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    Les talibans nient les accusations de Joshua Boyle

    15 octobre 2017 09h29 | Mike Carroccetto - Agence France-Presse à Smiths Falls, Ontario | Actualités en société
    M. Boyle, qui s’est présenté seul devant les caméras, a révélé que sa petite fille avait été tuée et son épouse violée car il refusait de céder à des exigences de ses ravisseurs.
    Photo: CBC News / Agence France-Presse M. Boyle, qui s’est présenté seul devant les caméras, a révélé que sa petite fille avait été tuée et son épouse violée car il refusait de céder à des exigences de ses ravisseurs.

    De retour au Canada après cinq ans de captivité en Afghanistan, l’ex-otage Joshua Boyle a réclamé justice contre ses ravisseurs affiliés aux talibans, les accusant d’avoir tué sa petite fille et violé son épouse, l’Américaine Caitlan Coleman.

     

    À son arrivée à l’aéroport de Toronto, tard vendredi soir, Joshua Boyle a livré un bref récit glaçant de la captivité de sa famille et dressé un violent réquisitoire contre ses ravisseurs, qu’il a qualifiés de « stupides et malfaisants ».

     

    M. Boyle, qui s’est présenté seul devant les caméras, a révélé que sa petite fille avait été tuée et son épouse violée car il refusait de céder à des exigences de ses ravisseurs sur lesquelles il n’a donné aucun détail.

     

    Dans un message samedi depuis la résidence de ses parents à Smiths Falls, à environ 80 km d’Ottawa, il a déclaré que la famille était enfin arrivée dans la première « vraie maison » que ses enfants aient jamais connue.

     

    M. Boyle a précisé plus tard lors d’un échange par courriel avec une journaliste de la chaîne publique CBC que ses enfants — deux garçons de 4 et 2 ans et une fillette de 4 mois — commençaient lentement à s’adapter à leur nouvelle vie, même s’ils demeurent terrifiés par ce qu’ils ont vécu. Il a aussi confié ne pas être prêt pour le moment à revenir plus en détail sur la brutalité de la captivité de sa famille.

     

    Joshua Boyle et son épouse avaient été enlevés en 2012 par un groupe du réseau Haqqani lié aux talibans alors qu’ils voyageaient en Afghanistan. Ils ont été libérés par les forces pakistanaises sur la base d’informations fournies par les services de renseignement américains.

     

    Caitlan Coleman était enceinte, lorsque le couple a été capturé. Le couple a été libéré avec trois jeunes enfants, deux garçons et une fille, nés en captivité. Mais on ignorait qu’ils avaient eu quatre enfants, avant l’annonce de M. Boyle.

     

    « La stupidité et le caractère malfaisant du réseau Haqqani kidnappant un pèlerin et sa femme enceinte, venus aider de simples villageois dans les régions contrôlées par les talibans en Afghanistan, n’ont été éclipsés que par la stupidité et le mal d’autoriser le meurtre de ma fille […] en raison de mon refus répété d’accepter une offre que les malfaiteurs criminels du réseau Haqqani m’avaient faite », a-t-il accusé.

     

    Il a ajouté que c’est pour la même raison que sa femme avait été violée, précisant qu’elle l’avait été sous la supervision du chef du réseau Haqqani.

    Les talibans nient avoir tué et violé

    Les talibans ont démenti dimanche avoir tué la fille et violé l’épouse de l’ex-otage canadien, Joshua Boyle, comme celui-ci les en a accusés à son retour au Canada, après cinq ans de captivité en Afghanistan et au Pakistan.

     

    Les talibans évoquent une « fausse couche » pour la mort de l’enfant.

     

    « Les accusations du détenu canadien contre les moudjahidines de l’Émirat islamique sont sans fondement », annoncent les talibans dans un communiqué de leur porte-parole Zabihullah Mujahid, posté sur leur site Internet.

     

    « Nous rejetons catégoriquement ces allégations fausses et fabriquées de la part de l’otage canadien aux mains de l’ennemi », affirme-t-il.

     

    « Pendant leur détention et jusqu’à leur libération, le mari et la femme n’ont jamais été séparés l’un de l’autre, précisément pour ne pas alimenter la suspicion ».

     

    « De même le meurtre d’un enfant est sans fondement », poursuit-il en expliquant que « la femme est tombée malade et en raison de son grave état de santé, a fait une fausse couche et [perdu] une fille. L’endroit était isolé, il n’y avait pas de médecin », explique-t-il.

     

    « Personne n’a jamais assassiné un enfant de ce couple et personne ne les a jamais violés ni souillés ».

     

    « Si de telles choses avaient été autorisées, ils ne seraient jamais rentrés chez eux avec leurs trois enfants », répond Zabihullah Mujahid.

     

    Des « païens criminels »

     

    Affirmant que ces faits avaient été confirmés par une enquête menée en 2016 par l’Émirat islamique d’Afghanistan (nom que se donnent les talibans) il a appelé les responsables des talibans « à assurer à sa famille la justice qui lui est due » et exprimé l’espoir que cette « litanie de stupidités serait l’épitaphe du réseau Haqqani ».

     

    Il a affirmé sa volonté de construire désormais ce qu’il appelé un « sanctuaire » pour permettre à ses trois enfants survivants de « récupérer une partie de l’enfance qu’ils ont perdue ».

     

    M. Boyle a expliqué qu’il était en Afghanistan pour venir en aide à des populations défavorisées qui vivent dans des zones contrôlées par les talibans « où aucune ONG, aucun travailleur humanitaire ni aucun gouvernement n’a jamais réussi à apporter l’aide nécessaire ».

     

    Mais il risque d’avoir à répondre à des questions sur sa décision de se lancer dans cette entreprise avec son épouse enceinte. Le père de Caitlan Coleman n’a d’ailleurs pas mâché ses mots sur la chaîne américaine ABC.

     

    « Tout ce que je peux dire, c’est qu’emmener sa femme enceinte dans un endroit très dangereux est de mon point de vue inadmissible », a-t-il dit.

     

    Avant d’être pris en otage en Afghanistan, M. Boyle avait été très engagé dans la défense d’Omar Khadr, un Canadien capturé à l’âge de 15 ans en 2002 en Afghanistan et longtemps emprisonné à Guantánamo avant son transfert et sa libération au Canada. Il avait épousé en 2009 la soeur d’Omar Khadr, Zaynab Khadr.

     

    Dans une vidéo diffusée par la chaîne CBC et présentée comme tournée par l’armée pakistanaise après la libération des otages, Joshua Boyle déclare que le véhicule dans lequel se trouvait sa famille avait été criblé de balles et que les soldats pakistanais s’étaient mis entre les otages et leurs ravisseurs pour assurer la sécurité de la famille.

     

    Quant aux ravisseurs, « c’étaient des criminels dirigés par des commandants qui n’étaient pas guidés par l’islam et ne prétendaient même pas être guidés par l’islam », a-t-il ajouté dans cette vidéo.













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