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    La Floride subit les foudres d’«Irma»

    Alors que l’ouragan balaye la péninsule, le Canada est critiqué pour sa lenteur à secourir ses citoyens coincés dans les Caraïbes

    11 septembre 2017 | Marie-Lise Rousseau Avec Marie-Michèle Sioui et l’Agence France-Presse | Actualités en société
    L’ouragan «Irma» a poursuivi sa route destructrice dimanche en atteignant la Floride.
    Photo: Joe Raedle / Getty Images / Agence France-Presse L’ouragan «Irma» a poursuivi sa route destructrice dimanche en atteignant la Floride.

    Comme prévu, l’oeil de l’ouragan Irma a touché terre au sud de la Floride dimanche, y faisant au moins trois morts, qui s’ajoutent aux 27 décès enregistrés dans les Caraïbes et aux énormes dégâts matériels causés par l’ouragan. Pendant ce temps, le gouvernement canadien est critiqué pour sa lenteur à rapatrier ses ressortissants coincés sur place.

     

    Soufflant des vents de 185 km/h, Irma a touché terre à Marco Island, dans l’ouest de la Floride, à 15 h 35, après avoir ravagé maisons et bateaux abandonnés sur l’archipel des Keys en matinée avec des rafales à 215 km/h. Alors classé en catégorie 3, sur une échelle de 5, il a été rétrogradé en catégorie 2 en fin de journée, a indiqué le Centre américain des ouragans (NHC).

     

    Au moment d’écrire ces lignes, l’ouragan dévastateur se trouvait à la hauteur de Fort Myers et se dirigeait vers le nord-ouest de la Floride à une vitesse de 22 km/h. La dépression devrait rester un ouragan jusqu’à lundi matin.

     

    Irma n’épargne pas la côte est : Miami est assaillie par des vents et une pluie très intenses. Au moins deux grues ont été partiellement emportées.

     

    Près de cinq millions de personnes étaient privées d’électricité, dimanche, en Floride. Des images de citoyens montrent l’ampleur des dégâts : inondations importantes, arbres déracinés, panneaux arrachés et fortes vagues, notamment.

     

    Le président américain, Donald Trump, a déclaré l’état de catastrophe naturelle pour la Floride en début de soirée, ce qui permettra de débloquer des moyens supplémentaires pour venir en aide à la péninsule. Il a aussi annoncé qu’il se rendra « très vite » en Floride.

     

    Claude Bélanger vit dans cet État depuis 25 ans. « Des ouragans, j’en ai vu d’autres. J’ai hâte que celui-là finisse », a-t-il répété au Devoir depuis sa résidence équipée de vitres anti-ouragan.

     

    Depuis la nuit de samedi à dimanche, des pluies diluviennes et des vents forts balaient le secteur de Pamplano Beach, où il réside. La situation ne semblait pas prête de se résorber en fin de journée. « Je n’ai pas peur pour en dedans, dit-il. Mais c’est pas drôle pour ceux qui n’ont pas des habitations sécurisées. »

     

    Si cela avait été son cas, le Québécois originaire de Shawinigan aurait quitté sa résidence sans hésiter. « Beaucoup de Québécois qui ont des maisons mobiles vont perdre leur maison », a déclaré le travailleur en construction.

     

    Une autre Québécoise, Diane Ledoux, habite à Plantation, non loin de Fort Lauderdale. Elle devait rentrer au Québec avant l’arrivée d’Irma, mais son vol a été annulé samedi. Elle s’est donc rendue chez un ami à Lake Worth après avoir sécurisé son condo et fait le plein de provisions.

     

    « Je ne voulais pas être seule, c’est mieux et plus sécuritaire de vivre quelque chose comme ça avec quelqu’un », dit-elle au bout du fil. La consultante en marketing ne craint pas trop pour son condo, qui est équipé de vitres anti-ouragan, mais « avec la vitesse des vents prévus, ça se peut que ça ne tienne pas le coup ».

     

    Des tornades ont aussi été rapportées dans son secteur.

     

    Affaires mondiales Canada n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue dimanche, mais une porte-parole, Natasha Nystrom, a indiqué par courriel que 296 ressortissants ont demandé de l’aide via le Centre de surveillance et d’intervention d’urgence du gouvernement (CSIU), qui a traité plus de 1750 appels et courriels liés aux ouragans Irma et José.

     

    La porte-parole a aussi fait savoir que « les missions diplomatiques du Canada sont en contact avec les autorités locales, les compagnies aériennes et les voyagistes afin d’aider davantage les Canadiens touchés ».

     

    Des mesures insuffisantes aux yeux de Félix Brabant, dont le frère, Antoine Dutrisac, et sa conjointe, Geneviève Brière, sont coincés dans la portion néerlandaise de Saint-Martin. Depuis vendredi, les proches du couple font des démarches pour les rapatrier, sans succès.

     

    Affaires mondiales a recommandé aux deux Québécois de rester à l’aéroport, même si aucun vol ne les y attend. Sunwing a déployé un avion dimanche, mais Antoine et Geneviève n’ont pu monter à bord, car il était plein. Le couple manque d’eau et de nourriture.

     

    « C’est la cohue totale », a déclaré Félix Brabant, qui a dit recevoir des informations contradictoires de part et d’autre. Seule certitude pour Antoine et Geneviève : leur compagnie aérienne, American Airlines, leur promet un vol de retour le 16 septembre.

     

    En point de presse dimanche, le premier ministre Philippe Couillard a affirmé que le gouvernement était prêt, au besoin, à « aller chercher notre monde ». Il a aussi fait savoir que le bureau de Justin Trudeau a demandé aux grands transporteurs aériens de se tenir prêts à envoyer des avions pour rapatrier les ressortissants dès que les conditions le permettront. « Il faut réaliser qu’actuellement, les conditions d’atterrissage sont très difficiles en Floride et quasi impossibles dans les Antilles », a-t-il dit.

     

    Le gouvernement provincial a également demandé à Ottawa de mettre en place une ligne 1-800 afin que les victimes et leurs proches puissent communiquer plus facilement avec les autorités fédérales.

     

    « On va s’occuper de notre monde, a répété le premier ministre, qui a voulu se faire rassurant. On ne prend pas ça à la légère. »

     

    « On est tombés en bas de nos chaises en entendant ça. Si M. Couillard est sérieux, on va entrer en communication avec le provincial », commente Félix Brabant, qui critique vivement la lenteur des démarches au fédéral. M. Brabant déplore que d’autres pays aient déployé des avions militaires pour rapatrier leurs ressortissants, mais pas le Canada.

     

    La France est également montrée du doigt par une partie de la population des îles françaises de Saint-Martin et Saint-Barthélemy pour ses mesures jugées insuffisantes. Ces territoires ont été dévastés par Irma, mais épargnés par l’ouragan José. Le président Emmanuel Macron doit se rendre mardi à Saint-Martin.













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