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    Trois cents municipalités prêtes à s’engager contre les violences conjugales

    Le message d’intolérance envers la violence conjugale est peut-être symbolique, mais important, disent des élus.
    Photo: Pavel Golovkin Associated Press Le message d’intolérance envers la violence conjugale est peut-être symbolique, mais important, disent des élus.

    C’est entre voisins qu’on peut le mieux et le plus rapidement s’aider. Et qu’on peut comprendre et agir plus efficacement sur des problèmes complexes. Telle est l’idée du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, qui veut mobiliser les municipalités du Québec contre la violence conjugale. Le Regroupement annonçait dimanche, dans une première étape visant le dialogue, que quelque 300 des municipalités du Québec se sont déclarées alliées contre la violence conjugale, sur plus de 1100 municipalités.

     

    Trop facile de simplement se déclarer contre la violence conjugale ? Le maire de la Communauté maritime des Îles de la Madeleine Jonathan Lapierre, soulignait en conférence de presse que le geste est « d’une grande valeur au niveau de l’image et de du sens », et que « le message d’intolérance envers la violence faite aux femmes » est important. Sandra Desmeules, du comité exécutif de Laval, rappelait que plusieurs municipalités ont aussi posé illico des gestes concrets. Exemple ? Laval a injecté du financement pour mieux former les policiers lors des interventions reliées à la violence conjugale.

    Un symbole

     

    Pourquoi une étape si symbolique ? Par désir d’avancer étape par étape, expliquait au Devoir la présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Sylvie Langlais. « C’est certain que si on veut un service uniforme et en continue pour l’ensemble des femmes au Québec, ça va prendre des directives du provincial. Ça prend les deux, le municipal et le provincial. Je pense qu’en allant chercher des alliés comme les municipalités, qui vont faire des choses sur le terrain, on a l’espoir de faire bouger au provincial. » Les municipalités, mentionnait M. Lapierre, par le biais de l’Union des municipalités du Québec ou de la Fédération Québécoise des Municipalités, peuvent être un levier pour sensibiliser le provincial.

     

    N’y a-t-il pas danger d’éparpillement en commençant par le terrain ? Au contraire, ont répondu les intervenants, car le contexte est un facteur majeur à considérer en matière violences conjugales, et il n’est pas le même à la grandeur de la province. « Ce qui est important dans une gouvernance de proximité comme celle des municipalités, c’est que les solutions collent à la peau, qu’on sache précisément à qui on s’adresse, et que les gens se sentent interpellés directement », nommait Mme Langlais.

     

    Les municipalités ont aussi le pouvoir de proposer des actions qui peuvent être mises rapidement en place. « C’est un processus. La violence conjugale fait partie d’une grande toile, et on doit travailler sur les conditions socio-économiques — la pauvreté, l’emploi, la scolarité, etc. —, parce que c’est interrelié. Si on arrive à diminuer les facteurs qui font que la violence se développe dans les familles, là on aura un impact », indiquait la mairesse de Montréal-Nord, Christine Black.

    Dénonciations accrues

     

    Et toute aide est bienvenue, surtout en ces temps où le mouvement de témoignages d’agressions sexuelles lancé par #MoiAussi/#MeToo continue d’avoir des répercussions. « C’est malheureux à dire, mais ça nous aide beaucoup, précise Mme Langlais. On le voit dans les maisons d’hébergement, on reçoit beaucoup plus d’appels ». Plusieurs maisons d’hébergement au Québec sont présentement à pleine capacité ces temps-ci, devant parfois refuser de recevoir des femmes et des enfants.

     

    « Ça peut être tout simple, nomme Mme Langlais. Je donne l’exemple, banal, d’un accès à une salle, pour rejoindre les citoyens directement. C’est dans notre mission de sensibiliser et prévenir la violence, mais on n’a pas de salles pour le faire ! On ne peut pas inviter le monde dans nos maisons d’hébergement, les adresses doivent rester confidentielles ! Juste une salle gratuite, c’est déjà une première étape ».

     

    Le nouveau plan d’action gouvernementale en matière de violence conjugale est attendu en 2018. Si les municipalités sont déjà engagées, ne serait-ce que symboliquement, les actions pourraient alors se mettre en place plus rapidement, croit Mme Langlais.













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