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    Mort du policier Leroux: manque d’expérience et excès de confiance, selon le coroner

    Thierry Leroux a été tué en service à Lac-Simon le 13 février 2016. Des fleurs avaient été placées devant la demeure de la famille du policier par des membres de la communauté.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Thierry Leroux a été tué en service à Lac-Simon le 13 février 2016. Des fleurs avaient été placées devant la demeure de la famille du policier par des membres de la communauté.

    Le père de Thierry Leroux, ce policier tué en service à Lac-Simon le 13 février 2016, espérait trouver des recommandations sur l’accès aux armes à feu ou sur les interventions auprès des personnes en détresse psychologique dans le rapport du coroner sur la mort de son fils. Il a plutôt reçu, lundi, un document dénué de toute recommandation et truffé de reproches envers l’intervention de son enfant.

     

    « L’insistance est mise sur Thierry. Toute la faute est remise sur ses épaules », s’est désolé Michel Leroux, dans un entretien avec Le Devoir. « Ceux qui sont décédés avant lui et ceux qui vont mourir après, eh bien, ce sera parce qu’ils ont oublié une ligne, une virgule dans le manuel de l’école de police », a-t-il lancé.

     

    Enseignement

     

    Les références aux « enseignements de l’École nationale de police du Québec », ou ENPQ, sont nombreuses dans le rapport du coroner Jean-François Lécuyer. Thierry Leroux, qui intervenait auprès d’un homme suicidaire qui se trouvait au sous-sol d’une résidence de la communauté de Lac-Simon, en Abitibi-Témiscamingue, « est descendu seul, alors que l’ENPQ enseigne que ce genre d’intervention doit se faire à deux policiers, avec l’arme en main », a par exemple déploré le coroner. Il « s’est précipité dans les escaliers », a-t-il encore écrit. « Il aurait dû faire une réévaluation de la situation et une demande d’assistance », a-t-il noté.

     

    Thierry Leroux est mort après avoir été atteint par deux balles tirées par Anthony Raymond Papatie, un jeune homme de 22 ans qui a ensuite retourné son arme contre lui. Sa mort a notamment permis à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail de conclure, en mai, à un grave manque de ressources au sein du Service de police de la communauté algonquine d’environ 1000 personnes.

     

    Pas de contexte

     

    Or, dans son rapport, le coroner « n’a pas tenu compte du tout du contexte de la communauté elle-même », estime Michel Leroux. Si Jean-François Lécuyer mentionne qu’Anthony Raymond Papatie avait été impliqué dans « huit dossiers de violence ou de personne suicidaire » dans les années précédant les événements, il n’offre en revanche aucune explication sur l’accès aux armes dont jouissait le jeune homme, a-t-il notamment remarqué. « Comment ça se fait qu’on permette à un individu en détresse, suicidaire, de se retrouver avec des armes ? », a ainsi demandé Michel Leroux. Des nombreuses interventions effectuées auprès du jeune Algonquin, le coroner a surtout retenu ceci : « L’agent Leroux connaissait M. Papatie. […] Il est possible que l’agent Leroux ait agi avec un excès de confiance. »

     

    Selon le coroner, les personnes qui se trouvaient dans la maison au moment de l’intervention « auraient pu être évacuées rapidement pour leur sécurité ». Selon lui, « il n’y avait aucune urgence à intervenir directement avec M. Papatie », malgré le fait qu’il était suicidaire et armé.

     

    En tout, l’intervention policière a duré huit minutes et a évolué rapidement, a rappelé le coroner. Dans le feu de l’action, le « peu » d’expérience de Thierry Leroux, qui était policier depuis dix mois, dont six à Lac-Simon, « a pu contribuer durant l’intervention à une évaluation du risque et à une prise de décision en écart avec les enseignements de l’ENPQ », a-t-il retenu. Contre la carabine qui a servi à l’abattre, Thierry Leroux avait bien peu de chances, a-t-il aussi souligné. Le gilet pare-balles qu’il portait « n’est pas conçu pour une protection contre le calibre de l’arme utilisée par M. Papatie au cours des événements », a-t-il écrit.

     

    En fin de rapport, Jean-François Lécuyer n’a formulé aucune recommandation. Il a uniquement souligné que l’événement constituait « un homicide ». Ce crime, Michel Leroux ne le pardonnera « jamais » à Anthony Raymond Papatie. « Il l’a fait de son plein gré », a-t-il dit. « Mais il y a une chose : il était malade et on l’a mal soigné. Et en plus, on lui a permis d’avoir des armes entre les mains », a-t-il déploré.













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