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    Doutes sur le respect de l’échéancier du nouveau pont Champlain

    Plus de 2000 pièces maîtresses de la structure du nouveau pont Champlain, importées de l’étranger, ont dû être réparées depuis l’automne 2016.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Plus de 2000 pièces maîtresses de la structure du nouveau pont Champlain, importées de l’étranger, ont dû être réparées depuis l’automne 2016.

    Au lendemain de révélations au sujet de nombreuses pièces défectueuses reçues sur le chantier du nouveau pont Champlain, de sérieux doutes sont émis sur la capacité du consortium Signature sur le Saint-Laurent (SSL) de respecter l’échéancier prévu pour la livraison du projet, qui doit être inauguré le 1er décembre prochain.

     

    Plus de 2000 pièces maîtresses de la structure, importées de l’étranger, ont dû être réparées par des travailleurs à Montréal depuis l’automne 2016, ont rapporté des médias de Québecor lundi. Parmi les anomalies observées, on compte des soudures incomplètes ou inexistantes, du béton manquant, des trous mal alignés dans l’acier ainsi que de l’acier fissuré ou poreux, entre autres.

     

    « On n’a pas de problème à faire les réparations, les gens en chantier ont la compétence pour les faire, mais ça va avoir une incidence sur l’échéancier », assure Sylvain Boivin, représentant syndical au Local 711, qui représente notamment les travailleurs en pont. M. Boivin qualifie d’« astronomique » le nombre de défauts rapportés.

     

    La grande quantité de réparations requises sur les pièces est « préoccupante » pour la sécurité de la structure, soutient pour sa part un expert en génie civil qui a requis l’anonymat. « Plus il y a de défauts, plus on court le risque de ne pas en remarquer un durant l’inspection », dit-il, ajoutant que les travailleurs subissent de la pression en raison des délais serrés.

     

    Certaines anomalies peuvent être minimes, souligne-t-il, mais d’autres, notamment dans les soudures, sont plus inquiétantes.

     

    L’entreprise espagnole Tecade a fourni les pièces qui comportent le plus grand nombre de défaillances, selon les informations de Québecor. Il s’agit de poutres-caissons, des pièces d’une longueur de 30 mètres qui doivent supporter les travées de circulation du pont.

     

    Tecade n’a pas répondu à notre demande d’entrevue. Des articles en ligne de journaux espagnols font état d’une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée en soudure au sein de l’entreprise. Le chantier du nouveau pont Champlain serait par ailleurs le plus important contrat de l’histoire de Tecade, toujours selon des médias locaux.

     

    SSL et Ottawa se font rassurants

     

    Le nouveau pont sera livré à temps, ont répété lundi le consortium et le gouvernement fédéral. Les deux partenaires misent sur la « stratégie d’accélération » qu’ils ont mise en place, et qui consiste à augmenter de 25 % la main-d’oeuvre présente sur le chantier et à ajouter des quarts de travail.

     

    Ces réparations n’entraîneront par ailleurs aucun dépassement de coûts, soutient le directeur de la coordination de SSL, Daniel Genest. « On assume la responsabilité des imprévus. » Ainsi, le chantier est toujours évalué à 4,2 milliards.

     

    Selon SSL, il est tout à fait normal que des « non-conformités » soient constatées sur un chantier d’une aussi grande envergure, d’autant plus qu’il s’agit d’un projet unique. « Chaque pièce a ses particularités, c’est normal qu’il y ait plus de problèmes que dans une chaîne de production », indique M. Genest.

     

    Un total de 3000 non-conformités a été enregistré dans le système de surveillance de SSL. Les 2000 réparations chiffrées dans les médias de Québecor représentent 82 non-conformités, ce qui n’est « absolument pas alarmant », poursuit M. Genest. « Ce qui serait inquiétant, c’est si on n’avait pas décelé ces anomalies. »

     

    Le consortium a par ailleurs assuré ne faire aucun compromis sur la sécurité. « C’est impossible » qu’une pièce défectueuse soit installée sur le nouveau pont, a affirmé sa directrice des communications, Annie-Claire Fournier. « On a des exigences techniques et contractuelles très précises pour assurer la durabilité du pont. »

     

    Ottawa assure de son côté que la priorité est la sécurité des usagers du futur pont. En ce qui concerne le processus de surveillance des pièces, « des rencontres formelles ont lieu chaque semaine […] afin de passer en revue l’ensemble des non-conformités et de statuer sur l’état de chacune d’elle. Ainsi, Infrastructure Canada, avec l’ingénieur de la Couronne, vérifie comment SSL a répondu aux non-conformités signalées jusqu’à ce que […] la non-conformité soit complètement résolue », a fait savoir par courriel la directrice des communications du ministère de l’Infrastructure, Kate Monfette.













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