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    Idées

    Légalisation du cannabis: la responsabilité du gouvernement ne doit pas partir en fumée

    25 septembre 2017 |Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) | Actualités en société
    Le gouvernement du Québec, garant du bien commun, doit assurer la santé et la sécurité de la population, surtout celles des jeunes, soutient l'ASPQ.
    Photo: iStock Le gouvernement du Québec, garant du bien commun, doit assurer la santé et la sécurité de la population, surtout celles des jeunes, soutient l'ASPQ.

    Lettre adressée au premier ministre du Québec

     

    Les études sont unanimes, la prohibition des drogues exacerbe les maux sociaux et compromet la santé. C’est ce qui explique que le Canada et plusieurs pays envisagent de modifier leur approche face à la lutte contre les drogues en adoptant une méthode axée sur la réduction des méfaits.

     

    Le projet de loi C-45 du gouvernement fédéral reconnaît que l’encadrement de la distribution du cannabis à des fins récréatives est une responsabilité provinciale et territoriale. Celle-ci a une portée de grande envergure puisque le type de cadre réglementaire retenu sera déterminant, peut-être davantage que la légalisation elle-même.

     

    Pour le gouvernement fédéral, tout comme pour celui du Québec, les objectifs poursuivis par la légalisation du cannabis récréatif visent la protection de la santé et de la sécurité publique, la restriction de l’accès des jeunes au cannabis et la diminution de l’emprise du marché illégal. C’est pour atteindre ces objectifs que l’ASPQ et ses partenaires demandent au gouvernement du Québec de mettre en place un encadrement strict concernant l’accès, la distribution et la vente du cannabis récréatif, qui s’avère, selon nous, le seul mécanisme d’encadrement permettant au mieux d’atteindre ce but. Rappelons que cette proposition fut retenue, en juin dernier, lors du forum d’experts organisé par le gouvernement.

     

    Toutefois, des voix s’élèvent contre cette approche en insistant sur l’opportunité de confier cette mission au secteur privé à but lucratif. Déjà, des activités de lobbying s’exercent pour faire pression en ce sens. Pourtant, une logique de marché basée sur la recherche de profits est incompatible avec la diminution de la consommation de cannabis récréatif et une lutte efficace contre le marché illégal. C’est un secret de Polichinelle, les intérêts de l’entreprise privée à but lucratif divergent ici de ceux de la santé et de la sécurité publique parce qu’ils visent principalement la rentabilité, tandis qu’un monopole public pourrait répondre à d’autres priorités.

     

    Option à retenir

     

    Le gouvernement du Québec, garant du bien commun, doit assurer la santé et la sécurité de la population, surtout celles des jeunes. L’ASPQ et ses partenaires demandent au gouvernement d’assumer son rôle de protecteur du citoyen afin que la santé et la sécurité de la population soient garanties par un monopole d’État. Dans ce contexte, les avantages d’un monopole sont indéniables :

     

    empêcher l’intégration verticale où les producteurs agissent également comme vendeurs au détail;

     

    suivre une logique de santé publique et non une de rentabilité;

     

    mieux gérer les revenus provenant de la vente et prendre en charge le financement des coûts sociaux;

     

    faire échec au marché illégal;

     

    empêcher l’accès aux mineurs;

     

    contrôler la qualité du produit;

     

    contrôler le prix;

     

    protéger le public devant l’influence des lobbys privés dont la stratégie consiste toujours à en demander plus et à maximiser les profits.

     

    En conséquence, il convient que le gouvernement du Québec, suivant l’exemple de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick, fasse preuve de courage politique et affirme sa vision à long terme en confiant l’achat et la distribution du cannabis récréatif à un monopole d’État relevant du Ministère de la Santé.

     

    Cosignataires :

     

    Dr Jean Rochon, ex-ministre de la Santé et des Services sociaux

     

    Dr Réjean Hébert, ex-ministre de la Santé et des Services sociaux, doyen de l’École de santé publique, Université de Montréal

     

    Dr Martin Juneau, cardiologue, directeur de la prévention, Institut de cardiologie de Montréal

     

    Pierre Lavoie, cofondateur du Grand Défi Pierre Lavoie

     

    Jean-Sébastien Fallu, professeur agrégé École de psychoéducation, Université de Montréal

     

    Lilianne Bertrand, Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)

     

    Dr Didier Jutras-Aswad, médecin psychiatre et directeur, Unité de psychiatrie des toxicomanies, CHUM

     

    Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN)

     

    Dre Roxanne Houde, Jeunes médecins pour la santé publique (JMPSP)

     

    Serge Brochu, Institut universitaire sur les dépendances et Université de Montréal

     

    Philippe Hurteau, chercheur à l’IRIS

     

    Dr Robert Perreault, Direction de santé publique de Montréal

     

    Nathalie Dumais, Mouvement Santé mentale Québec

     

    Vincent Marcoux, Association québécoise des centres d’intervention en dépendance (AQCID)

     

    Dr Mathieu Lanthier-Veilleux, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive













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