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    Des milliers de personnes dans la rue contre le racisme

    La manifestation a démarré à la place Émilie-Gamelin, dimanche, pour ensuite se déplacer vers la place du Canada.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La manifestation a démarré à la place Émilie-Gamelin, dimanche, pour ensuite se déplacer vers la place du Canada.

    Préoccupées par la montée de l’extrême droite et des discours racistes au Québec, quelques milliers de personnes se sont rassemblées à Montréal dimanche pour manifester contre la haine et l’intolérance.

     

    La manifestation, appuyée par plus de 170 groupes de la province, se voulait inclusive et rassembleuse. Ses organisateurs souhaitaient faire entendre leurs inquiétudes sur un enjeu de société délicat.

     

    « On ne voit pas que des cas isolés, on voit un racisme qui se cristallise. Plusieurs événements des dernières années comme la charte des valeurs du Parti québécois, l’élection de Donald Trump, la montée des groupes d’extrême droite et l’adoption [du projet de] loi 62 le démontrent. Si on laisse le silence et la complaisance prendre les rênes de notre climat au Québec, on laissera les discours haineux et toxiques dominer », a mis en garde le militant de Solidarité sans frontières Anas Bouslikhane.

     

    Le milieu politique montré du doigt

     

    Cette montée du racisme est de plus en plus visible en raison de l’absence de dialogue politique à ce sujet, selon un autre organisateur de la manifestation, Jaouad Laaroussi. « Quelque chose s’enracine de manière pernicieuse au Québec, parce qu’on n’est pas capable d’aborder ces problèmes. On pensait que l’attentat à la grande mosquée de Québec allait changer les choses, mais ça n’a pas été le cas. »

     

    M. Bouslikhane donne quant à lui en exemple la consultation sur le racisme systémique, qui a été transformée par le gouvernement en forum sur l’emploi. « Il y a un problème institutionnel au niveau parlementaire », dit-il, blâmant tous les partis à l’Assemblée nationale.

     

    Projet de loi 62

     

    Les organisateurs de la manifestation ne souhaitaient pas dénoncer « des événements ou des déclarations politiques » en particulier, a expliqué une membre de l’exécutif d’Alternatives, Safa Chebbi, mais le projet de loi 62 sur la neutralité religieuse, adopté en octobre, était sur toutes les lèvres — et plusieurs pancartes — dimanche.

     

    C’est ce qui a motivé la nouvelle mairesse de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Sue Montgomery, à prendre part à la manifestation. « Je suis ici parce que le projet de loi 62 n’est pas constitutionnel, il va à l’encontre des chartes des droits de la personne du Canada et du Québec », a déclaré l’élue de Projet Montréal.

     

    Ce projet de loi, contesté devant les tribunaux, soulève également des critiques de la part de l’ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Alexa Conradi. « Le projet de loi 62 va être contre-productif : il renvoie les communautés à elles-mêmes, il va augmenter la violence à l’égard des femmes musulmanes… Il n’y a rien de bon dans ce projet », a-t-elle expliqué au Devoir.

     

    Enjeu féministe

     

    Les groupes féministes étaient nombreux à prendre part à la mobilisation. Plusieurs d’entre eux ont dénoncé la double discrimination que vivent les femmes racisées. « Le féminisme et [la lutte contre] le racisme doivent marcher main dans la main », a déclaré la co-vice-présidente de la FFQ, Marlihan Lopez.

     

    Des paroles qui ont trouvé écho chez des employées du Centre des femmes de Laval. « Le racisme tout comme le patriarcat sont des systèmes d’oppression, a soutenu l’intervenante Fadwa Cherraj. Au centre, on a une mission féministe et intersectionnelle, on prend en considération tous les systèmes d’oppression. »

     

    La marche a débuté à la place Émilie-Gamelin et a emprunté la rue Sherbrooke pour se terminer à la place du Canada, au centre-ville. Le tout s’est déroulé de façon pacifique et aucune arrestation n’a eu lieu, a confirmé le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).


    Monuments vandalisés La manifestation a pris fin devant la statue de John A. Macdonald, qui a été couverte de peinture rouge dans la nuit de samedi à dimanche. Dans un communiqué, les individus responsables de cet acte de vandalisme affirment n’avoir aucun lien avec l’organisation de la marche et expliquent qu’ils ont ciblé cette statue comme « symbole clair du colonialisme, du racisme et de la suprématie blanche ». Le SPVM a ouvert une enquête sur cet incident. Par ailleurs, un monument aux morts situé dans l’arrondissement de Saint-Laurent a aussi été vandalisé, samedi matin, a confirmé la porte-parole du SPVM Andréanne Picard, qui a affirmé qu’il n’y a aucun lien entre les deux gestes.












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