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    Montréal

    Rosemont choisit les «sas» pour protéger ses piétons

    Un sas pour piétons, soit une aire d’attente à même la chaussée, au coin des rues Beaubien et Saint-Vallier
    Photo: Arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie Un sas pour piétons, soit une aire d’attente à même la chaussée, au coin des rues Beaubien et Saint-Vallier

    Des cercles et des demi-cercles rouges, jaunes, bleus et blancs sont apparus au pied de quelques trottoirs de la rue Beaubien. C’est la nouvelle intervention de l’artiste Roadsworth. C’est également le nouveau plan de sécurité routière de l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie.

     

    Les dessins du graffiteur autrefois honni par les autorités ont une fonction de « sas pour piétons », soit des aires d’attente à même la chaussée. Ils ont été commandés par l’administration du maire de l’arrondissement, François William Croteau, qui ne souhaitait pas « une peinture banale, mais quelque chose qui met de la couleur et de la gaieté dans l’espace urbain ».

     

    Réalisés pour « moins de 25 000 $», ces sas visent à réduire les risques d’accident dans des zones aux prises avec des « conflits d’usage ». Rappelons que, selon la Société de l’assurance automobile du Québec, le nombre de piétons tués par un véhicule a augmenté de 40 % en 2016.

     

    Pour l’élu de Projet Montréal, qui dit s’être inspiré d’aménagements similaires à New York, cette pratique d’urbanisme tactique permet de modifier les comportements rapidement et de manière peu coûteuse.

     

    « On envoie le message, expliquait jeudi M. Croteau, près de la station de métro Beaubien, que la priorité est aux piétons, à ceux qui vivent dans le quartier et non à ceux qui transitent en voiture. [Les sas] permettent une meilleure cohabitation, [sans placer] les différents usagers en guerre. »

     

    Quatre secteurs de la rue Beaubien ont été désignés, à l’angle des rues Saint-Vallier, de Chateaubriand, Saint-Hubert et Saint-André. Ces premiers sas sont temporaires, perçus comme des bancs d’essai. Dans deux ans, selon leur efficacité, ils pourraient devenir permanents, mais aussi se multiplier.

    On envoie le message que la priorité est aux piétons, à ceux qui vivent dans le quartier et non à ceux qui transitent en voiture
    François William Croteau, maire de Rosemont–La Petite-Patrie

    Un plan B

     

    Dans Rosemont–La Petite-Patrie, on ne cherche peut-être pas à entrer en guerre. L’apparition des sas cache cependant une bataille dans l’arène politique.

     

    La Ville de Montréal a refusé en 2016, deux fois plutôt qu’une, un projet de promenade urbaine baptisée Espace Beaubien. De la station de métro à l’avenue Christophe-Colomb, l’arrondissement voulait élargir les trottoirs, installer des saillies, aménager deux places publiques, dont une en hommage à Beau Dommage, ainsi qu’intégrer des oeuvres d’art public.

     

    Les sas sont le plan B de l’arrondissement, plan par lequel le maire Croteau dit avoir « fait preuve de créativité pour contourner les refus ».

     

    Tout élargissement de trottoir, y compris les saillies, a été suspendu dans la rue Beaubien, notamment pour garder la possibilité d’y ramener des voies réservées pour autobus.

     

    « L’arrondissement oublie dans ses projets le ralentissement des autobus. À la Ville de Montréal, on considère que la mobilité des citoyens qui choisissent le transport collectif est aussi importante », estime Marc-André Gadoury, conseiller à la Ville et porte-parole en matière de vélo dans l’administration Coderre.

     

    Pour François Croteau, il est impossible d’aménager des voies réservées, et même cyclables, dans ce secteur trop restreint.

     

    « On aurait élargi le trottoir, dit-il, là où le passage des piétons est le plus problématique. Certains marchent dans la rue parce qu’il y a densité. »

     

    Marc-André Gadoury rappelle que la Ville de Montréal a priorisé la réfection de la rue Saint-Hubert, un projet monstre de 25 millions devant démarrer à l’automne et qui devrait se terminer en 2019. Le cas de la rue Beaubien viendra après.

     

    M. Croteau affirme pourtant que l’Espace Beaubien aurait été inauguré avant le chantier de la Plaza Saint-Hubert.

     

    Une mésentente autour de la transformation en place publique d’un terrain occupé par Stationnement Montréal, à l’angle de la rue Boyer, est à l’origine du second refus reçu par l’arrondissement.

     

    La future place avait été choisie comme legs dans Rosemont–La Petite-Patrie du 375e anniversaire. Malgré différentes étapes franchies, dont le lancement en mai 2016 d’un concours d’art public, un vote en novembre du comité exécutif de la Ville a désigné un nouveau projet du 375e, ailleurs dans le quartier.

     

    La perte d’espaces de stationnement, notamment devant la perspective du chantier de la Plaza Saint-Hubert, aurait nui au dossier.

     

    « On avait pourtant déterminé des espaces de stationnement qui compensaient à 100 % ceux perdus », affirme M. Croteau, qui précise qu’il a reçu l’appui de la Société de développement commercial (SDC).

     

    À la SDC Plaza Saint-Hubert, on n’a pas voulu faire de commentaires, pour ne pas s’insérer dans un débat à quelques mois des élections.

     

    En remplacement de l’Espace Beaubien, l’arrondissement s’est donc contenté de quelques dessins de Roadsworth. Selon M. Croteau, il fallait agir rapidement dans l’optique de la « vision zéro », la stratégie du maire Coderre pour éliminer les décès liés à la circulation.













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