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    Un Québec inéquitable envers ses générations, selon un sondage

    Jeunes comme vieux voudraient devenir une priorité pour les politiques du gouvernement

    Les sacrifices pour atteindre l’équilibre budgétaire, ou en d’autres mots les mesures d’austérité, ne seraient pas répartis équitablement, selon les répondants au sondage.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les sacrifices pour atteindre l’équilibre budgétaire, ou en d’autres mots les mesures d’austérité, ne seraient pas répartis équitablement, selon les répondants au sondage.

    Dette, régimes de retraite, hausse des frais de scolarité, système public de santé, changements climatiques ; le choc des générations s’immisce régulièrement en filigrane des grands titres au Québec. Un vaste sondage de l’Institut du Nouveau Monde (INM) met en lumière les divergences — et les ressemblances — d’opinions, traçant les contours des relations entre groupes d’âge.

     

    L’organisme voué à la participation citoyenne et à la santé démocratique a mandaté la firme Léger pour se pencher sur la perception de l’équité et de la solidarité intergénérationnelle. Plus de 3000 personnes de trois grandes tranches d’âge ont répondu à une quarantaine de questions dans cet exercice.

     

    Une constante se dégage de leurs réponses : la perception d’iniquité entre les générations. Jeunes comme vieux voudraient devenir une priorité pour les politiques publiques du Québec, les uns comme les autres se percevant comme plus négligés.

     

    Les sacrifices pour atteindre l’équilibre budgétaire, ou en d’autres mots les mesures d’austérité, ne seraient pas non plus répartis équitablement, ont indiqué les répondants au sondage.

     

    Il ressort également de ce sondage que les Québécois de plus de 55 ans sont en proportion plus nombreux à penser que les choses n’évoluent pas pour le mieux dans la province. Serait-ce à cause de ce sentiment d’être les laissés pour compte ? Ce sont 74 % des répondants dans cette tranche de population qui trouvent que le Québec répond moins bien à leurs besoins.

     

    Le sondage révèle toutefois que ce groupe d’âge n’est pas le seul à se sentir nostalgique du passé. Le tiers des 18-34 ans et 43 % de la tranche mitoyenne 35-54 ans répondent également que les choses sont pires qu’il y a 10 ans. Un autre tiers des plus jeunes fait plutôt le constat de l’immobilisme, affirmant que la situation est pareille à celle qui prévalait il y a une décennie, et qu’elle sera pareille dans 10 ans.

     

    La source de cette forme de pessimisme diffère cependant. C’est le climat social et politique qui semble inquiéter davantage les Québécois de plus de 35 ans. Du côté de la génération Y, c’est plutôt la dégradation de l’environnement qui récolte le plus large consensus, 60 % affirmant qu’il est « moins bon qu’avant ».

     

    Faux sentiment d’impuissance ?

     

    Malgré certaines inquiétudes partagées par tous les groupes d’âge, chaque génération a tendance à croire que les autres ont plus de pouvoir.

     

    Les plus jeunes ne sont notamment que 11 % à croire à leur influence, tant dans la sphère économique que politique. Ils répondent que le poids politique se trouve plutôt chez les 55 ans et plus.

     

    Le poids électoral des 18-34 est en effet à la baisse, à cause de leur faible taux de participation, mais pas de leur poids démographique réel. Aux élections provinciales de 2018, les baby-boomers ne formeront plus le groupe prédominant pour la première fois depuis les années 1960, notait en 2015 François Gélineau, titulaire de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires.

     

    Il écrivait dans L’État du Québec, une publication annuelle de l’INM, que c’est le fait que l’électorat vieillissant exerce son droit qui lui permet de « conserver une certaine mainmise sur l’issue du vote ».

     

    Autre fait à noter, les 18 à 34 ans sont les plus prêts à payer davantage de taxes et d’impôts pour assurer des services publics équitables, bien qu’ils croient être le groupe le plus pauvre parmi les trois.

     

    Entre perception et réalité, l’équité intergénérationnelle mérite d’être discutée largement, croit l’INM.

     

    Ce large sondage servira donc de carburant intellectuel à une tournée du Québec par l’institut. Des forums ouverts aux citoyens sont prévus dans 17 régions de la province, avant d’en arriver à un sommet en novembre 2018.

    *Le sondage Léger a été réalisé par Internet du 24 juillet au 8 août 2017 auprès de 3005 Québécois (1002 répondants âgés de 18 à 34 ans; 1000 répondants âgés de 35 à 54 ans; 1003 répondants âgés de 55 ans et plus). Afin de rendre l'échantillon représentatif de la population, les résultats ont été pondérés en fonction du sexe, de la région, de la langue, de l'âge, de la scolarité et de la présence d'enfants dans le ménage, selon les données de Statistique Canada. 













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