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    Deux nouvelles démissions au sein de l’enquête sur les femmes autochtones

    L’annonce signée par Marion Buller, commissaire en chef, survenait le lendemain de l’entrée en poste de sa nouvelle directrice générale.
    Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne L’annonce signée par Marion Buller, commissaire en chef, survenait le lendemain de l’entrée en poste de sa nouvelle directrice générale.

    Deux autres femmes quittent l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA), déjà fortement ébranlée par des défections en série.

     

    L’avocate principale auprès de l’ENFFADA, Susan Vella, a quitté la commission, un changement effectif « immédiatement », écrit Marion Buller dans une note d’information publiée cette fin de semaine. Aimée Craft, la directrice de recherche de l’enquête, retournera quant à elle à son poste à l’Université d’Ottawa dès le mois prochain.

     

    L’annonce signée par Mme Buller, commissaire en chef, survenait le lendemain de l’entrée en poste de sa nouvelle directrice générale. Debbie Reid, ancienne conseillère auprès de l’Assemblée des Premières Nations et originaire de la Première Nation ojibwée de Skownan, au Manitoba, occupe maintenant cette fonction.

     

    Les raisons de ces démissions ne sont pas spécifiées dans la note d’information de la commissaire en chef, qui insiste plutôt sur l’apport des deux femmes en les remerciant pour « leur dévouement ».

     

    Critiques en série

     

    L’ancienne directrice, Michèle Moreau, a démissionné en juillet, dénonçant du même souffle la structure « coloniale » de l’enquête.

     

    Six autres membres de la commission ont démissionné depuis la mise sur pied de l’ENFFADA en septembre 2016. La commissaire Marilyn Poitras a quitté son poste le 15 juillet dernier. Dans une lettre au premier ministre Justin Trudeau, elle déplorait ne pas être en mesure de remplir ses fonctions « en vertu du processus tel qu’il est conçu dans sa structure actuelle ».

     

    La commission d’enquête a fait l’objet de nombreuses critiques, notamment de la part des proches de victimes. Ils déplorent un manque de renseignements pour participer aux audiences et disent se sentir brusqués lors des témoignages.

     

    Réunis à Régina à la fin juillet, les chefs autochtones de tout le pays ont aussi lancé un appel officiel à la refonte en profondeur du mandat. L’Assemblée des Premières Nations a toutefois évité le pire désaveu en rejetant une motion réclamant la démission des commissaires de l’enquête nationale.

     

    Dans sa note sur les nouveaux départs, la commissaire en chef, Marion Muller, réitère quant à elle que l’équipe actuelle « est en mesure de poursuivre son travail ». Elle cite à ce titre les « puissants témoignages de proches et de survivants » déjà recueillis à Whitehorse, au Yukon, et à Smithers, en Colombie-Britannique.

     

    Les commissaires réclament un délai supplémentaire pour mener les travaux d’enquête. « Le temps qu’on nous a donné nous empêche de respirer », affirmait Michèle Audette au Devoir au début septembre. Elle avouait du même souffle avoir elle-même songé à démissionner en raison de « la pression constante qui vient de tous les côtés ».

     

    Le rapport préliminaire des commissaires, qui sera déposé en novembre, évoquera les obstacles logistiques et sociopolitiques auxquels les commissaires se sont heurtés.

     

    L’ENFFADA dispose d’un budget d’environ 54 millions de dollars et doit avoir terminé ses travaux avant le 31 décembre 2018. Les prochaines audiences communautaires débutent à Winnipeg le 16 octobre prochain.













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