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    Burqa et niqab: qu’en est-il de l’acceptabilité sociale ?

    6 novembre 2017 | Pierre Cliche - Ingénieur retraité, Boucherville | Actualités en société
    Le voile intégral est un comportement social qui entrave le vivre-ensemble, selon l'auteur.
    Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le voile intégral est un comportement social qui entrave le vivre-ensemble, selon l'auteur.

    La question du voile intégral a été abordée sous pratiquement tous ses aspects : religieux, culturel, politique, vestimentaire et j’en passe. Devant ce déluge d’analyses et de commentaires, je trouve étonnant qu’il soit si peu fait cas de l’aspect sociétal de la question.

     

    Qu’en est-il de l’acceptabilité sociale de ce vêtement, qui est tout sauf innocent, quoi qu’en pensent trop de nos politiciens et de politiciennes que cela arrange de nous faire croire qu’ils pensent ainsi ? Je ne suis plus capable d’entendre ces derniers résumer la question à cette insignifiance : « On ne va pas dire aux femmes comment s’habiller. »

     

    L’acceptabilité sociale d’un projet ou d’un comportement est au coeur même du vivre-ensemble et devrait guider nos dirigeants politiques dans l’établissement des lois et règlements régissant notre société. On l’a vu récemment avec le projet de pipeline Énergie Est : si économiquement justifié que soit un projet, il ne passera pas s’il n’est pas socialement acceptable aux yeux de la majorité des citoyens.

     

    Il en va de même des comportements sociaux. Si un homme peut se promener torse nu en public sans créer d’émoi, une femme ne le peut pas parce qu’aux yeux de plusieurs, cela est socialement inacceptable. Cela a beau brimer les droits des femmes, ce comportement est réglementé au nom des bonnes moeurs et de la morale, qui ne sont rien d’autre que des aspects du vivre-ensemble.

     

    Le voile intégral, qui est à mon sens plus culturel que religieux, est aussi un comportement social qui entrave le vivre-ensemble et met à rude épreuve la tolérance des gens, tolérance que nos faiseurs de lois ne devraient pas ignorer et surtout pas mépriser, au risque de polariser davantage ce débat. Pas plus que l’on ne tire sur la tige d’une fleur pour en accélérer la croissance, on ne « tire » sur le degré de tolérance d’une société pour en accélérer l’évolution.

     

    Les sociétés sont un peu comme des corps biologiques et ont besoin de temps pour évoluer. Passer outre à cette loi fondamentale ne peut qu’alimenter l’intolérance et avoir comme résultat tout le contraire de l’objectif visé par des lois insignifiantes trop permissives donnant l’impression que l’on se moque de nous.

     

    Dans ce débat, je trouve déplorable et dangereuse l’utilisation de la Charte des droits comme d’un épouvantail pour paralyser le législateur. L’instrumentalisation de cette Charte pour justifier et défendre des pseudo-droits que tout un chacun s’invente et qui vont à l’encontre du vivre-ensemble ne peut que dévaloriser cette Charte aux yeux de plusieurs.

     

    Enfin, afin d’en arriver à un certain équilibre social sur cette question, il m’apparaît souhaitable que toute loi ayant pour objectif de définir un espace public laïque réel et fonctionnel tienne compte non seulement des zélotes religieux, mais aussi des modérés, des areligieux et des athées de sorte que la très grande majorité des gens s’y sente à l’aise.

     

    Il y va de la sérénité du vivre-ensemble que nous nous souhaitons tous.













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