Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    2,5 millions d’aide sociale aux demandeurs d’asile

    Jusqu'à 5000 chèques seront distribués au Palais des congrès

    25 août 2017 | Lisa-Marie Gervais - Avec La Presse canadienne | Actualités en société
    Arrivée de demandeurs d'asile au poste frontalier de Lacolle
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Arrivée de demandeurs d'asile au poste frontalier de Lacolle

    L’octroi de chèques d’aide sociale aux demandeurs d’asile est une procédure habituelle, a martelé le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS), mais cette décision n’en suscite pas moins de nombreuses réactions. Tandis que l’opposition s’inquiète de l’impact sur les finances des Québécois, d’autres déplorent la façon dont cela est orchestré.

     

    Entre 4000 et 5000 chèques d’aide financière de dernier recours seront distribués aux migrants, notamment haïtiens, récemment arrivés en grand nombre près de Lacolle. Cette vaste opération coordonnée par des fonctionnaires se déroulera sur trois jours (30 et 31 août et 1er septembre) au Palais des congrès.

     

    Certains de ces demandeurs d’asile n’ayant pas encore d’adresse, il fallait un endroit pour pouvoir leur remettre leur chèque, car le ministère n’a pas de locaux ou d’espace pour les accueillir. Ce n’est pas une procédure nouvelle, a-t-on indiqué au cabinet du ministre François Blais. « La seule chose qui est nouvelle par rapport à ce qu’on fait normalement, c’est le gros volume qui fait qu’on distribue au Palais des congrès », a indiqué Simon Laboissonnière, attaché de presse du ministre. « Sinon, c’est la même chose depuis 1996 », a-t-il ajouté, faisant référence à un décret adopté.

     

    Au Québec, toute personne se trouvant sur le territoire a le droit de postuler pour l’aide de dernier recours, qu’elle soit un migrant en attente d’une décision de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) ou en attente d’une réponse sur la recevabilité de sa demande d’asile, ce qui est le cas de nombreux Haïtiens. Les délais de recevabilité sont actuellement d’environ six mois. « Ce que ça leur prend [aux migrants] pour faire une demande d’aide sociale, c’est simplement une lettre qui spécifie qu’ils vont rencontrer un agent d’immigration. Techniquement, leur situation peut ne pas être réglée », a dit M. Laboissonnière.

     

    L’octroi du chèque et le montant sont déterminés selon une base déclaratoire, et les critères sont les mêmes que pour tous les Québécois. Les demandeurs d’asile qui arrivent ces jours-ci sont dirigés par les travailleurs sociaux du Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA) vers les bureaux du ministère, où ils font leur demande d’aide financière de dernier recours. Ils doivent ensuite se présenter en personne dans les huit jours ouvrables pour connaître la décision et le montant du chèque.

     

    Les chefs des deux principaux partis d’opposition à Québec se sont questionnés, jeudi, quant à la capacité financière des Québécois à fournir cette aide sociale aux nouveaux arrivants. Environ 2,5 millions leur seront versés en prestations, et ce, uniquement pour le mois de septembre.

     

    « Le gouvernement nous dit qu’il est incapable de donner un deuxième bain dans les CHSLD et ça coûte 30 millions. Alors, combien ça va coûter, 8, 10, 15 000 demandeurs d’asile qui restent au Québec pendant trois ans ? C’est sûr que c’est plus que 30 millions », a déclaré le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale, jeudi. « Est-ce qu’on a collectivement les moyens ? Oui, on a budget de 100 milliards, mais pour l’instant, le gouvernement nous dit qu’on n’a pas les moyens de donner un deuxième bain », a-t-il poursuivi.

     

    La p.-d.g. adjointe du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Francine Dupuis, n’a pas pris part à cette décision, mais elle comprend l’idée derrière cette vaste opération de distribution. Elle s’inquiète cependant de son caractère ostentatoire et de l’impact. « Certains vont s’emparer de ça, surtout des gens en désaccord avec le fait de donner une aide ponctuelle, et ça peut amener des commentaires négatifs », a-t-elle dit.

     

    Est-ce que ce sera à refaire le mois prochain ? Impossible de le dire, a-t-on indiqué au cabinet du ministre Blais. Si la situation des migrants change, parce qu’ils auront trouvé un emploi par exemple, il y aura moins de chèques à remettre.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.