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    Des Québécois chez les néonazis à Charlottesville

    Les deux participants identifiés se défendent d’être des suprémacistes blancs

    18 août 2017 | Mélanie Marquis - La Presse canadienne à Ottawa | Actualités en société
    La manifestation en Virginie a donné lieu à de violents affrontements entre le camp composé de groupes néonazis et de membres du Ku Klux Klan (KKK) et l’autre camp, qui était composé de militants opposés aux positions de ces personnes se réclamant de la droite alternative.
    Photo: Chip Somodevilla Getty Images/Agence France-Presse La manifestation en Virginie a donné lieu à de violents affrontements entre le camp composé de groupes néonazis et de membres du Ku Klux Klan (KKK) et l’autre camp, qui était composé de militants opposés aux positions de ces personnes se réclamant de la droite alternative.

    Au moins deux Québécois ont fait la route jusqu’à Charlottesville, en Virginie, pour se joindre au camp des suprémacistes blancs lors du rassemblement qui a dégénéré et fait une victime, la semaine dernière.

     

    L’un d’entre eux a fustigé la publication, sur une page Facebook antifasciste, d’une capture d’écran tirée d’un reportage tourné lors des événements de la semaine dernière où l’on voit son visage et celui de quatre autres jeunes hommes.

     

    « Ces gens sont des idiots qui veulent faire avancer le récit des médias mondialistes pour faire taire toute personne qui est à droite du centre », s’est insurgé en anglais Shawn Beauvais-MacDonald sur sa page Facebook, mercredi.

     

    La veille, il avait été suspendu du groupe d’extrême droite La Meute, dont il faisait partie. Il a été exclu « d’un commun accord […] le temps de faire la lumière sur cette affaire », a écrit mardi soir à La Presse canadienne le porte-parole de l’organisation, Sylvain Brouillette.

     

    Il a soutenu que l’organisation La Meute « se dissocie formellement des groupes de suprémacistes blancs, des groupes racistes et des groupes violents de toute orientation politique ».

     

    Un autre Québécois qui s’est déplacé en Virginie et dont la photo a été publiée sous forme d’avis de recherche sur la page Facebook anti-Pegida Québec est Vincent Bélanger-Mercure.

     

    « Je l’ai surtout fait “For the lulz”, c’est-à-dire que je m’attendais à y [être] diverti et ce fut bel et bien le cas », a-t-il écrit dans un échange de messages privés avec La Presse canadienne, mercredi.

     

    Il a soutenu qu’il s’était rendu au rassemblement « Unite the Right » (« Unissons la droite ») pour protester contre le retrait d’une statue équestre du général sudiste Robert Lee, qui a commandé les troupes confédérées durant la guerre de Sécession.

     

    Le biologiste se défend d’être un suprémaciste blanc. « Mais j’ai pas non plus honte d’être blanc », a-t-il écrit. « Je crois qu’en tentant d’uniformiser toutes les cultures par la globalisation, on fait disparaître de la beauté du monde », a ajouté Vincent Bélanger-Mercure.

     

    Il a dit ne pas connaître les trois autres hommes dont la photo a été publiée, ni avoir la certitude qu’ils sont originaires du Québec. « On dirait par l’accent, mais j’leur ai pas parler [sic] en français », a-t-il écrit, spécifiant avoir « seulement parler [sic] à Shawn ».

     

    Les photos ont été tirées d’un reportage réalisé par le média Vice en collaboration avec HBO sur les événements de Charlottesville, qui ont été condamnés par de nombreux politiciens à travers le monde.

     

    La personne qui gère la page Facebook anti-Pegida Québec a expliqué avoir publié les photos, car il est « important de dénoncer ce type de

     

    « N’oublions pas ce qui s’est passé à la mosquée de Québec. C’est de la radicalisation raciste », a plaidé cette personne, qui n’a pas voulu dévoiler son identité ou accorder d’entrevue au téléphone, dans un échange de messages privés avec La Presse canadienne.

     

    La manifestation en Virginie a donné lieu à de violents affrontements entre le camp composé de groupes néonazis et de membres du Ku Klux Klan (KKK) et l’autre camp, qui était composé de militants opposés aux positions de ces personnes se réclamant de l’« alt-right ».

     

    Les violences ont dégénéré au point où un homme a tué une jeune femme et blessé plusieurs autres personnes en fonçant avec son véhicule sur la foule. Le suspect, James Alex Fields, a été arrêté et fera face à plusieurs chefs d’accusation, dont celui de meurtre non prémédité.

     

    Le premier ministre Justin Trudeau a réagi à cette flambée de violence sur Twitter dimanche dernier. « Le Canada n’est pas à l’abri du racisme et de la haine. Nous les condamnons sous toute forme et appuyons les victimes de Charlottesville », a-t-il écrit.

     

    Du côté de Québec, certains politiciens, dont la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, ont exprimé leurs préoccupations face à une montée de l’extrême droite, alors qu’un rassemblement organisé par La Meute doit se tenir dans les rues de la capitale, dimanche.

     

    Il y a effectivement une montée de cette mouvance au Québec et au Canada, selon David Morin, vice-doyen aux études supérieures et aux affaires internationales de l’Université de Sherbrooke et codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent.

     

    « Il y a un discours d’extrême droite qui est beaucoup plus audible à l’heure actuelle au Canada. […] On sent une tentative de normaliser un certain discours qui converge vers ce qu’on entend généralement dans l’extrême droite », a-t-il exposé en entrevue avec La Presse canadienne.

     

    La situation au Canada, où l’on dénombre entre 500 et 1000 militants d’extrême droite radicaux, selon des études citées par le professeur Morin, n’a cependant aucune commune mesure avec celle des États-Unis.

     

    « Dans le cas des États-Unis, ça ne surprend personne ; en tout cas, je suis surpris que les gens soient surpris. L’extrême droite américaine est organisée, présente depuis des décennies, elle a commis parmi les principales attaques contre le gouvernement américain », a-t-il affirmé.

     

    En revanche, il faut demeurer vigilant, car certains sujets qui font actuellement la manchette — l’afflux de demandeurs d’asile à la frontière canado-américaine, les attentats terroristes — sont des terreaux fertiles pour la prolifération du message de l’extrême droite, a-t-il prévenu.

     

    « On l’a vu en Europe, on le voit aux États-Unis, a fait remarquer M. Morin. Les liens injustifiables qu’on fait souvent entre l’immigration et le terrorisme permettent d’alimenter les peurs, alors on est dans un contexte où les ingrédients d’un cocktail explosif sont là. »













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