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    S’intégrer au Québec par le hockey

    Chaque semaine, de jeunes immigrants enfilent leurs patins pour se rapprocher de leur société d’accueil

    Royce, 5 ans, et Cyrena, 4 ans, s’initient au hockey grâce au programme SLAP.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Royce, 5 ans, et Cyrena, 4 ans, s’initient au hockey grâce au programme SLAP.

    Les performances du Canadien de Montréal exaspèrent bien des partisans, ce qui n’empêche pas de jeunes immigrants de s’intéresser au hockey. Pour plusieurs d’entre eux, il ne s’agit pas seulement d’un sport : c’est une porte d’entrée sur la culture québécoise. En sautant chaque semaine sur la glace de patinoires montréalaises, des dizaines de hockeyeurs en herbe sentent qu’ils s’intègrent peu à peu à leur société d’accueil.


    Dans les gradins de l’aréna Howie Morenz, dans le quartier Parc-Extension, Arleen Faytanen, originaire des Philippines, et son conjoint Shan, du Sri Lanka, épient chacun des mouvements de leur fils.

     

    À 6 ans, le petit Sean Avery — comme l’ancien joueur de hockey professionnel — a déjà fait beaucoup de progrès. Il patine avec plus d’aisance qu’au début de l’année et il souhaite déjà jouer contre les plus vieux. « Il aime tellement ça ! » lance sa mère sans le quitter des yeux.

     

    « Il a commencé à écouter le hockey avec son père à la télévision et il s’est mis à s’intéresser au sport, raconte cette résidante du quartier montréalais qui est arrivée au Québec il y a dix ans. Un jour, quand il est revenu de l’école, j’ai vu dans son cahier qu’il y avait les noms de Gallagher et de Pacioretty. On a décidé de l’inscrire ! »

     

    Démocratiser le sport

     

    Si ces familles immigrantes peuvent vivre une telle expérience, c’est en grande partie grâce à Vinnie Matteo. C’est lui qui a fondé il y a 12 ans le programme de hockey SLAP, en collaboration avec Jeunesse au soleil et l’Organisation des jeunes de Parc-Extension (PEYO).

     

    Impliqué dans le monde du hockey depuis des années, il a lancé ce projet pour permettre à tous les jeunes, peu importe leur origine et leurs moyens, de goûter aux joies du hockey.

    L’objectif principal, c’est de donner une chance aux enfants qui viennent d’arriver au Québec de s’intégrer grâce au sport, et à bas prix
    Vinnie Matteo, fondateur du programme de hockey SLAP

    « L’objectif principal, c’est de donner une chance aux enfants qui viennent d’arriver au Québec de s’intégrer grâce au sport, et à bas prix », dit-il.

     

    Le prix d’inscription est beaucoup moins élevé que celui d’une équipe de hockey mineur traditionnelle, et l’équipement est fourni gratuitement à tous les joueurs. Il y a quelques jours, la Ligue nationale de hockey (LNH) et la Fondation des Canadiens pour l’enfance ont d’ailleurs versé 5000 $ pour soutenir le programme.

     

    Le projet SLAP connaît du succès depuis des années dans Parc-Extension, l’un des quartiers les plus défavorisés et multiculturels de Montréal, et il est offert depuis deux ans à Pierrefonds.

     

    Cette année, un peu plus de 100 joueurs de 4 à 12 ans s’initient aux rudiments du hockey aux deux endroits. Le seul critère de sélection est la volonté d’apprendre, souligne M. Matteo.

     

    « Quand les familles arrivent au pays, il faut mettre du pain sur la table avant de faire du sport, dit-il. Mais quand les enfants vont à l’école, ils demandent de jouer au hockey comme leurs nouveaux amis. »

     

    Dans le vestiaire de l’aréna Howie Morenz, Royce, 5 ans, et Cyrena, 4 ans, terminent d’enfiler leur équipement avant de faire leur entrée sur la glace. « C’est le plus petit qu’ils avaient ? » se demande Christine Sellathurai, tout sourire, en regardant le chandail de sa fille.

     

    « Pour eux, c’est une superbe occasion d’essayer le sport, confirme la mère, Sri-Lankaise d’origine. Financièrement, ce ne serait pas possible sans ce programme. »

     

    Curieux et motivés

     

    Dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, quelques kilomètres au nord de Parc-Extension, deux autres programmes de hockey communautaire permettent à une soixantaine de jeunes immigrants ou provenant de familles défavorisées d’effectuer leurs premiers coups de patin.

     

    L’initiative HEROS (pour « Hockey Education Reaching Out Society »), parrainée par la LNH, et le programme TECH, mis sur pied par les Braves d’Ahuntsic — l’association de hockey mineur locale —, regroupent des participants de la fin du primaire et du début du secondaire.

     

    « Les jeunes sont très curieux et très motivés à apprendre, parce qu’ils savent que c’est le sport majeur au Québec et au Canada », affirme Gérard Gagnon, un ex-entraîneur de la Ligue de hockey junior majeur du Québec qui anime les séances des deux programmes depuis environ cinq ans.

     

    « Les parents sont très présents, observe-t-il. Ils viennent souvent nous remercier d’avoir l’occasion d’apprendre le hockey, parce qu’au Québec, c’est très important. Ils ne me le disent pas toujours directement, mais j’ai l’impression qu’ils se sentent plus intégrés à la culture québécoise. »

     

    De « petites victoires »

     

    Pour certains jeunes, le hockey représente aussi une grande source de motivation, explique le président des Braves d’Ahuntsic, Martin Longchamps. « Il y en a qui pensaient qu’ils ne finiraient jamais leur 5e secondaire, et maintenant ils sont rendus au cégep ou ils étudient en kinésiologie. Ce sont de petites victoires. »

     

    Quand les participants arrivent pour la première fois à l’aréna, il faut commencer du début. On leur montre comment enfiler l’équipement, comment attacher des patins et surtout comment patiner.

     

    Gérard Gagnon se rappelle qu’il y a à peine trois semaines, les jeunes devaient se tenir à la bande pour avancer. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. « Ça tombe encore, mais ils savent comment se relever. »













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