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    Un guide pour outiller les proches des victimes d’exploitation sexuelle

    5 décembre 2017 |Lia Lévesque - La Presse canadienne | Actualités en société
    Le guide explique notamment les difficultés que peut éprouver une jeune femme à dévoiler à son entourage le fait qu’elle vit de la prostitution.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le guide explique notamment les difficultés que peut éprouver une jeune femme à dévoiler à son entourage le fait qu’elle vit de la prostitution.

    Les familles et les proches de femmes oeuvrant dans l’industrie du sexe qui ne savent pas comment réagir ni quoi faire auront désormais à leur portée un guide, que vient de réaliser la CLES.

     

    La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) a dévoilé sa brochure, intitulée « Guide d’information destiné aux proches des victimes d’exploitation sexuelle — S’outiller pour mieux comprendre », lundi, lors d’une conférence de presse à Montréal.

     

    Le guide donne des outils aux parents inquiets pour déceler les signes qui pourraient indiquer que leur fille est victime d’exploitation sexuelle. Il peut s’agir de prostitution, mais aussi de danse nue, de pornographie, de massages érotiques ou autres, a noté Chantal Ismé, organisatrice communautaire à la CLES.

     

    Le guide explique par exemple les difficultés que peut éprouver une jeune femme à dévoiler à son entourage le fait qu’elle vit de la prostitution — honte, culpabilité, peur du jugement des autres, etc.

     

    Il détaille également par quels processus les jeunes femmes entrent dans ce milieu. Souvent, elles tomberont amoureuses d’un jeune homme. Dans d’autres cas, ce sera l’attrait de l’argent et du luxe, la consommation de drogues.

     

    Et, surtout, le guide donne des outils pour les aider à s’en sortir. Il arrive que les femmes soient ambivalentes. « Il n’existe pas de processus typique de sortie et, souvent, les femmes et les jeunes filles feront plusieurs tentatives avant de pouvoir quitter l’industrie du sexe », écrit-on dans le guide.

     

    On y donne des trucs pour les proches sur les bonnes attitudes à adopter face à la victime et celles qui sont à éviter. Par exemple : douter de sa parole, remettre en question ce qu’elle dit serait une attitude nuisible. Au contraire, une attitude aidante consistera à croire ce que la victime dit et à se centrer sur son vécu et sa perception.

     

    Le guide est disponible sur le Web au www.lacles.org et sera également distribué par le réseau des 50 organismes partenaires, a indiqué Diane Matte, coordonnatrice de la CLES. Le guide a été réalisé grâce à une subvention du ministère de la Justice.

     

    « Ce besoin de réaliser un tel outil est venu, entre autres, parce que, dans la pratique, depuis un an et demi ou deux, la CLES reçoit de plus en plus d’appels de proches, de mères, de pères, de frères, de soeurs qui sont un peu décontenancés, quelques fois découragés, [et qui ignorent] ce qu’ils peuvent faire pour soutenir leur fille, leur soeur, leur amie dans cette réalité », a rapporté Mme Matte.

     

    « Comme un coup de masse »

     

    Une mère dont la fille est entrée dans cette industrie à 18 ans et demi et qui y travaille encore aujourd’hui a témoigné du fait que le guide décrivait bien les signes et les processus par lesquels elle est passée.

     

    « Quand c’est arrivé, ça a été comme un coup de masse. Je ne comprenais vraiment pas. Je viens d’une bonne famille ; on n’est pas en précarité financière», a raconté la mère. Elle n’a jamais rompu les ponts avec sa fille, qui, encore aujourd’hui, banalise le tout, selon elle. Sa fille parle d’étudier à l’université. Sa mère considère qu’elle a eu de la chance, d’une certaine façon, puisque d’autres parents, avec qui elle a discuté, ont vécu des drames ou des situations encore plus graves avec leurs filles.













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