demeures. «Ils oublient qu'avec l'aide sociale, ils ne peuvent pas avoir n'importe quoi, surtout dans la situation actuelle. On leur dit que ce n'est pas pour la vie. Au Québec, on déménage! Mais il y en a qui ne comprennent pas ça.»

Logements temporaires

Mme Langlais rêve du jour où la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) réservera des logements temporaires pour la clientèle immigrante.

De son côté, François Saillant, coordonnateur du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), réclame depuis des années que les revendicateurs du statut de réfugié aient accès au logement social.

Par ailleurs, les sans-logis hébergés par la Ville de Montréal depuis une semaine à la polyvalente Saint-Henri ont quitté les lieux hier en fin d'après-midi. Du groupe initial, quatre familles et quatre personnes seules n'avaient toujours pas trouvé de logement.

Une mère et son enfant handicapé ont déménagé temporairement dans une ancienne résidence pour personnes âgées, une autre famille a été prise en charge par la maison la Dauphinelle et les autres familles devaient être accueillies par les Soeurs grises. Deux des personnes seules ont dû trouver refuge à l'Armée du salut.
 
 
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