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    La 21e édition du Festival d’expression de la rue est annulée faute de fonds

    Pendant 20 ans, le FER s’est tenu chaque été place Pasteur au centre-ville de Montréal, trois jours durant.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Pendant 20 ans, le FER s’est tenu chaque été place Pasteur au centre-ville de Montréal, trois jours durant.

    Des organismes communautaires se mobilisent en réaction à l’annulation du Festival d’expression de la rue faute de financement. Ce jeudi, ils font entendre leur voix par une marche guidée à travers le quartier Centre-Sud de Montréal.

     

    « Ça aurait été notre 21e édition, regrette Geneviève Boyer-Legault, coordonnatrice du Groupe d’intervention alternative par les pairs (GIAP), organisateur habituel du Festival d’expression de la rue (FER). Mais dans un contexte où nous peinons à maintenir nos services réguliers, nous manquions de ressources pour organiser le festival. »

     

    Pendant 20 ans, le FER s’est tenu chaque été place Pasteur au centre-ville de Montréal, trois jours durant. Dédié à la culture de rue et revendiquant une marginalité positive, le festival offrait aux jeunes en situation de précarité une occasion de se produire sur scène. Ils y trouvaient aussi des activités de prévention aux infections transmissibles sexuellement et par le sang, ainsi que des ateliers de formation divers, parmi lesquels la réparation de vélos. Pour la coordonnatrice du GIAP, l’événement était aussi une occasion de « dynamique de cohabitation sociale. On organisait une conversation citoyenne, on faisait s’asseoir ensemble des gens d’horizons très divers. Des touristes, des passants entraient sur le site et venaient nous voir. On allait au-delà des préjugés de part et d’autre (parce qu’il y en a de part et d’autre), on déjouait les idées reçues. Ça, c’est une grosse perte qui se remplace mal. »
     

    Le communautaire souffre

     

    Depuis que l’Agence de santé publique du Canada a modifié son mode d’attribution de subventions en 2016, le GIAP a vu son financement réduit à peau de chagrin. « Nous avons perdu autour de 70 %. À compter d’avril 2018, nous n’avons plus de financement. C’est la pérennité de l’organisme qui est en péril », affirme Geneviève Boyer-Legault. Au niveau provincial, le Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) n’a pas été indexé au fil des ans, comme l’auraient souhaité les organismes, laissant aussi un manque à gagner.

     

    Pour manifester leur mécontentement, le Syndicat industriel des travailleurs et travailleuses organise ce jeudi une marche guidée à travers le quartier Centre-Sud de Montréal. « Les coupes affectent les services et les droits des personnes marginalisées en matière d’accessibilité à l’espace public. Avec les festivités entourant le 375e anniversaire de Montréal et le 150e anniversaire du Canada, on a vu une volonté de tasser les indésirables loin du centre-ville », explique Emmanuel, co-organisateur de l’événement.

     

    À l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD), « on trouvait essentiel de dénoncer les coupes, mais aussi de proposer quand même une occasion de se réunir », explique Naoual Laaroussi, responsable des implications et des communications. « L’événement n’aura rien à voir, mais on tenait à ce que quelque chose ait lieu. »

     

    La marche guidée partira de l’intersection des artères Saint-Denis et de Maisonneuve, et elle aura pour point d’orgue le parc des Faubourgs. Une distribution de nourriture et un concert ponctueront l’événement.













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