À peine rentré, Fadi Fadel ne songe qu'à retourner en Irak
Photo : Jacques Nadeau
Fadi Fadel est entouré de son père et de sa mère, Romeida et Ihsam Fadel.
Sous l'aile protectrice de sa famille, bien mis et détendu, Fadi Fadel était tout sourire hier alors qu'il rencontrait les médias pour leur raconter les détails de son enlèvement. L'amertume, la peur, la colère, rien ne paraissait avoir de prise sur le travailleur humanitaire, qui a passé neuf jours séquestré à Najaf. Les pieds bien ancrés à Laval, son esprit, déjà, pensait à son retour prochain en Irak.
Enlevé le 7 avril dernier, Fadi Fadel a d'abord tenu à préciser que la vidéo diffusée par les stations de télévision arabes où il s'était lui-même présenté comme étant Ahmad Yasin Tikati, d'origine israélienne, était trafiquée. «Ce n'est pas ma voix que l'on entend. Je n'ai rien dit de ce qui a été diffusé», a-t-il dit avec calme, tandis que ses parents opinaient de la tête.
Les ravisseurs du travailleur humanitaire ont en effet maintes fois tenté de le convaincre d'«avouer» qu'il était un agent israélien. Il s'y est longtemps refusé mais a fini par le faire, sous la menace du fusil. «Ils m'ont dit: "Il faut que tu dises que tu es quelqu'un d'important et que tu es israélien." [...] J'ai refusé de le dire, mais quand ils ont pointé leur arme sur moi et enfoncé le cran d'arrêt, j'ai craqué», a expliqué M. Fadel, toujours imperturbable.
Pendant sa séquestration, Fadi Fadel a subi deux interrogatoires musclés. Le premier a suivi immédiatement son enlèvement, opéré dans la nuit par un groupe d'hommes inconnus. Ses ravisseurs lui ont alors attaché les mains derrière le dos et l'ont interrogé pendant 48 heures, lui enjoignant de dévoiler son «statut» d'espion israélien. «Ils m'ont donné des coups de pied, frappé avec un tuyau et brûlé la nuque avec des cigarettes», a-t-il raconté.
Le second interrogatoire a eu lieu quelques jours plus tard. Nerveux, les geôliers ont alors changé leur tactique. Délaissant les coups, ils ont sorti les armes et tiré tout autour de leur otage. C'est seulement à ce moment que le travailleur de l'International Rescue Committee a flanché. «Je pensais mourir, j'avais peur.» Rétrospectivement pourtant, Fadi Fadel refuse de dire qu'il a été torturé. Maltraité lui semblerait plus juste. «Ils ne voulaient pas me faire du mal, je crois. Ils ne voulaient que me terroriser», a-t-il lancé, visiblement mal à l'aise.
Interrogé sur l'identité de ses ravisseurs, le travailleur humanitaire s'est dit presque certain que ceux-ci étaient irakiens. Quant à leur appartenance ou allégeance, Fadi Fadel s'est dit incapable de les identifier. «J'ignore qui ils sont. C'étaient des jeunes hommes, de 20-25 ans, brutaux, bruyants et désorganisés», a-t-il expliqué.
Puis, le 16 avril, il a été libéré sans explications. «Au début, je n'ai pas cru à ma libération, a raconté M. Fadel. Ils m'ont mis dans une auto et m'ont amené dans un cimetière de Najaf, un immense cimetière. J'ai eu peur. [...] Il y a eu des discussions intenses, des balles ont fusé, j'ai cru que c'était la fin.» Il a alors été conduit au bureau d'un chef religieux à Najaf, puis à Amman, en Jordanie. Mardi, il posait enfin les pieds à Montréal, soulagé.
Hier, il pensait déjà à retourner en Irak afin de poursuivre le travail qu'il a commencé. «Ce fut une expérience mémorable», a-t-il dit en évoquant son «devoir». «Je crois que nous pouvons bâtir la démocratie», a-t-il dit. Selon lui, les Irakiens sont prêts à l'accueillir, il ne leur manque que les outils.
Sa mère insiste toutefois pour qu'un éventuel retour soit accompagné d'une plus grande sécurité. «C'est de l'égoïsme, mais j'ai peur. Sans lui, sans son frère, on ne peut pas vivre», a-t-elle dit avant d'ajouter que la décision lui revenait. «Son bonheur fait le mien.»
Invité à commenter l'enlèvement d'un ressortissant canadien d'origine irakienne, Rifaat Mohamed Rifaat, Fadi Fadel a invité sa famille et ses proches à s'armer de patience et à croire. «Je leur conseille d'être patient et de prier.» Porté disparu depuis le 8 avril, le Torontois serait toujours en vie.
Enlevé le 7 avril dernier, Fadi Fadel a d'abord tenu à préciser que la vidéo diffusée par les stations de télévision arabes où il s'était lui-même présenté comme étant Ahmad Yasin Tikati, d'origine israélienne, était trafiquée. «Ce n'est pas ma voix que l'on entend. Je n'ai rien dit de ce qui a été diffusé», a-t-il dit avec calme, tandis que ses parents opinaient de la tête.
Les ravisseurs du travailleur humanitaire ont en effet maintes fois tenté de le convaincre d'«avouer» qu'il était un agent israélien. Il s'y est longtemps refusé mais a fini par le faire, sous la menace du fusil. «Ils m'ont dit: "Il faut que tu dises que tu es quelqu'un d'important et que tu es israélien." [...] J'ai refusé de le dire, mais quand ils ont pointé leur arme sur moi et enfoncé le cran d'arrêt, j'ai craqué», a expliqué M. Fadel, toujours imperturbable.
Pendant sa séquestration, Fadi Fadel a subi deux interrogatoires musclés. Le premier a suivi immédiatement son enlèvement, opéré dans la nuit par un groupe d'hommes inconnus. Ses ravisseurs lui ont alors attaché les mains derrière le dos et l'ont interrogé pendant 48 heures, lui enjoignant de dévoiler son «statut» d'espion israélien. «Ils m'ont donné des coups de pied, frappé avec un tuyau et brûlé la nuque avec des cigarettes», a-t-il raconté.
Le second interrogatoire a eu lieu quelques jours plus tard. Nerveux, les geôliers ont alors changé leur tactique. Délaissant les coups, ils ont sorti les armes et tiré tout autour de leur otage. C'est seulement à ce moment que le travailleur de l'International Rescue Committee a flanché. «Je pensais mourir, j'avais peur.» Rétrospectivement pourtant, Fadi Fadel refuse de dire qu'il a été torturé. Maltraité lui semblerait plus juste. «Ils ne voulaient pas me faire du mal, je crois. Ils ne voulaient que me terroriser», a-t-il lancé, visiblement mal à l'aise.
Interrogé sur l'identité de ses ravisseurs, le travailleur humanitaire s'est dit presque certain que ceux-ci étaient irakiens. Quant à leur appartenance ou allégeance, Fadi Fadel s'est dit incapable de les identifier. «J'ignore qui ils sont. C'étaient des jeunes hommes, de 20-25 ans, brutaux, bruyants et désorganisés», a-t-il expliqué.
Puis, le 16 avril, il a été libéré sans explications. «Au début, je n'ai pas cru à ma libération, a raconté M. Fadel. Ils m'ont mis dans une auto et m'ont amené dans un cimetière de Najaf, un immense cimetière. J'ai eu peur. [...] Il y a eu des discussions intenses, des balles ont fusé, j'ai cru que c'était la fin.» Il a alors été conduit au bureau d'un chef religieux à Najaf, puis à Amman, en Jordanie. Mardi, il posait enfin les pieds à Montréal, soulagé.
Hier, il pensait déjà à retourner en Irak afin de poursuivre le travail qu'il a commencé. «Ce fut une expérience mémorable», a-t-il dit en évoquant son «devoir». «Je crois que nous pouvons bâtir la démocratie», a-t-il dit. Selon lui, les Irakiens sont prêts à l'accueillir, il ne leur manque que les outils.
Sa mère insiste toutefois pour qu'un éventuel retour soit accompagné d'une plus grande sécurité. «C'est de l'égoïsme, mais j'ai peur. Sans lui, sans son frère, on ne peut pas vivre», a-t-elle dit avant d'ajouter que la décision lui revenait. «Son bonheur fait le mien.»
Invité à commenter l'enlèvement d'un ressortissant canadien d'origine irakienne, Rifaat Mohamed Rifaat, Fadi Fadel a invité sa famille et ses proches à s'armer de patience et à croire. «Je leur conseille d'être patient et de prier.» Porté disparu depuis le 8 avril, le Torontois serait toujours en vie.
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