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    Les immigrants se regroupent en banlieue comme à la ville

    Selon René Houle, chercheur pour Statistique Canada, les immigrants qui migrent hors de la métropole vont avoir tendance à se reconcentrer ailleurs.
    Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Selon René Houle, chercheur pour Statistique Canada, les immigrants qui migrent hors de la métropole vont avoir tendance à se reconcentrer ailleurs.

    Plus les années passent, plus les immigrants quittent Montréal pour s’établir dans les couronnes. Mais alors qu’on pourrait croire que c’est parce qu’ils s’intègrent et se fondent de plus en plus dans le paysage socioculturel québécois, le taux de concentration de ces populations demeure assez élevé, même en banlieue.

     

    C’est ce qui ressort d’une mise en forme des données des derniers recensements de Statistique Canada, à deux semaines de la sortie des nouvelles tendances en immigration du recensement de 2016.

     

    La théorie de l’assimilation spatiale prédit une sorte de disparition naturelle de la ségrégation, mais ce n’est pas nécessairement ce qu’on doit conclure en voyant que les immigrants s’installent en banlieue, indique René Houle, chercheur pour Statistique Canada.

     

    « C’était le point de départ de notre étude. Avec la théorie de l’assimilation spatiale, on pouvait s’attendre à ce que les immigrants et les enfants des immigrants aient tendance à se disperser, mais ça ne marche pas comme ça », souligne-t-il.

     

    Le chercheur, qui s’est intéressé à l’origine des immigrants et à leurs mouvements sur le territoire canadien, a mesuré l’indice de dissimilarité, soit la tendance des populations à se concentrer ou à se disperser sur le territoire. Son constat ? Les immigrants qui migrent hors de la métropole vont avoir tendance à se reconcentrer ailleurs. « Ce n’est pas parce que les immigrants vont en banlieue qu’ils se dispersent. »

     

    Les Français, États-Uniens et Portugais seraient parmi les plus dispersés, alors que les Philippins, les Indiens et les Grecs seraient des populations plus concentrées.

     

    Quartier homogène

     

    Il serait toutefois hasardeux de conclure à une certaine ghettoïsation, soutient la sociologue à l’INRS-Urbanisation Annick Germain. « Dans l’image populaire, la concentration, ça renvoie à un cas de figure où il n’y a que des gens d’une même origine qui vivent dans le même voisinage. Or, ce n’est pas ce dont on parle. »

     

    Si certains regroupements peuvent se faire en raison d’affinités linguistiques, c’était surtout au siècle dernier que les immigrants, notamment d’origine européenne, avaient tendance à s’installer dans un quartier plus homogène. Pour démontrer les réelles tendances à la co-ethnicité, il faudrait des analyses plus poussées, ajoute-t-elle.

     

    Les immigrants, ces banlieusards

     

    René Houle remarque que l’engouement pour la banlieue croît proportionnellement au nombre d’années passées au Québec. Même si les immigrants nouvellement arrivés s’installent d’abord à Montréal, « [la métropole] se vide pratiquement après trois générations ou plus », constate-t-il. Le prix élevé des loyers est un facteur, pas seulement pour les immigrants, d’ailleurs.

     

    Fait intéressant : de manière encore très marquée, les immigrants s’établissent selon le fameux axe « est-ouest » du boulevard Saint-Laurent, selon leur affinité avec le français ou l’anglais. Un axe semble se prolonger de façon imaginaire dans les banlieues comme Laval et Longueuil, orientant l’installation de la même manière.













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