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    Quatre grandes thématiques de solidarité et d’équité intergénérationnelles

    27 novembre 2017 |Institut du Nouveau Monde | Actualités en société
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Dans le cadre de la Conversation publique sur la solidarité et l’équité intergénérationnelles, l’Institut du Nouveau Monde (INM) a ciblé quatre grandes thématiques liées à la solidarité et à l’équité entre les générations.


    Sondage Léger-Institut du Nouveau Monde sur la solidarité et l’équité intergénérationnelles

     

    Cette section présente les résultats d’un sondage Web réalisé à l’été 2017 auprès de 3005 Québécois âgés de 18 ans ou plus et pouvant s’exprimer en français ou en anglais. Ils ont été pondérés en fonction du sexe, de la région, de la langue, de l’âge, du niveau de scolarité et de la présence d’enfant(s) dans le ménage, selon les données de Statistique Canada. Les résultats complets du sondage sont publiés sur le www.inm.qc.ca.

     

    Les milieux et la qualité de vie

     

    Comment faire face à l’augmentation importante de l’âge médian dans certaines régions ? Comment gérer les coûts inhérents aux changements climatiques ? Quelles solutions existent pour contrer l’isolement des aînés ?

     

    Le coût des changements climatiques. Les changements climatiques représentent un défi de solidarité et d’équité intergénérationnelles important. Les coûts liés aux changements climatiques augmenteront de manière exponentielle dans les décennies à venir, laissant aux jeunes générations le fardeau de cette nouvelle dépense. Questionnés à savoir quelles devraient être les priorités pour le Québec, 21 % des 18-34 ans ont ciblé l’amélioration de la qualité de l’environnement et l’investissement dans les économies vertes, contre seulement 13 % des 35-54 ans et 10 % des 55 ans et plus.

    Isolement des aînés : un défi de solidarité intergénérationnelle. Le vieillissement de la population entraîne également une augmentation de l’isolement des aînés. Selon une étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), c’est près de 25 % des Québécois de plus de 75 ans qui n’ont pas d’amis sur qui compter ! Signe encourageant : plus de 50 % des personnes sondées affirment être prêtes à donner du temps pour s’occuper d’une personne seule qui ne ferait pas partie de la famille. Les jeunes sont également ceux pour qui, dans la plus grande proportion (31 %), la responsabilité des soins des aînés devrait revenir à la famille.

     

    Vitalité des régions : quoi faire pour contrer l’exode des jeunes ?Selon les dernières données de l’ISQ, l’âge médian connaît une augmentation dans toutes les régions du Québec, et plus particulièrement dans certaines régions éloignées. L’exode des jeunes pose un sérieux problème démographique dans certaines régions. La carte présente le degré d’augmentation de l’âge médian dans les différentes régions administratives du Québec. Comme on le remarque, il s’agit d’un phénomène particulièrement alarmant dans les régions les plus éloignées.

     

    L’emploi et la retraite

     

    Ces deux enjeux, qui sont liés et interdépendants, sont également au coeur des discussions sur la solidarité et l’équité intergénérationnelles.

     

    Le marché du travail, par exemple, continuera de subir des transformations majeures dans les années à venir. Le départ à la retraite des baby-boomers, la décroissance importante de la population active, l’augmentation du taux de diplomation, les clauses de disparité de traitement et la conciliation travail-famille auront des répercussions sur le marché du travail et sur la croissance économique du Québec.

    Un marché du travail en pleine mutation.Les jeunes âgés de 18 à 34 ans, lorsque questionnés sur leur perception des conditions de travail, sont ceux qui estiment dans la plus forte proportion (52 %) qu’elles sont meilleures qu’avant, alors que seulement 34 % des 35-54 ans partagent ce point de vue. Ces perceptions optimistes ne sont d’ailleurs pas étrangères à la réalité. L’ISQ estime que pour les 25-54 ans, le revenu de travail moyen augmentera de 13 %, passant de 34 492 $ à 39 110 $ de 2010 à 2030 (en dollars constants de 2014).

     

    Deux défis posés aux régimes de retraite. En ce qui concerne la retraite, deux défis majeurs se présentent. Le premier : la sécurité financière. L’augmentation de l’espérance de vie couplée à la baisse de l’âge normal de la retraite de 70 à 65 ans rend la retraite plus longue, et donc plus coûteuse. Le deuxième : la pérennité des régimes de retraite. Comment les régimes de retraite publics et privés s’adapteront-ils à la reconfiguration du marché du travail ? Et cette adaptation sera-t-elle équitable pour toutes les générations ?

     

    La retraite est plus longue, mais est-ce soutenable ? Les personnes âgées sont plus souvent touchées par la pauvreté. La mise en place du programme fédéral de la Sécurité de la vieillesse et du Régime des rentes du Québec, et les campagnes de sensibilisation sur l’épargne ont toutefois permis d’augmenter l’autonomie financière des personnes âgées.

     

    Avec le vieillissement de la population et l’augmentation de la longévité, la durée de la retraite dépasse maintenant une vingtaine d’années, ce qui exerce des pressions financières grandissantes tant sur le système public de retraite que sur les économies personnelles nécessaires pour subvenir à ses besoins quotidiens. À ce propos, plus de 70 % des Québécois sont préoccupés par le vieillissement de la population.

     

    Les services et les politiques publics

    Les dépenses en santé augmenteront à un rythme de 5,2 % par année entre 2015 et 2035, notamment en raison du vieillissement de la population. Du côté de l’éducation, on prévoit une adaptation des dépenses, alors que la baisse du poids relatif des enfants et des jeunes adultes et les coûts liés à l’éducation aux adultes auront un impact sur le budget du Québec. La gestion de la dette publique représente également un défi d’équité intergénérationnelle.

     

    Le maintien de l’accès aux services publics et aux programmes sociaux : une priorité commune. Le niveau d’investissement dans les services publics et dans les programmes sociaux reste un sujet de préoccupation important lorsqu’il est question d’équité intergénérationnelle. Questionnés à savoir si l’État québécois devrait investir dans les services publics, ou s’il devrait plutôt économiser pour préserver à long terme les acquis actuels, plus de 60 % des répondants ont affirmé que le gouvernement devait investir. Fait intéressant, les 55 ans et plus ont été ceux qui, dans la plus grande proportion (33 %), ont affirmé que le gouvernement devait économiser pour préserver à plus long terme les acquis actuels.

     

    Les perceptions sur le soutien en programmes sociaux dont bénéficient les différentes générations demeurent toutefois bien différentes, selon le groupe d’âge sondé. Chaque génération estime être celle dont l’État québécois répond le moins aux besoins. Les 55 ans et plus sont d’ailleurs ceux pour qui cette tendance est la plus forte, alors que 74 % d’entre eux estiment être les négligés.

     

    L’importance d’un système de santé efficace. Le système de santé constitue le principal poste de dépense du gouvernement du Québec. En 2017-2018, selon les chiffres du budget provincial, les dépenses du gouvernement atteindront 103,7 milliards de dollars, et les dépenses du ministère de la Santé et des Services sociaux atteindront quant à elles 41,1 milliards de dollars. C’est près de 40 % du budget total !

     

    Les Québécois demeurent toutefois d’accord sur l’importance à accorder à la santé. Sur une liste de 10 priorités, les Québécois de toutes les générations ont choisi l’accès à un médecin de famille et la réduction de l’attente aux urgences dans la plus forte proportion. 49 % des 55 ans et plus ont d’ailleurs ciblé cette priorité !

     

    L’équilibre budgétaire : pas au détriment de l’équité intergénérationnelle.Sans être une fin en soi, le contrôle de la dette publique représente un défi pour les générations, alors que la pérennité des programmes sociaux et la prospérité de l’économie québécoise en sont dépendantes. Sondés pour savoir si les mesures d’austérité mises en place par le gouvernement provincial touchent de façon équitable toutes les générations, 60 % des répondants ont répondu par la négative, alors que seulement 19 % d’entre eux estiment que ces mesures sont équitables.

     

    La démocratie et la participation citoyenne

     

    Des iniquités persistent également quant à l’influence qu’ont les différentes générations sur les décisions politiques, et des changements s’observent dans la façon dont elles exercent leur participation citoyenne.

     

    Influence sur les décisions politiques : la revanche de la génération X.La participation électorale des parents des baby-boomers, des baby-boomers et des X est plus élevée. Leur influence est donc en théorie plus grande sur les institutions politiques. C’était particulièrement vrai pour les baby-boomers, dont le poids électoral était jusqu’aux dernières élections provinciales plus élevé que celui des autres générations. François Gélineau aborde d’ailleurs cette question dans un chapitre de L’état du Québec 2015 qui s’intitule « Poids électoral : la revanche de la génération X ». L’élection de 2018 marquerait un tournant dans le poids relatif des générations au scrutin.

     

    Les jeunes en déficit d’influence politique ? Seulement 11,3 % de la population estime que les 18-34 ans sont ceux qui ont le plus d’influence sur les décisions politiques, alors qu’ils représentent près de 30 % de la population admissible au vote au Québec. À titre de comparaison, les 18-34 ans estiment à 40 % que les 55 ans et plus ont le plus d’influence sur les décisions politiques.

    Cette perception peut être attribuable à la sous-représentation des jeunes à l’Assemblée nationale du Québec, où en 2017 seulement 13 députés sur 125 (10,4 %) étaient âgés de 18 à 39 ans, et où 84 (67,2 %) étaient âgés de 50 ans et plus. Par comparaison, les 18-39 ans représentent 27,3 % de la population québécoise.

     

    Les autres formes de participation citoyenne : privilégiées par les jeunes et les aînés.Toutefois, les jeunes seraient plus enclins à s’engager dans d’autres formes de participation citoyenne. Dans une étude récente, Anne Quéniart et Julie Jacques expliquent que leur participation sociale s’articule notamment autour de mobilisations ciblées, tandis que leur participation publique se concrétiserait par l’engagement dans des conseils d’administration, des conseils d’établissement, des conseils d’élus, des forums jeunesse régionaux et des associations, par exemple. Il s’agit d’ailleurs d’une perception qui est partagée par les 18-34 ans, qui estiment dans une proportion de 32 % être la génération qui s’implique le plus dans la communauté.













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