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    Tensions entre manifestants dans les rues de Québec

    25 novembre 2017 | Isabelle Porter à Québec | Actualités en société
    Devant la police de Québec, des manifestants ayant répondu à l'appel de groupes identitaires arboraient des drapeaux du Québec et des patriotes. Certains s’étaient vêtus d’habits de camouflage de type militaire.
    Photo: Isabelle Porter Devant la police de Québec, des manifestants ayant répondu à l'appel de groupes identitaires arboraient des drapeaux du Québec et des patriotes. Certains s’étaient vêtus d’habits de camouflage de type militaire.

    Une partie de la Colline parlementaire a été paralysée samedi en raison de la tenue simultanée de la manifestation de La Meute avec d’autres groupes identitaires et d’une autre marche antiraciste organisée pour la dénoncer.

     

    Vers 13 h 30, des sections importantes du boulevard Dufferin-Montmorency et du boulevard René-Lévesque étaient toujours bloquées à la circulation, alors que les policiers finissaient de repousser les manifestants antiracistes vers les plaines d’Abraham.

     

    La Meute, Storm Alliance et des représentants de la milice III % s’étaient réunis à partir de 11 h au parc de l’Amérique-Française avec l’intention de marcher jusqu’au Centre des congrès, où se tenait le congrès du Parti libéral. Au moins 300 personnes avaient répondu à leur invitation. Plusieurs arboraient des drapeaux du Québec et des patriotes tandis que d’autres portaient des habits de camouflage de type militaire.

     

    À l’origine, cette manifestation visait à dénoncer la tenue de la Commission sur le racisme systémique. Or en raison de son annulation par le gouvernement, le message était plus large. Se défendant d’être racistes, les participants plaidaient pour « la neutralité religieuse ». « Ta religion, tu la fais dans le privé, dans ton salon », a fait valoir Stéphane Roch, l’un des membres du conseil de La Meute. Du côté de Storm Alliance, on disait vouloir défendre la Charte des libertés, mais aussi la cause de Sébastien Cormier, un Québécois dont l’épouse d’origine malgache n’arrive pas à immigrer au Québec.

     

    Pendant ce temps, des groupes se disant « antifascistes » ou antiracistes avaient convergé devant le parlement au parc de l’Esplanade. Parmi ces derniers, on retrouvait le chanteur de Québec Webster, accompagné de ses parents. « Je voulais montrer mon désaccord envers le discours identitaire de La Meute », a-t-il dit. « Pour moi, c’est une vision passéiste de l’identité québécoise. » Moins imposante, cette seconde manifestation comptait des familles avec enfants, des musiciens et un groupe de manifestants masqués et vêtus de noirs.

     

    Imposant dispositif policier

     

    Au congrès libéral, les représentants du gouvernement tempéraient les inquiétudes sur les tensions identitaires qui s’affichaient à l’extérieur. Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a soutenu que les gens qui adhèrent à des groupes comme La Meute étaient « beaucoup moins nombreux » que ce qu’on pouvait croire. « Moi, je suis un petit gars de Trois-Rivières […] dans un quartier ouvrier qui était bien traditionnel, comme on en voit d’autres au Québec, et je suis allé dernièrement, il y a des classes d’accueil […] des gens de toutes les cultures et les nations. Il y a là un milieu de vie extraordinaire. C’est comme ça que les choses vont changer au Québec », a-t-il ajouté.

     

    D’un côté comme de l’autre, un imposant dispositif policier avait été déployé et des dizaines d’agents antiémeute encerclaient les deux rassemblements avant même le début de la marche. Toute la matinée, un hélicoptère survolait la zone tandis que des dizaines de policiers de la Sûreté du Québec encerclaient le Centre des congrès.

     

    Alors que les policiers commençaient à repousser le second groupe loin du boulevard René-Lévesque, un troisième groupe de radicaux ultranationalistes du groupuscule Atalante Québec est monté sur les fortifications en scandant « le Québec aux Québécois ».

     

    Une fois dans la rue, on les a entendus scander des slogans comme « On est chez nous » ou encore « Fils de putes, anti-fa », en référence aux groupes antifascistes.

     

    Pendant ce temps, les policiers ont refoulé ces derniers vers le parc de l’Esplanade, faisant parfois usage de poivre de Cayenne.

     

    Des contre-manifestants ont répliqué en lançant des boules de neige vers les policiers. Sur son compte Twitter, le SPVQ a fait état d’une vingtaine d’arrestations.

    Vers 12 h 45, un premier groupe de 21 personnes a été arrêté. « On a observé qu’ils étaient en train de comploter pour venir contrer la manifestation. Des armes blanches ont été trouvées, des bâtons télescopiques, des lance-pierres, des bouteilles contenant un liquide inconnu pour l’instant et en plus ils étaient cagoulés », a rapporté l’inspecteur André Turcotte, du SPVQ.
     

     

    Ces individus ont rencontré les enquêteurs et pourraient faire face à des accusations de complot pour attroupement illégal et de port de déguisement dans un dessein dangereux.
     

    Dans un deuxième temps, alors que la manifestation était terminée, 23 autres arrestations sont survenues face à l’Assemblée nationale. « C’est un groupe qui a reçu plusieurs ordres de dispersion. Ils tentaient toujours de revenir. Ils circulaient à travers les rues, ils marchaient à travers les véhicules, ils continuaient de se mobiliser », précise M. Turcotte.

    Ce deuxième groupe d’individus arrêtés serait lui aussi lié aux contre-manifestants s’identifiant comme des groupes antifascistes de gauche.

     

    Le SPVQ a fait état d'un bilan de 44 arrestations. Selon le corps policier, un total d’environ 1000 personnes, tous groupes confondus, ont participé à l’événement. L’inspecteur Turcotte s’est dit satisfait du déroulement, n’ayant aucun blessé, ni bris matériel à déplorer.


    Alors que les choses se calmaient, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux a fait valoir que « tout était sous contrôle » et que les forces policières « étaient bien préparées ». « S’il y a eu des arrestations, c’est qu’il y a des gens qui n’ont pas manifesté pacifiquement », a-t-il dit.

    Avec Marie-Michèle Sioui et La Presse canadienne













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