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    Le théologien québécois René Latourelle est décédé

    René Latourelle lors de la remise de l'insigne de grand officier, en 1994
    Photo: Ordre national du Québec René Latourelle lors de la remise de l'insigne de grand officier, en 1994

    Le théologien québécois René Latourelle est décédé. Né à Montréal tout juste après la fin de la Première Guerre mondiale, il avait 99 ans. Son décès est survenu à l’infirmerie jésuite de Richelieu le 16 novembre.

     

    Intellectuel catholique de grande réputation, auteur de plusieurs ouvrages, dont un Dictionnaire de théologie fondamentale (Cerf et Bellarmin, 1992) qui a fait date et a été traduit en plusieurs langues, René Latourelle est le seul Canadien à avoir dirigé comme doyen la Faculté de théologie de l’Université grégorienne de Rome. Il avait reçu l’Ordre du Canada (1991) et était grand officier de l’Ordre national du Québec.

     

    Sa longue vie fut consacrée aux études. Entré au noviciat de la Compagnie de Jésus en 1938, il en est ressorti après un parcours en apnée et sans fautes au bout de quatorze années d’études, avec deux doctorats en poche, l’un en histoire et l’autre en théologie fondamentale, obtenu à Rome.

     

    L’intellectuel catholique n’a ensuite jamais quitté l’enseignement et la recherche pendant plus de trois décennies, d’abord à l’Université de Montréal, puis rapidement et longtemps, des années 1960 aux années 1990, à la Grégorienne, fondée et dirigée par les jésuites en 1551, mais relevant du Saint-Siège. Ce joyau de l’empire scolaire de la Compagnie s’enorgueillit d’avoir formé une quinzaine de papes, vingt saints et le double de bienheureux.

     

    De la modernisation

     

    Dans un essai autobiographique, le jésuite québécois disait avoir « rencontré à la Grégorienne une équipe de professeurs d’une qualité exceptionnelle, unique peut-être dans l’Église ».

     

    Comme professeur, il a dirigé une cinquantaine de thèses de doctorat sur une impressionnante diversité de sujets. Comme doyen, il a contribué à refondre et à moderniser le programme général des études ecclésiastiques, notamment en admettant les femmes et les laïcs, maintenant majoritaires parmi les étudiants.

     

    Le père Latourelle a également participé aux travaux de Vatican II en préparant les textes sur la Révélation, sa spécialité et l’un des thèmes majeurs de l’aggiornamento. On lui doit d’ailleurs une somme colossale sur le concile, Vatican II. Bilan et perspectives, publié en trois volumes.

     

    « Ça n’a pas été une croisière d’agrément, bien au contraire, confessait-il au Devoir en 1995, 30 ans après la fin des travaux de restructuration?de l’Église. J’ai vécu ce concile comme une espèce de Pentecôte, comme une grande bouffée d’air qui m’arrivait du large : jusque-là, on mourait, on était étouffé. Pour nous tous, il y avait une nécessité de tenir un concile : il fallait que l’Église sorte de son ghetto. Pendant un siècle et demi, l’Église avait passé son temps à condamner le monde laïque, la science, la philosophie. Mais on craignait un peu ce qui se tramait. On savait que les textes étaient préparés par des théologiens du Vatican, ce qui nous faisait bien peur. »

     

    Le corps du professeur Latourelle sera exposé ce samedi après-midi à la Résidence Notre-Dame de Richelieu. Les obsèques seront célébrées au même endroit à 14 h.













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