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    Montréal

    Côte-des-Neiges demande 135 000$ pour embaucher deux travailleurs de rue

    Le plan d’action lancé par les organismes mercredi réclame l’embauche «urgente» d’au moins deux travailleurs de rue et d’un coordonnateur, plus utiles qu’un dénombrement des itinérants.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le plan d’action lancé par les organismes mercredi réclame l’embauche «urgente» d’au moins deux travailleurs de rue et d’un coordonnateur, plus utiles qu’un dénombrement des itinérants.

    Les organismes communautaires et publics de Côte-des-Neiges ont présenté leur plan d’action pour endiguer le problème de l’itinérance et de l’instabilité résidentielle. Ils réclament 135 000 $ à la Ville pour permettre notamment l’embauche de deux travailleurs de rue qui documenteraient bien mieux le problème que le ferait un dénombrement ponctuel.

     

    Six. C’est le nombre d’itinérants qui a été compté en 2015 dans Côte-des-Neiges lors du dénombrement.

     

    « Quand on dit qu’il y a de l’itinérance ici, les gens nous font les gros yeux. Pour eux, c’est seulement dans le centre-ville », lance Bernard Besancenot, agent de liaison à MultiCaf, un organisme offrant des repas aux plus démunis. Mais à chaque dénombrement — le prochain aura lieu en 2018 —, tout est à recommencer, parce que les chiffres ne sont pas concluants à Côte-des-Neiges.

     

    « On pense qu’elle n’existe pas. Mais ici, l’itinérance est cachée. On ne peut pas la compter, mais on est capable de la voir », insiste M. Besancenot.

     

    En effet, les intervenants et les organismes du milieu la voient. Ils l’ont documentée dans un rapport en mai 2016 et, cet été, six étudiants ont même fait du porte-à-porte dans le quartier.

     

    Cette itinérance a plus d’un visage. Celui des femmes qui transportent des sacs de plus en plus gros, comme si elles traînaient leur vie sur leur dos. Celui de jeunes adolescents, notamment haïtiens ou jamaïcains, qui pour prouver leur appartenance à une gang doivent passer un certain temps dans la rue avant de retourner chez leurs parents. Ou encore celui de jeunes filles qui, fuyant un milieu familial trop strict ou un mariage forcé, vont faire du « couchsurfing » chez une copine, puis une autre, puis une autre.

     

    « On finit par perdre leur trace, relate M. Besancenot. Et on va peut-être les retrouver au centre-ville. »

     

    Selon l’intervenant communautaire, tout est un problème de définition. « Certains logements ont des punaises de lit, de la moisissure, des portes qui ne barrent pas, des poubelles dans le passage. Ce n’est pas pour moi un logement où on vit en sécurité et en santé. C’est de l’itinérance », dit-il.

     

    Travailleurs de rue réclamés

     

    Mijoté depuis plus de quatre ans, le plan d’action lancé par les organismes mercredi réclame l’embauche « urgente » d’au moins deux travailleurs de rue et d’un coordonnateur, plus utiles qu’un dénombrement.

     

    « On n’a actuellement aucun travailleur de milieu, sauf pour les jeunes en bas de 25 ans et les aînés, à partir de 55 ans. Sinon, on n’a rien. C’est la police, la patrouille à pied, qui fait le travail », a dit M. Besancenot.

     

    Le protecteur des itinérants à la Ville de Montréal soutient pour sa part que le dénombrement doit demeurer puisqu’il permet de mesurer l’« urgence de la situation » pour l’itinérance visible. Toutefois, personne ne nie qu’il en existe une, complètement cachée et plus difficile à mesurer.

     

    « Tous les paliers de gouvernement sont conscients que le dénombrement n’est pas le seul outil, a assuré Serge Lareault. Ça fait partie de mes recommandations de trouver d’autres outils pour avoir un portrait plus large et global de l’itinérance. »













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