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    Rapprocher les générations pour construire le Québec de demain

    27 novembre 2017 | Actualités en société
    Institut du Nouveau Monde - L’INM est un organisme non partisan dont la mission est d’accroître la participation des citoyens à la vie démocratique.
    Francis Huot
    Photo: Alexandre Claude
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    En 2030, un Québécois sur quatre aura 65 ans ou plus. Le vieillissement de la population entraîne de nombreux changements démographiques, économiques et sociaux. Le Québec est mûr pour une vaste discussion intergénérationnelle, et celle-ci est en marche.


    Depuis quelques années, les questions de solidarité et d’équité intergénérationnelles s’imposent comme des enjeux politiques incontournables au Québec.

     

    Le contexte sociodémographique particulier avec lequel nous composons rend ce défi social d’autant plus important. Le vieillissement de la population, l’arrivée des baby-boomers à la retraite, la progression de l’espérance de vie et le faible taux de natalité sont autant de facteurs qui rendent cette situation complexe, mais surtout digne de notre intérêt collectif.

     

    Les défis posés à la société québécoise

     

    Cette conjoncture particulière pose de nombreux défis pour la société québécoise, et ce, à plusieurs égards. Il y a ceux liés aux milieux et à la qualité de vie, notamment l’aménagement du territoire, les espaces publics, la mixité sociale, la vitalité des régions, la mobilité, le logement et les changements climatiques.

     

    Il y a aussi ceux liés à l’emploi et à la retraite, entre autres le marché du travail, les conditions de travail et les avantages sociaux, le rapport au travail — qui diffère d’une génération à l’autre —, la main-d’oeuvre, le transfert des connaissances, la transformation des emplois, la retraite et la sécurité financière qui y est associée.

     

    Les services et les politiques publics posent également des défis de solidarité et d’équité intergénérationnelles, qu’on pense au financement de la santé et de l’éducation — qui constituent les deux portefeuilles les plus importants du gouvernement du Québec — et aux autres programmes sociaux, de même qu’aux finances publiques et aux inégalités sociales.

     

    Finalement, il y a les défis liés à la démocratie et la participation citoyenne, notamment en ce qui concerne le partage du pouvoir entre les générations et leur influence sur les débats publics.

     

    Dans ce contexte, comment assurer une équité intergénérationnelle ? Comment les cinq générations qui se côtoient actuellement au Québec pourront-elles bâtir ensemble une solidarité et trouver les moyens de répondre aux défis posés par un Québec vieillissant ?

     

    Le contexte sociodémographique particulier du Québec


     

    Statistique Canada découpe la société québécoise en cinq générations distinctes. Les parents des baby-boomers (personnes nées entre 1919 et 1945), les baby-boomers (personnes nées entre 1946 et 1965), la génération X (personnes nées entre 1966 et 1971), la génération Y (personnes nées entre 1972 et 1992) et la génération Z (personnes nées entre 1993 et maintenant) forment le Québec d’aujourd’hui.

     

    À propos des millénariaux

     

    La génération des millénariaux (millennials), un concept états-unien régulièrement utilisé à des fins de marketing, n’est par retenue officiellement par Statistique Canada. Elle fait référence aux jeunes nés entre 1982 et 2004. Les millénariaux québécois seraient donc issus des générations Y et Z.

     

    La hausse marquée du taux de natalité qu’a vécue le Québec de 1946 à 1965 est à l’origine de ce qu’on a appelé a posteriori le baby-boom. Cette forte croissance des naissances a eu une influence importante sur le contexte sociodémographique du Québec.

     

    L’Institut de la statistique du Québec estime qu’en 2030, la part des personnes de plus de 65 ans au Québec devrait être parmi les plus élevées des pays de l’OCDE !

     

    Le poids des baby-boomers

     

    La prépondérance de la génération des baby-boomers au Québec a retardé le vieillissement de la population en dopant la proportion des personnes âgées de moins de 19 ans, puis de celles de 20 à 64 ans. Ce vieillissement est toutefois en train de s’accélérer, alors que les baby-boomers atteignent, depuis quelques années, l’âge de 65 ans. L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) estime d’ailleurs qu’en 2030 la part des personnes de plus de 65 ans au Québec devrait être parmi les plus élevées des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) !

     

    Le Québec est mûr pour une vaste discussion intergénérationnelle

     

    C’est dans ce contexte que l’Institut du Nouveau Monde (INM) a lancé, à l’automne 2017, la Conversation publique sur la solidarité et l’équité intergénérationnelles, un processus consultatif qui vise à recueillir les préoccupations des citoyennes et citoyens, à débattre et à proposer des pistes de solutions sur les enjeux d’ordre intergénérationnel.

     

    Bien qu’il existe des sources de désaccord entre les générations au Québec, plusieurs points de convergence demeurent. Un sondage Léger–Institut du Nouveau Monde mené à l’été 2017 révèle que, pour toutes les générations, la priorité pour le Québec est l’amélioration de l’accès à un médecin de famille et la réduction du temps d’attente aux urgences. La majorité des Québécois estiment aussi que le gouvernement doit faire de l’investissement dans les services publics une priorité.

     

    Les Québécois perçoivent toutefois des iniquités. Par exemple, plus de 60 % des Québécois, tous âges confondus, perçoivent une iniquité dans la façon dont la société québécoise répond aux besoins des différentes générations. De plus, la majorité des citoyens sondés considère que les mesures d’austérité mises en place par le gouvernement provincial ne touchent pas toutes les générations de façon équitable.

     

    Les défis collectifs qui sont cités par les Québécois de toutes les générations, sans nécessairement que les mêmes raisons soient nommées, démontrent qu’un dialogue intergénérationnel est souhaitable.

     

    Une vaste conversation publique est en marche

     

    L’invitation est donc lancée aux jeunes, aux familles, aux personnes aînées et aux organisations pour discuter, au cours des deux prochaines années, des enjeux de solidarité et d’équité intergénérationnelles.

     

    Trop de bonnes idées n’ont pas encore été entendues. Trop de bons exemples de solidarité entre générations restent méconnus de la population et gagneraient à être mis en avant. Trop de défis d’équité intergénérationnelle doivent être surmontés.

     

    Et par-dessus tout, des lieux et des occasions de dialogue entre les personnes des différentes générations doivent être créés afin de démystifier certains préjugés et certains tabous à l’égard du vieillissement de la population et de combattre l’âgisme.

     

    Il est temps de mettre à contribution le pouvoir citoyen afin de définir un projet social solidaire, équitable et inclusif pour le Québec qui permettra une meilleure cohabitation entre les générations.

     

    Pour plus d’information et pour participer au dialogue : inm.qc.ca/intergenerationnel

     

    * Ce texte est une version abrégée de « La clé 15 – Générations » publiée dans L’état du Québec 2018.













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