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    Un projet de musée d’aviation à Saint-Hubert

    Le premier avion restauré sera un appareil vétéran du débarquement de Normandie

    Un groupe de passionnés entend faire d’un vieil appareil Douglas DC-3 le cœur d’un futur petit musée de l’aviation près de l’aéroport de Saint-Hubert.
    Photo: Jean-François Nadeau Le Devoir Un groupe de passionnés entend faire d’un vieil appareil Douglas DC-3 le cœur d’un futur petit musée de l’aviation près de l’aéroport de Saint-Hubert.

    Un avion qui a participé aux opérations du débarquement de Normandie en 1944 et qui fut par la suite un des premiers appareils de la compagnie Trans-Canada Airlines — l’ancêtre d’Air Canada — constitue le coeur d’un nouveau projet de musée voué à l’aviation. L’appareil est pour l’instant accueilli dans un ancien hangar de Pratt Whitney, aux abords de l’aéroport de Saint-Hubert.

     

    À 23 heures, au soir du 5 juin 1944, cet appareil DC-3 traverse la Manche. Les Anglais ont rebaptisé ce modèle du nom de Dakota. À la veille du plus grand débarquement militaire, il survole la Normandie, dans les environs de Bayeux. Il a en quelque sorte pour mission de faire diversion. Une mission dangereuse.

     

    Dans sa carlingue fragile, un assemblage de tôles et de toiles, une vingtaine de parachutistes sont au coude-à-coude, nerveux comme on s’en doute. L’appareil est tout neuf. Il vient d’être terminé, en début d’année, à Oklahoma City. Puis a été transporté par bateau comme des centaines d’autres jusqu’en Angleterre. Les unités de la Royal Air Force, la RAF, en font grand usage.

     

    « Mais sitôt la guerre terminée, l’Angleterre ne sait plus quoi faire de tous ces appareils dont elle n’a plus besoin », explique Benoit de Mulder, le président d’Avialogs, une association sans but lucratif qui a récupéré l’avion. Le vieil appareil se détériorait peu à peu, laissé à l’abandon depuis plus de vingt ans. C’est autour de lui qu’Avialog développe un projet de musée, animé par la passion combinée de plusieurs dizaines d’amoureux de l’histoire de l’air.

     

    « Cet appareil est important pour l’histoire de Montréal. Après la guerre, l’avionneur montréalais Canadair va se rendre aux États-Unis pour racheter le matériel de production des DC-3. Tout ça arrive à Montréal par train. Puis, on va aller en Angleterre pour racheter des appareils de l’armée, dont celui-là. »

     

    Les avions militaires y sont modifiés à Cartierville. « Trans-Canada Airlines va acheter d’abord une cinquantaine d’appareils du genre. Il en reste très peu. »

     

    Un crime

     

    Le transport aérien au Canada va se développer à l’aide de ces anciens appareils militaires. En 1949, le premier attentat d’un avion civil en Amérique du Nord a lieu au Québec.

     

    C’est un DC-3, exactement comme celui-ci, qui explose en plein vol, au-dessus de Sault-au-Cochon, dans la région de Charlevoix.

     

    Le mobile du crime : une histoire d’extorsion d’argent conjuguée à une trame amoureuse abracadabrante dont l’écrivain Roger Lemelin s’inspirera brillamment pour écrire Le Crime d’Ovide Plouffe. L’attentat fait 23 morts.

     

    Pour restaurer un DC-3 et le remettre en l’état du temps où l’utilisait la Trans-Canada Airlines, il faudra compter quelques années. « Une quarantaine de bénévoles vont se mettre au travail. Plusieurs sont des retraités de Bombardier. »

     

    L’équipe compte sur la collaboration de l’École nationale d’aérotechnique (ENA), où Pierre Gillard, un des porteurs de ce projet, est aussi professeur.

     

    C’est grâce à l’ENA que ce vieux et précieux coucou a d’ailleurs pu être récupéré. L’ENA a fourni du matériel technique pour assurer le déplacement de l’appareil et certaines réparations urgentes.

     

    Ces passionnés d’histoire aérienne réunis au sein d’Avialogs profitent de la collaboration de FBO H-18, une entreprise qui permet à des propriétaires de jets privés de rallier Montréal rapidement. Une limousine les attend sitôt qu’ils posent pied au sol.

     

    Le vieux DC-3 trône donc pour l’instant au milieu d’un hangar rempli de chics appareils, tous la propriété d’hommes d’affaires ou de vedettes de passage. Céline Dion, dit un employé, est une habituée des lieux.

     

    Longue histoire

     

    Pendant la guerre, ce DC-3 d’Avialogs était attaché à l’escadron 271 de la RAF. « Il a été touché en vol par les tirs antiaériens des Allemands. Il a été réparé en Angleterre et remis en condition de voler. Il a participé à Market Garden, la plus grande opération aérienne de tous les temps », explique Benoit de Mulder.

     

    Modifié, l’appareil volera jusqu’en 1958 pour la Trans-Canada Airline. Puis, il sera utilisé par le gouvernement fédéral avant d’être définitivement abandonné.

     

    Un autre projet de restauration doit avoir lieu au même moment sur un Stinson Reliant, un appareil biplace qui servit notamment à patrouiller le long du fleuve Saint-Laurent.

     

    Avialogs espère transformer son élan en un projet éducatif capable de motiver l’enseignement aéronautique autant que la réinsertion sociale. « Idéalement, on veut s’installer près de l’aéroport de Saint-Hubert », dit de Mulder.













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