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    Les décès par surdose d’opioïdes sont en hausse constante au Québec

    Selon les données préliminaires, au moins 140 personnes en sont mortes en 2016

    Une centaine de personnes se sont rassemblées jeudi aux Jardins Émilie-Gamelin, pour rendre hommage aux victimes québécoises des surdoses d’opioïdes.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une centaine de personnes se sont rassemblées jeudi aux Jardins Émilie-Gamelin, pour rendre hommage aux victimes québécoises des surdoses d’opioïdes.

    Au moins 140 personnes sont mortes d’une surdose d’opioïdes au Québec en 2016, révèle un portrait partiel sur le nombre de personnes décédées à la suite d’une intoxication par opioïdes depuis 2010.

     

    « Les données préliminaires pour les années 2015 et 2016 [indiquent] que l’augmentation du taux de mortalité se poursuit », peut-on aussi lire dans le rapport produit par l’INSPQ.

     

    En juin dernier, Le Devoir révélait qu’en pleine crise des opioïdes au pays le Québec était la seule province canadienne à ignorer le nombre de personnes décédées d’une surdose en 2016, selon un rapport national de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

     

    Deux mois après la publication de ce document, Québec a dévoilé une mise à jour de ces données à l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses, qui s’est tenue jeudi. On y apprend notamment que de 2000 à 2016, 2559 personnes sont mortes par surdose d’opioïdes.

     

    Dans la dernière année, ces médicaments utilisés pour apaiser la douleur ont fait des ravages à travers le monde alors qu’ils peuvent entraîner une forte dépendance.

     

    En 2016, 89 hommes et 51 femmes sont morts d’une surdose d’opioïdes au Québec. Ces chiffres pourraient toutefois augmenter considérablement, puisque le document précise que 44 % des investigations de causes de décès pour 2016 étaient en cours lors de l’extraction des données.

     

    « Les groupes d’âge les plus affectés sont les personnes âgées de 35 à 49 ans et de 50 à 65 ans », indique-t-on dans le rapport.

     

    Pour l’année 2015, les données provisoires indiquent une hausse du nombre de décès de 14,4 % par rapport au nombre annuel moyen de la période 2010-2014. En une année seulement, 222 Québécois ont perdu la vie à cause d’une surdose d’opioïdes, soit 28 personnes de plus que le total des quatre années précédentes.

     

    « Ce qui est frappant, c’est que l’on constate que le taux de mortalité a doublé dans les 15 dernières années et qu’encore aujourd’hui le gouvernement assure qu’il n’y a pas de crise. Moi, je trouve ça inquiétant », indique Jean-François Mary, directeur général de l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD).

     

    En effet, selon le rapport, de 2000 à 2004, 92 personnes ont perdu la vie à la suite d’une surdose d’opioïdes. Une donnée qui bondit d’année en année depuis.

     

    La ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois assure que le Québec est outillé pour faire face à ce fléau.

     

    « Parmi les mesures déjà en place, notons le fait que la naloxone, un médicament permettant de contrecarrer les effets des opioïdes en cas de surdose, est [en vente] pour les consommateurs d’opioïdes, depuis le printemps dernier, sans ordonnance en pharmacie », fait-elle valoir dans un communiqué.

     

    Mais la réalité est tout autre sur le terrain, dit M. Mary, qui veut des mesures concrètes.

     

    « La naloxone, c’est la base. On parle de garder quelqu’un en vie, on ne parle pas de financement pour les groupes de première ligne, de traitements pour vaincre la dépendance. On parle de l’accès à quelque chose qui s’apparente à l’Epipen [traitement d’urgence pour une réaction allergique] », souligne-t-il.

     

    La ministre Charlebois rappelle également qu’une stratégie 2017-2020 de prévention et de réponses aux surdoses d’opioïdes ainsi qu’un plan d’action interministériel en dépendance sont en préparation.

     

    Le fentanyl bien présent

     

    Bien qu’incomplètes, ces données suggèrent déjà une hausse marquée de décès causés par le fentanyl, un opioïde jusqu’à 100 fois plus puissant que la morphine.

     

    La part des intoxications mortelles causées par le fentanyl s’accroît, passant de 8,1 % en 2010-2015 à 19,3 % en 2016, selon les données.

     

    « Le fentanyl est un médicament utilisé en médecine depuis très longtemps, mais dans les dernières années, des narcotrafiquants ont introduit un type de fentanyl illicite qu’ils mélangent à d’autres substances sans le dire aux consommateurs, et c’est souvent là que surviennent les intoxications », explique la Dre Suzanne Brissette, chercheuse et médecin au Service de médecine des toxicomanies du CHUM.

     

    Un rapport partiel produit par l’Institut national de santé publique du Québec a été rendu public.













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