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    Le mémo Google oppose adversaires du sexisme et partisans de la liberté d’expression

    8 août 2017 | Rob Lever - Agence France-Presse à Washington | Actualités en société
    Actuellement, 69% des salariés de Google sont des hommes, une proportion qui monte à 80% dans les emplois technologiques.
    Photo: Loic Venance Agence France-Presse Actuellement, 69% des salariés de Google sont des hommes, une proportion qui monte à 80% dans les emplois technologiques.

    Le licenciement d’un ingénieur de Google auteur d’un mémo jugé sexiste attise les accusations de discrimination portées contre les grands noms de la Silicon Valley tout en se doublant d’un débat sur la liberté d’expression.

     

    Dans un « manifeste » publié sous forme de mémo interne, James Damore affirme notamment que les « différences biologiques » sont un facteur important expliquant la faible représentation des femmes dans le secteur de la technologie aux États-Unis. Cette affirmation a aussitôt provoqué une levée de boucliers accusant le salarié de Google de sexisme et de véhiculer des stéréotypes.

     

    James Damore a indiqué lundi soir dans un courrier au site d’informations d’extrême droite Breitbart qu’il avait été renvoyé à la suite de la publication de ce blogue et que cette décision portait atteinte à sa liberté d’expression.

     

    Le p.-d.g. de Google, Sundar Pichai, sans commenter directement sur le cas Damore, a affirmé pour sa part que les employés du géant de l’internet avaient le droit de faire part de leurs opinions, mais que le mémo avait franchi « les limites en avançant des stéréotypes de genre nuisibles sur notre lieu de travail ».

     

    « Suggérer qu’un groupe de nos collègues a des traits qui les rendent biologiquement moins adaptées à ce travail est offensant », a-t-il ajouté dans un courriel au personnel dont l’AFP a obtenu copie.

     

    Cette dernière affaire s’ajoute à une longue liste d’accusations de discrimination sexuelle portées contre les entreprises de la Silicon Valley.

     

    Le règne du « politiquement correct » ?

     

    Mais le renvoi de James Damore porte aussi maintenant le débat sur le terrain de la liberté d’expression. « Très triste que James Damore soit renvoyé par Google pour n’avoir que résumé les sciences du comportement. C’est scandaleux et immoral », a notamment affirmé un internaute sur Twitter.

     

    La décision de licencier l’ingénieur en a instantanément fait un héros de l’extrême droite et de ceux qui estiment que le « politiquement correct » va trop loin.

     

    Breitbart a ainsi commencé à publier ce que le site présente comme une série d’entretiens avec des « rebelles de Google » qui affirment que l’entreprise étouffe les opinions avec lesquelles elle n’est pas d’accord.

     

    « La chasse aux sorcières est un problème culturel connu chez Google », affirme ainsi un salarié identifié sous le seul nom de « Hal ». « Beaucoup d’activistes passent des journées entières à se livrer à une guerre culturelle et ne font rien d’autre », ajoute-t-il.

     

    Le mémo de 10 pages de James Damore, d’abord publié par le site spécialisé Gizmodo puis sur un autre, Motherboard, affirme que Google fait taire tous ceux qui ne sont pas d’accord avec la politique officielle, créant une « chambre d’écho idéologique ».

     

    Un milieu dominé par les hommes

     

    Actuellement, 69 % des employés de Google sont masculins, une proportion qui grimpe à 80 % quand ne sont pris en compte que les emplois technologiques, selon les derniers chiffres fournis par l’entreprise.

     

    Chez Facebook, en 2016, seulement 27 % des cadres dirigeants étaient des femmes et, dans le cas d’Apple, 30 % de l’ensemble des employés.

     
    Suggérer qu’un groupe de nos collègues a des traits qui les rend biologiquement moins adaptées à ce travail est offensant.
    Le p.-d.g. de Google, Sundar Pichai
     

    Roger Kay, qui dirige le cabinet de consultants Endpoint Technologies Associates, estime que le cas de James Damore n’est pas lié à la liberté d’expression et que Google a le droit de ne garder que les employés qui partagent les valeurs de l’entreprise. « Ils ne le mettent pas en prison, il n’est pas inculpé », souligne-t-il. « Son texte était odieux et ils ont absolument le droit de le renvoyer si cela permet de défendre les valeurs » de l’entreprise.

     

    « Même s’il y a une grande indignation au sein des employés de Google et d’autres dans l’industrie technologique concernant le blogue, il y en a aussi un certain nombre qui l’a bien accueilli », souligne Jan Dawson, de Jackdaw Research.

     

    « En dépit de l’effort général effectué pour promouvoir la diversité au sein des entreprises technologiques, il y a toujours une bonne partie des employés qui partagent ces opinions et qui voudraient les exprimer plus librement », ajoute-t-il.













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