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    Réfugiés

    Votre prochain logement pourrait être un taudis trop cher

    11 août 2017 | Maxime Roy-Allard et André Trépanier - Respectivement affiliés au Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) et au Comité d’action de Parc-Extension (CAPE) | Actualités en société
    <p>«À Montréal, selon le rapport du directeur de la Santé publique de 2015, 30 % des logements ont au moins un facteur d’insalubrité pouvant causer des problèmes de santé», notent les auteurs.</p>
    Photo: iStock

    «À Montréal, selon le rapport du directeur de la Santé publique de 2015, 30 % des logements ont au moins un facteur d’insalubrité pouvant causer des problèmes de santé», notent les auteurs.

    Lettre aux réfugiés du Stade olympique

     

    Le maire Denis Coderre vous a souhaité la bienvenue. Le premier ministre Justin Trudeau a affirmé que le Canada peut vous accueillir. Madame Kathleen Weil, la ministre québécoise de l’Immigration, a tenu une conférence de presse.

     

    Une fois ce moment passé, vous devrez vous trouver un logement. Des fonctionnaires, des groupes communautaires et des membres de la diaspora feront de leur mieux pour vous aider. Toutefois, sachez que vous ne devrez compter que sur vous-mêmes.

     

    Il y aura, certes, certains propriétaires prêts, eux aussi, à vous accueillir. Ces propriétaires de taudis seront les rares à vouloir vous louer un logement.

     

    À Montréal, selon le rapport du directeur de la Santé publique de 2015, 30 % des logements ont au moins un facteur d’insalubrité pouvant causer des problèmes de santé : moisissures, coquerelles, souris ou punaises de lit.

     

    « Les immigrants récents sont aussi plus à risque d’habiter dans un logement insalubre ou trop dispendieux », lit-on dans ce rapport. Si près de 10 % des ménages locataires consacrent plus de 80 % de leur revenu au loyer, cette proportion dépasse les 18 % chez les ménages d’arrivée récente au pays.

     

    Méfiance

     

    Bref, méfiez-vous de ce logement libre qui n’a pas trouvé preneur le 1er juillet : il sera soit trop petit, soit trop cher, soit en mauvais état, soit les trois. Pour signer votre bail, des propriétaires exigeront de vous un parrain cosignataire. D’autres se méfieront de votre accent, de la couleur de votre peau, de vos enfants, de votre précarité ou de votre grossesse.

     

    Quelques-uns exigeront de vous d’illégaux dépôts de garantie ou pour les clés, feront une collecte abusive d’informations personnelles ou omettront de vous donner un reçu contre votre loyer, dont le paiement sera exigé en argent comptant. Après, continuez de vous méfier, on pourrait à nouveau vouloir tirer profit de l’ignorance de vos droits.

     

    Par malheur, si vous tombez sur l’un de ces logements que les inspecteurs doivent évacuer d’urgence, vous ne serez pas admissibles au relogement d’urgence. N’en faites pas une affaire personnelle. Vous ne serez pas les premiers réfugiés à aboutir dans un taudis.

     

    Pour l’instant, oubliez les logements à prix modique. Vous n’êtes pas admissibles, car vous n’avez pas votre résidence permanente et vous venez d’arriver à Montréal. Et même si vous réunissez enfin les conditions d’admissibilité à ces logements, ne comptez pas trop là-dessus, vous ne rejoindrez qu’une longue liste d’attente de 23 000 noms.

     

    Le Canada aura cette capacité d’accueil quand M. Trudeau rendra concrètes ses promesses en matière de logement. Entre deux conférences de presse, le gouvernement de Mme Weil remet en question le logement social et songe à réformer la Régie du logement, possiblement pour vous jeter plus vite à la rue si votre loyer s’avère trop cher. Cependant, ne dites pas à M. Coderre qu’il n’a pas tenu sa promesse de mettre au pas les propriétaires délinquants : il pourrait se fâcher contre vous. Bienvenue à Montréal !













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