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    Inondations printanières: de nouvelles mesures pour franchir le mur des procédures

    12 septembre 2017 20h35 |Sarah R. Champagne | Actualités en société
    <p>Des experts du ministère verront à ce que les municipalités émettent rapidement des permis de rénovation ou de reconstruction.</p>
    Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir

    Des experts du ministère verront à ce que les municipalités émettent rapidement des permis de rénovation ou de reconstruction.

    Québec annonce de nouvelles mesures pour accélérer le rétablissement des sinistrés des inondations du printemps dernier.

     

    Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux a reconnu lors de l’annonce mardi qu’une certaine confusion régnait chez les sinistrés quant aux démarches à entreprendre. Il a ainsi admis que les procédures habituelles s’étaient avérées inadéquates devant l’ampleur du désastre : « Je ne suis certainement pas ici pour vous dire que tout ce qu’on fait est parfait. C’est le contraire que je suis en train de vous dire. »

     

    Des journées de rencontres personnalisées se tiendront à très court terme, a-t-il promis, pour permettre aux sinistrés de rencontrer en une seule occasion tous les représentants provinciaux et municipaux impliqués.

     

    Les étapes bureaucratiques seront aussi facilitées par une coopération plus serrée entre le ministère de la Sécurité publique (MSP), le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT) et les municipalités, réunis en « comité de partenariat ».

     

    Des experts du MAMOT verront en outre à ce que les municipalités émettent rapidement des permis de rénovation ou de reconstruction, en simplifiant s’il le faut les processus pour ce « contexte exceptionnel ».

     

    Enfin, des ententes seront conclues avec les organismes comme la Croix-Rouge pour le soutien des personnes hébergées temporairement.

     

    L’opposition n’a pas tardé à critiquer cette annonce du ministre Coiteux. Le porte-parole péquiste en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé, a dénoncé par voie de communiqué « la lenteur et le cafouillage du gouvernement dans le dossier des inondations ». La Coalition avenir Québec a accusé le gouvernement d’abandonner les sinistrés, qualifiant de « cosmétiques » les mesures annoncées.

     

    M. Bérubé affirme que les mesures annoncées mardi auraient dû être prises il y a longtemps et il reproche au ministre de n’avoir réagi que lorsqu’une centaine de citoyens se sont rassemblés devant son bureau de circonscription. Une manifestation s’est tenue à Montréal dimanche dernier pour dénoncer la lenteur de la réaction du gouvernement.

     

    Accueil favorable, mais encore impatient

     

    Des mesures accueillies favorablement par le maire de Rigaud, Hans Gruenwald. « Je suis très content. Un sinistre comme on a vécu, c’est difficile d’être 100 % prêts pour ça alors on le gère du mieux qu’on peut », affirme-t-il. À la fin du mois d’août, il avait fait une sortie publique pour manifester son exaspération devant la lenteur du gouvernement.

     

    En entrevue au Devoir, le maire de l’arrondissement de L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève, Normand Marinacci, se disait lui aussi préoccupé par ces délais, demandant de « faire bouger la machine ». M. Marinacci voit dans ces nouvelles mesures « un effort positif » de la part du ministre Coiteux. Il souligne néanmoins qu’« environ une vingtaine de familles ne savent toujours pas [si elles] pourront reconstruire et ne peuvent pas rentrer chez eux », une situation qu’il qualifie de « dramatique ».

     

    Pour les milliers de sinistrés, l’évaluation des dommages par un inspecteur est une étape incontournable avant de retrouver une vie normale. Les résidences considérées « perte totale » devront être démolies, c’est-à-dire celles dont les dommages sont estimés à plus de 50 % des coûts de reconstruction dans une zone qui s’inonde au moins une fois sur une période de 20 ans. Les autres résidences pourront être reconstruites ou rénovées, notamment grâce à l’aide financière accordée, après avoir obtenu un permis auprès de leur municipalité.

     

    Rapports d’évalution transmis


    La plupart des rapports d’évaluation ont déjà été transmis aux citoyens, selon les données compilées par le ministère de la Sécurité publique. Ce sont 3720 demandes d’expertise qui ont été déposées. Sur ce total, plus de 3101 rapports ont déjà été transmis aux propriétaires de résidences inondées, a indiqué une porte-parole au Devoir. Il ne resterait donc qu’un peu plus de 600 inspections à faire, sur les demandes déjà reçues.

    D’autres demandes d’aide financière pourraient en effet s’ajouter d’ici la fin du mois d’octobre. La plupart des sinistrés avaient jusqu’au 16 août pour présenter une réclamation. Les résidants d’une minorité de municipalités disposaient cependant de plus de temps pour constater les dégâts, soit jusqu’au mercredi 13 septembre ou jusqu’au 28 octobre 2017.

    Ces rapports sont envoyés directement aux citoyens, ce qui rend difficile le suivi par les municipalités. La ville de Rigaud ne peut pas, par exemple, confirmer que ses citoyens ont bel et bien reçu ces rapports. Seules une quarantaine de personnes se sont présentées aux bureaux administratifs pour demander un permis de rénovation ou de démolition, sur un total de 273 dossiers de demandes d’aide financière ouverts au ministère.

    Le 11 juillet dernier, le ministre Martin Coiteux avait promis que les rapports d’évaluation des dommages seraient transmis à l’intérieur de cinq semaines. Pour mettre les « bouchées doubles », le ministère avait embauché 90 personnes, avait-il affirmé. Depuis cette annonce, 1000 demandes d’expertise supplémentaires ont été envoyées au ministère.













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