Crise du 1er juillet - Finis les suppléments au loyer
La décision de Québec est inadmissible, dit le FRAPRU
Photo : Jacques Grenier
Fini
Crise du 1er juillet
Pour sortir de la crise du 1er juillet, le gouvernement a distribué des suppléments au loyer aux ménages les plus démunis. Voilà qu'il met fin à l'opération alors que la demande d'aide est encore grande à Montréal.
Le gouvernement du Québec a avisé les municipalités qui vivent des problèmes de logement de ne plus distribuer de suppléments au loyer. Ce supplément constitue pourtant la plus importante mesure gouvernementale pour aider les gens à se sortir de la crise du 1er juillet. Il permet à un ménage démuni de ne consacrer, pendant deux ans, que 25 % de ses revenus à se loger sur le marché privé, le gouvernement versant la différence.
La plupart des villes ont été averties à la fin de la semaine dernière de cesser l'octroi de suppléments. À Montréal, la directive, verbale, a été officiellement transmise hier et doit entrer en vigueur ce matin. La Ville, qui avait eu vent de ce moratoire, avait décidé en début de semaine de continuer d'accorder des suppléments au loyer afin de ne priver de secours aucun ménage. Depuis le 1er juillet, Montréal a accordé quotidiennement une vingtaine de suppléments pour répondre à la demande. Dans la seule journée d'hier, 28 suppléments ont été octroyés. En un mois, 864 ménages montréalais ont été déclarés admissibles au supplément au loyer d'urgence, davantage que ce que le gouvernement était prêt à subventionner.
Celui-ci avait prévu de distribuer 750 suppléments à travers tout le Québec pour faire face au 1er juillet. Il se gardait toutefois une marge de manoeuvre financière pour, dans le pire des cas, grimper à 1150. Vendredi dernier, comme l'indiquait Le Devoir, on en était déjà à 1142 suppléments. Le conseil des ministres d'aujourd'hui doit discuter de cet excédent de dépenses.
Pour François Saillant, du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), la décision gouvernementale est inadmissible. Comme on le voit à Montréal, note-t-il, des ménages ont encore besoin d'aide, et s'ajouteront bientôt ceux dont le bail arrive à terme le 1er août. «On ferme boutique parce que pour le gouvernement, la crise est finie. Mais pour le monde, elle ne l'est pas du tout!», s'indigne M. Saillant.
À la Ville de Montréal, on a décidé de ne pas stopper complètement la distribution. «On va continuer d'analyser la situation des ménages, et s'ils sont admissibles à un supplément, on va les mettre sur une liste d'attente», expliquait hier Louise Hébert, de l'Office municipal d'habitation (OMH). «Si on se fie à l'expérience de l'année passée, on peut croire que quelques ménages n'utiliseront pas leur supplément. On se dit qu'il y a là un petit jeu pour aider d'autres personnes», poursuit-elle, confirmant que l'an dernier, il avait fallu aider des ménages en situation d'urgence tout au long de l'année.
Par ailleurs, il ne reste plus que 18 ménages hébergés par la Ville de Montréal. Hier, un blitz de recherche de logements dirigé par l'OMH a permis de trouver un toit à 40 ménages, principalement des personnes seules.
À l'OMH, on se réjouit particulièrement d'une entente conclue avec un propriétaire qui les a appelés afin de leur offrir la gestion de son édifice, transformé en maisons de chambre. Sept adultes à la limite de l'itinérance pourront y loger dès la fin de la semaine, sous la responsabilité de la Fédération des OSBL d'habitation de Montréal, qui s'occupe de logements offrant un soutien communautaire.
Dans un communiqué émis hier, le maire Gérald Tremblay s'est aussi engagé à ne pas oublier les ménages montréalais qui cohabitent — ils sont plus de 400 —, affirmant que l'OMH ne relâchera pas ses efforts pour les aider à se trouver un logis.
Le gouvernement du Québec a avisé les municipalités qui vivent des problèmes de logement de ne plus distribuer de suppléments au loyer. Ce supplément constitue pourtant la plus importante mesure gouvernementale pour aider les gens à se sortir de la crise du 1er juillet. Il permet à un ménage démuni de ne consacrer, pendant deux ans, que 25 % de ses revenus à se loger sur le marché privé, le gouvernement versant la différence.
La plupart des villes ont été averties à la fin de la semaine dernière de cesser l'octroi de suppléments. À Montréal, la directive, verbale, a été officiellement transmise hier et doit entrer en vigueur ce matin. La Ville, qui avait eu vent de ce moratoire, avait décidé en début de semaine de continuer d'accorder des suppléments au loyer afin de ne priver de secours aucun ménage. Depuis le 1er juillet, Montréal a accordé quotidiennement une vingtaine de suppléments pour répondre à la demande. Dans la seule journée d'hier, 28 suppléments ont été octroyés. En un mois, 864 ménages montréalais ont été déclarés admissibles au supplément au loyer d'urgence, davantage que ce que le gouvernement était prêt à subventionner.
Celui-ci avait prévu de distribuer 750 suppléments à travers tout le Québec pour faire face au 1er juillet. Il se gardait toutefois une marge de manoeuvre financière pour, dans le pire des cas, grimper à 1150. Vendredi dernier, comme l'indiquait Le Devoir, on en était déjà à 1142 suppléments. Le conseil des ministres d'aujourd'hui doit discuter de cet excédent de dépenses.
Pour François Saillant, du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), la décision gouvernementale est inadmissible. Comme on le voit à Montréal, note-t-il, des ménages ont encore besoin d'aide, et s'ajouteront bientôt ceux dont le bail arrive à terme le 1er août. «On ferme boutique parce que pour le gouvernement, la crise est finie. Mais pour le monde, elle ne l'est pas du tout!», s'indigne M. Saillant.
À la Ville de Montréal, on a décidé de ne pas stopper complètement la distribution. «On va continuer d'analyser la situation des ménages, et s'ils sont admissibles à un supplément, on va les mettre sur une liste d'attente», expliquait hier Louise Hébert, de l'Office municipal d'habitation (OMH). «Si on se fie à l'expérience de l'année passée, on peut croire que quelques ménages n'utiliseront pas leur supplément. On se dit qu'il y a là un petit jeu pour aider d'autres personnes», poursuit-elle, confirmant que l'an dernier, il avait fallu aider des ménages en situation d'urgence tout au long de l'année.
Par ailleurs, il ne reste plus que 18 ménages hébergés par la Ville de Montréal. Hier, un blitz de recherche de logements dirigé par l'OMH a permis de trouver un toit à 40 ménages, principalement des personnes seules.
À l'OMH, on se réjouit particulièrement d'une entente conclue avec un propriétaire qui les a appelés afin de leur offrir la gestion de son édifice, transformé en maisons de chambre. Sept adultes à la limite de l'itinérance pourront y loger dès la fin de la semaine, sous la responsabilité de la Fédération des OSBL d'habitation de Montréal, qui s'occupe de logements offrant un soutien communautaire.
Dans un communiqué émis hier, le maire Gérald Tremblay s'est aussi engagé à ne pas oublier les ménages montréalais qui cohabitent — ils sont plus de 400 —, affirmant que l'OMH ne relâchera pas ses efforts pour les aider à se trouver un logis.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

