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    Les mots de l'année (2/6): «#MoiAussi, #MeToo», un mot-clic pour balancer son porc

    Le mot-clic #MeToo, relancé dans la foulée des révélations des agressions perpétrées par Harvey Weinstein, a été repris plus de trois millions de fois sur Twitter et plus de 100 000 fois au Canada.
    Image: Le Devoir Le mot-clic #MeToo, relancé dans la foulée des révélations des agressions perpétrées par Harvey Weinstein, a été repris plus de trois millions de fois sur Twitter et plus de 100 000 fois au Canada.

    Un réseau social peut en nourrir un autre. L’expression « MeToo » (MoiAussi) a été créée en 2006 par la militante féministe Tarana Burke sur le site MySpace, maintenant basculé dans les oubliettes du réseautage social en ligne.

     

    Mme Burke le proposait aux femmes racisées et violentées cherchant de l’empathie. La formule lui est venue à l’esprit après avoir reçu les confidences d’une adolescente agressée sexuellement.

     

    L’actrice Alyssa Milano a relancé le mot de ralliement à la mi-octobre, dans la foulée des révélations sur l’ampleur des agressions perpétrées par le magnat du cinéma Harvey Weinstein. Elle appelait les femmes harcelées ou agressées à l’employer pour faire prendre conscience de l’ampleur de l’épidémie. Elle aurait aussi bien pu choisir le mot d’ordre #BeenRapedNeverReported (#AgresssionNonDénoncée) créé en 2014 par la journaliste montréalaise Sue Montgomery, maintenant mairesse de l’arrondissement de CDN-NDG.

     

    Le New York Times et The New Yorker Magazine ont lâché les premières bombes début octobre et fait éclater d’un coup la réputation du célèbre producteur Weinstein. Au total, plus de 100 femmes, dont plusieurs mégavedettes, ont dit avoir été violées ou harcelées par Harvey Weinstein.

     

    Phénomène mondial

     

    Les langues puis les doigts se sont vite déliés. Il a suffi de 24 heures pour que #MeToo soit repris plus de 4,7 millions de fois sur Facebook. Le mot-clic a été repris plus de trois millions de fois sur Twitter et plus de 100 000 fois au Canada.

     

    L’activisme du mot dièse fédère un mouvement mondial. Les Italiennes utilisent #QuellaVoltaChe (#LaFoisOù) et les Israéliennes une formule en hébreu signifiant #NousAussi. Sur Wikipédia, les articles #MeToo (en anglais) et #BalanceTonPorc (en français) se correspondent, comme des équivalences. Les encyclopédies en allemand, en néerlandais, en suédois, en danois et même en hongrois ont conservé le #MeToo.

     

    La page #BalanceTonPorc prend aussi le soin de préciser que le Canada francophone opte pour #MoiAussi. Ici, le mouvement alimenté par les enquêtes journalistiques a vite emporté plusieurs vedettes et personnalités publiques, dont Gilbert Rozon, Éric Salvail et Michel Brûlé.

     

    La déferlante de dénonciations a forcé des services de police à offrir des services spéciaux de réception des plaintes. Les centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) ont vu les appels à l’aide multipliés par six en dix jours.

     

    Il y a quelques jours, le groupe Merria-Webster et son célèbre dictionnaire désignaient « féminisme » comme mot de l’année aux États-Unis, pas au sens originel de 1841 évoquant la « qualité des femmes », mais bien « l’activité organisée au nom du droit des femmes et de leurs intérêts » et bien sûr la théorie de l’égalité des sexes.

     

    Il aura fallu que des femmes riches et célèbres montent au créneau pour créer une vague de dénonciations féministes, résumait l’actrice Jane Fonda dans une tribune diffusée par le magazine de gauche The Nation il y a quelques jours. Un mouvement social peut donc en nourrir un autre.

     

    « Aujourd’hui, nous cherchons des solutions pour toutes les femmes, ajoute la célèbre comédienne militante. Maintenant, il est temps d’aller de #MoiAussi à #PlusJamais. Ça va prendre du temps. Il faudra que les femmes s’appuient les unes les autres par-delà les divisions de race, de classe, de capacité, de religion et d’orientation sexuelle. Mais si le problème du harcèlement sexuel concerne le pouvoir, sa solution aussi. Et notre pouvoir grandit avec chaque manifestation de solidarité. »













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