Les héritiers de Micheline Charest devront faire face aux poursuites judiciaires
16 avril 2004
Actualités en société
La succession de Micheline Charest devra vraisemblablement faire face aux poursuites déposées contre elle par Cinar ainsi que par le dessinateur Claude Robinson, estiment des avocats consultés par la Presse canadienne.
La fondatrice de la maison de production d'émissions pour enfants est décédée mercredi à l'âge de 51 ans après une chirurgie esthétique qui a mal tourné. Elle laisse dans le deuil son conjoint et associé en affaires, Ronald Weinberg, ainsi que deux fils adultes.
Au moment de son décès, Micheline Charest et son mari étaient notamment visés par une poursuite de 28,6 millions intentée par leur ancienne boîte ainsi que par une autre poursuite de plus de deux millions déposée par M. Robinson, qui les accuse de plagiat.
Ces procédures suivront probablement leur cours normal, a expliqué l'avocat Sylvain Lussier, spécialiste des litiges chez Desjardins Ducharme, à Montréal. «C'est la succession qui devient responsable des dettes ou qui profite des gains.»
Les audiences devant le tribunal pourraient avoir lieu en son absence, a-t-il précisé. «Ce sont les liquidateurs, généralement désignés par testament, qui s'occupent de ça.»
Le Code civil permet en effet de remplacer dans la poursuite le nom de la personne décédée par celui du responsable de sa succession. Cette procédure s'appelle une déclaration de changement d'état.
Me Marc-André Blanchard, qui représente Claude Robinson, a confirmé: «Le décès de Mme Charest ne change strictement rien à notre position juridique. Il n'y a aucune raison d'abandonner ou de mettre fin aux procédures.» La poursuite du dessinateur (qui affirme avoir eu l'idée du personnage de Robinson Sucroé) est sur le point d'être présentée en cour.
En se portant acquéreur de Cinar, en février dernier, le Torontois Michael Hirsch et ses partenaires se sont engagés à mener à terme toutes les procédures judiciaires auxquelles Cinar est mêlée et à verser une partie de leur produit net aux anciens actionnaires.
Le porte-parole Alex Radmanovitch a rappelé que toutes les poursuites qui concernent Micheline Charest touchent aussi son mari. «En ce sens, je ne vois pas en quoi sa mort changerait les choses pour nous.»
Réactions
Malgré la tourmente provoquée par les scandales financiers et juridiques entourant son entreprise, la femme d'affaires conservait plusieurs amis et alliés.
Ainsi, l'investisseur texan Robert Chapman, qui s'est battu pendant des mois pour obtenir la démission du conseil d'administration de Cinar et accélérer la vente de l'entreprise, a laissé savoir qu'il ferait le voyage jusqu'à Montréal pour prendre part à l'hommage funéraire.
«C'était une femme d'affaires exceptionnelle, qui a malheureusement confié ses finances — et sa vie — aux mauvaises personnes», a-t-il déclaré lors d'un entretien téléphonique.
L'Américain Stuart Snyder, qui dirigeait Cinar jusqu'à sa vente au groupe Hirsch, le mois dernier, a pour sa part souligné la passion, la créativité et les talents de négociatrice de Micheline Charest.
La fondatrice de la maison de production d'émissions pour enfants est décédée mercredi à l'âge de 51 ans après une chirurgie esthétique qui a mal tourné. Elle laisse dans le deuil son conjoint et associé en affaires, Ronald Weinberg, ainsi que deux fils adultes.
Au moment de son décès, Micheline Charest et son mari étaient notamment visés par une poursuite de 28,6 millions intentée par leur ancienne boîte ainsi que par une autre poursuite de plus de deux millions déposée par M. Robinson, qui les accuse de plagiat.
Ces procédures suivront probablement leur cours normal, a expliqué l'avocat Sylvain Lussier, spécialiste des litiges chez Desjardins Ducharme, à Montréal. «C'est la succession qui devient responsable des dettes ou qui profite des gains.»
Les audiences devant le tribunal pourraient avoir lieu en son absence, a-t-il précisé. «Ce sont les liquidateurs, généralement désignés par testament, qui s'occupent de ça.»
Le Code civil permet en effet de remplacer dans la poursuite le nom de la personne décédée par celui du responsable de sa succession. Cette procédure s'appelle une déclaration de changement d'état.
Me Marc-André Blanchard, qui représente Claude Robinson, a confirmé: «Le décès de Mme Charest ne change strictement rien à notre position juridique. Il n'y a aucune raison d'abandonner ou de mettre fin aux procédures.» La poursuite du dessinateur (qui affirme avoir eu l'idée du personnage de Robinson Sucroé) est sur le point d'être présentée en cour.
En se portant acquéreur de Cinar, en février dernier, le Torontois Michael Hirsch et ses partenaires se sont engagés à mener à terme toutes les procédures judiciaires auxquelles Cinar est mêlée et à verser une partie de leur produit net aux anciens actionnaires.
Le porte-parole Alex Radmanovitch a rappelé que toutes les poursuites qui concernent Micheline Charest touchent aussi son mari. «En ce sens, je ne vois pas en quoi sa mort changerait les choses pour nous.»
Réactions
Malgré la tourmente provoquée par les scandales financiers et juridiques entourant son entreprise, la femme d'affaires conservait plusieurs amis et alliés.
Ainsi, l'investisseur texan Robert Chapman, qui s'est battu pendant des mois pour obtenir la démission du conseil d'administration de Cinar et accélérer la vente de l'entreprise, a laissé savoir qu'il ferait le voyage jusqu'à Montréal pour prendre part à l'hommage funéraire.
«C'était une femme d'affaires exceptionnelle, qui a malheureusement confié ses finances — et sa vie — aux mauvaises personnes», a-t-il déclaré lors d'un entretien téléphonique.
L'Américain Stuart Snyder, qui dirigeait Cinar jusqu'à sa vente au groupe Hirsch, le mois dernier, a pour sa part souligné la passion, la créativité et les talents de négociatrice de Micheline Charest.
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